Des relations entre les juifs et chrétiens à l'époque patristique, on retient surtout les invectives des Pères contre l'endurcissement irréductible des enfants d'Israël ? thème qui est développé, parfois de manière virulente, dans les très nombreux traités et homélies Contre les juifs. On a ainsi pu parler d'un antijudaïsme des Pères que certains n'ont pas hésité à considérer comme le berceau des antisémitismes modernes. Cinquante ans après la promulgation de Nostra AEtate, quel regard porter sur cet antijudaïsme ? Les recherches nouvelles sur la séparation du judaïsme et du christianisme n'imposent-elles pas de nuancer des classifications trop simplistes et de réinterpréter des affirmations souvent décontextualisées ? Pour autant, ces recherches doivent-elles nous conduire à disculper les premières générations chrétiennes et à affirmer qu'aucune hostilité n'exista jamais entre juifs et chrétiens ? Enfin, en quoi ces cinquante années de recherches sur les relations judéo-chrétiennes dans l'Antiquité peuvent-elles modifier notre vision et nous aider à vivre, dans une plus grande vérité, les relations judéo-chrétiennes aujourd'hui ? Les articles qui suivent reprennent les interventions d'un colloque tenu à l'Université catholique de Louvain du 20 au 22 mai 2015 autour de ces interrogations. Ce colloque, tenu pour célébrer le cinquantenaire de Nostra AEtate, a été organisé en collaboration avec le Commission nationale belge pour les relations avec le judaïsme (CNCJ).
Nombre de pages
212
Date de parution
01/06/2017
Poids
274g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782701022314
Titre
L'antijudaïsme des Pères. Mythe et/ou réalité ?
Auteur
Auwers Jean-Marie ; Burnet Régis ; Luciani Didier
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
135
Poids
274
Date de parution
20170601
Nombre de pages
212,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le Cantique des Cantiques : le texte le plus fascinant de la Bible ! Les Pères de l'Eglise se sont attachés à dégager les harmoniques de ce chant d'un amour passionné : entre un homme et une femme, entre Dieu et son peuple, entre le Christ et l'âme. Le Cantique des Cantiques : de quoi s'agit-il en fait ? D'un poème d'amour érotique ? D'un dialogue entre Dieu et son peuple ? De la relation amoureuse entre le Christ et l'âme de chaque fidèle ? Depuis le jour où les chrétiens ont reçu ce poème parmi les livres inspirés de leur Bible, la question s'est posée : que faire de ce chant d'amour où le nom de Dieu n'est jamais prononcé mais qui enchante le lecteur depuis des siècles ? Des auteurs grecs : 'Origène, Denys d'Alexandrie, Grégoire de Nysse, Evagre le Pontique, Grégoire de Nazianze, Nil d'Ancyre, Eusèbe de Césarée, Théodoret de Cyr, aux latins : Hippolyte, Grégoire d'Elvire, Jérôme, Grégoire le Grand, en passant par les syriaques : Isho ? dad de Merv, cette somme rassemble les principales écoles d'interprétation du Cantique des Cantiques à l'époque patristique. Des interprétations à la source de la plupart des lectures qui en furent faites par la suite. Aujourd'hui encore, elles permettent de découvrir les différentes harmoniques de ce mystérieux chant d'amour et de nourrir à la fois l'intelligence et la vie spirituelle.
Comment les juifs de l'Antiquité, traducteurs de la Bible hébraïque en grec, ont-ils rendu et vécu le plus érotique des livres de la Révélation ? Pour la première fois, voici le chant de l'amour divin et humain dans sa version la plus étonnante. Voici peut-être le plus beau volume de la collection "La Bible d'Alexandrie" : Le Cantique des cantiques. Ce texte est issu de la Septante - la plus ancienne traduction en grec de la Bible hébraïque. C'est tout l'univers du judaïsme hellénisnitique ayant précédé le christianisme qui se révèle ici. Lire le Cantique des cantiques, ce chant d'amour, dans la Bible d'Alexandrie, c'est lier Moïse et Platon, la grâce et l'Eros, l'Eternel et l'UN. Une expérience littéraire et mystique incroyable sur la valeur de la chair et du corps dans la célébration de Dieu.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.