A la Sainte Lucie, au plus noir de l'hiver, on donne aux enfants de Suède de petits manèges d'anges musiciens. Il s'en élève une fugace et poignante musique, à peine saisissable, et qui pourtant ravit. C'est une mélodie du même ordre que laissent échapper les récits dont est composé le dernier livre de Marcel Arland, une mélodie qui célèbre, au plus noir des désastres dont une longue vie peut accabler un homme, et avec lui tous les hommes, un miraculeux éclair : la grâce, un instant, de l'accord entre n'importe lequel d'entre nous et le coin de terre où il fait halte, de l'accord entre celui qui parle et ses lieux de prédilection. Celui qui parle a passé soixante-cinq ans. Il ne raconte pas sa vie. Mais il retrace et revit ce qui lui est apparu, au cours de ces dernières années, comme l'essentiel. Il parle pour d'autres, pour une très vieille femme immobile et presque aveugle, pour l'enfant qu'il fut, fou d'angoisse derrière les portes fermées, pour un couple qui s'aime et se déchire, pour une jeune femme criminelle, pour un inconnu, pour vous, pour moi - et tout se passe comme s'il donnait voix au bonheur, au malheur d'aimer, au bonheur, au malheur de vivre. Plus émouvant peut-être encore lorsqu'il parle en son propre nom, cet homme vieilli fait le compte mélancolique de ce qu'il appelle ses jours. Il s'avoue, se raille, s'encourage, se condamne, tâche à se pardonner ; et sans fin poursuit, comme les mystiques cherchant Dieu, la voie qui conduit à la délivrance, fût-ce d'un instant. Il en connaît la progression : l'attente, l'accueil, l'accord. Et l'accord vient avec un rayon de pâle soleil, une odeur de branches mortes, les ajoncs éclatants sur la lande, ou seulement un ciel pur qui couronne les pierrailles des garrigues. Puis tout retombe, l'âme reprend son combat, l'amertume et la moquerie retrouvent leur pointe, la détresse et la révolte de leur sombre manège. Il faut recommencer d'attendre... La Musique des Anges est sans doute le livre le plus intime et le plus passionné, le plus ouvert en même temps, qu'ait écrit l'auteur du Grand Pardon et de La Consolation du Voyageur", Dominique Aury.
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Nombre de pages
276
Date de parution
12/04/1967
Poids
370g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070100248
Titre
La musique des anges
Auteur
Arland Marcel
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
370
Date de parution
19670412
Nombre de pages
276,00 €
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Résumé : Qui parle dans ce livre ? Des enfants entre eux, des jeunes gens en leur premier émoi, des mariés en leur première union, des mariés de longtemps, etc. , et la médiocrité n'a pas encore tout détruit en eux. Ces poignants récits, qu'un trait de dérision souvent déchire, s'entrelacent subtilement les uns aux autres, dans une sorte d'attente qui ne sait à quelle grâce se vouer, sinon au salut qu'on obtient de soi-même, par cette lumière où commence le jour.
Résumé : Cette édition éclaire d'un jour nouveau la poésie de Lord Byron (1788-1824), et plus particulièrement son rapport à l'Orient. Elle rassemble quatre oeuvres en vers (trois poèmes narratifs : Le Corsaire, Le Giaour, Mazeppa ; et une ode : Oraison vénitienne). L'aspect novateur du projet consiste à proposer une traduction neuve qui ne privilégie pas le respect contraignant de la métrique aux dépens du rythme et du sens. La forme est donc versifiée mais garde une certaine liberté : ces poèmes orientaux sont des récits d'action et de superbes romans d'aventure, et il était essentiel d'en préserver l'élan. Par leur influence sur de nombreux artistes (Hugo, Pouchkine, Tchaïkovski, Liszt, Delacroix...), leur beauté et leur modernité, ces quatre oeuvres orientales constituent une référence incontournable, et il est important de les rendre à nouveau accessibles au public curieux des oeuvres fondatrices de la poésie européenne.
4e de couverture : Si saisissant de mouvements, si éclatant d'images, si envoûtant de sonorités arabes que soit le Coran, il reste toujours un langage clair. C'est pourquoi, bien qu'il soit intraduisible, on peut en tenter des traductions. Elles disent au moins le sens de l'étonnante prédication de Mahomet (570-632). Depuis des siècles il n'y avait plus de ces grandes révélations qui réveillent l'humanité et après Mahomet il n'y en aura plus. "Dieu seul est Dieu."Notes Biographiques : Jean Grosjean (1912-2006), ordonné prêtre en 1939, renonce à son sacerdoce après la Seconde Guerre mondiale. Commentateur et traducteur de la Bible, du Coran et des tragédiens grecs, il publie aussi récits et poèmes (Terre du temps, Fils de l'homme, La Gloire). Il devient à partir de 1967 membre du comité de rédaction de La NRF, dont il est l'un des contributeurs réguliers à partir de 1955.
«La Poésie est comparable à ce génie des Nuits Arabes qui, traqué, prend tour à tour les apparences les plus diverses afin d'éluder la prise, tantôt flamme et tantôt murmure ; tantôt poisson, tantôt oiseau ; et qui se réfugie enfin dans l'insaisissable grain de grenade que voudrait picorer le coq.La Poésie est comparable également à cet exemplaire morceau de cire des philosophes qui consiste on ne sait plus en quoi, du moment qu'il cède l'un après l'autre chacun de ses attributs, forme, dureté, couleur, parfum, qui le rendaient méconnaissable à nos sens. Ainsi voyons-nous aujourd'hui certains poètes, et des meilleurs, refuser à leurs poèmes, rime et mesure et césure (tout le "sine qua non" des vers, eût-on cru), les rejeter comme des attributs postiches sur quoi la Muse prenait appui ; et de même : émotion et pensée, de sorte que plus rien n'y subsiste, semble-t-il, que précisément cette chose indéfinissable et cherchée : la Poésie, grain de grenade où se resserre le génie. Et que tout le reste, auprès, paraisse impur ; tâtonnements pour en arriver là. C'est de ces tâtonnements toutefois qu'est faite l'histoire de notre littérature lyrique.»André Gide.
Résumé : Cette édition s'efforce de présenter les écrits purement littéraires de Chateaubriand dans un ordre à la fois chronologique et thématique. Ainsi le lecteur pourra relire un écrivain qui ne fut pas seulement chantre de sa propre désespérance et du néant, artiste frileux réfléchissant sur son art, historien consciencieux, mais aussi le plus intraitable génie contestataire. Toute son ouvre en effet s'insurge contre une religion mal comprise qui mutile l'homme, contre une fausse civilisation égoïste et cruelle qui monopolise morale et culture. Reflet de son temps, Chateaubriand l'est également du nôtre. Le texte a été établi d'après celui des Ouvres complètes parues chez Ladvocat. On a consulté les manuscrits accessibles et découvert des sources de l'ouvre qui s'ajoutent, nombreuses, à celles que nous connaissions déjà, surtout à propos des Martyrs et du Voyage en Amérique. Cette édition devient ainsi un instrument de travail enrichissant et suggestif.