Parler d'humanisme et d'islam en ces temps de violence où Jihâd et Mcworld sont devenus deux Figures d'une confrontation inégale et mondiale, est à la fois nécessaire et risqué. Historiquement, la préoccupation humaniste a mobilisé des penseurs féconds et originaux en contextes islamiques entre 800 et 1100 environ. La génération de Miskawayh et Tawhîdî (950-1020) a été particulièrement active, efficace dans l'animation d'un humanisme combinant avec succès les belles lettres, l'histoire, la géographie humaine, la philosophie et une culture religieuse ouverte. Après « Mon Humanisme arabe » publié en 1970, ce livre ouvre de nombreux débats d'une brûlante actualité au sujet des conditions historiques, intellectuelles et culturelles qui ont conduit à la disparition progressive dans tous les contextes islamiques, de la pensée et de la pratique humanistes depuis le XIIIe siècle. La réflexion s'arrête longuement sur le grand paradoxe de ce parcours historique à rebours de celui de l'Europe: pourquoi les luttes anticoloniales dites de libération ont généré très vite après quelques années d'euphorie nationale, de durables désenchantements, de durs échecs sociaux et économiques, des régressions culturelles et intellectuelles et même de tragiques guerres civiles au nom d'un islam livré à toutes les formes de l'exégèse sauvage. A ce paradoxe d'une histoire non encore écrite d'un espace méditerranéen fracturé, j'oppose la ferme résistance d'un humanisme qui assumera cette fois les héritages positifs de toutes les cultures et les appels à la justice et aux droits humains de tant de peuples encore opprimés.
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Nombre de pages
311
Date de parution
04/04/2005
Poids
700g
Largeur
175mm
Plus d'informations
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EAN
9782711617319
Titre
Humanisme et Islam / Combats et propositions
ISBN
2711617319
Auteur
Arkoun Mohammed
Editeur
VRIN
Largeur
175
Poids
700
Date de parution
20050404
Nombre de pages
311,00 €
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Résumé : Présenter l'histoire de la pensée d'expression arabe depuis l'émergence du fait coranique jusqu'à nos jours, tel est l'objet de cet ouvrage. Alors que l'on oppose de plus en plus fréquemment l'"Occident" à l'"Islam", il situe, dans un cadre historico-critique, la place de la pensée arabe dans une histoire générale de la pensée et des cultures méditerranéennes, par-delà toutes les grandes ruptures historiques entre les deux rives de la Méditerranée.
Plus le temps passe, plus les réponses données ici aux questions les plus courantes posées par les usages que musulmans et non-musulmans font de ce qu'ils appellent uniformément l'islam, révèlent leur pertinence interprétative et prospective. Depuis les années 1970-80, la polarisation idéologique du couple Islam/Occident et la politique des États postcoloniaux éloignent l'islam de ses fonctions morales et spirituelles à force de lui assigner les tâches de refuge pour beaucoup de fidèles, de repaire et de tremplin pour les minorités militantes.
Découvrir les mêmes questions de fond dans toutes les cultures conduit à réaliser qu la rationalité n'est pas une composante radicale et propre à la culture européenne. Le fait que, face aux mêmes questions ou problèmes, nous donnons des réponses différentes, nous oblige, au nom de la rationalité qui nous est commune à tous, à en chercher ensemble les causes et les explications. [... ] Parmi les provocations les plus fortes de ce débat, l'invitation nous à été faite de revoir nos concepts sur la laïcité, sur la démocratie et son rapport avec l'égalité qu'elle suppose, sur la notion même que nous nous sommes faite de droits de l'homme au nord et au sud de la Méditerranée, sur la distinction ou la séparation entre le religieux et le politique, sur le sens de la rationalité et l'exclusion du domaine de la rationalité de tout ce qui atteint le religieux et la pensée théologique, exclusion opérée dans les cultures laïques européennes des deux derniers siècles.
Afin de se prémunir contre le risque de devenir un jour savant, tout jeune chercheur devrait, à titre d'antidote, avoir lu ce classique de Gaston Bachelard. L'originalité de l'ouvrage consiste non seulement à dégager les conditions psychologiques propices à la formation de l'esprit scientifique mais aussi à mettre au jour celles de son dépérissement. Ainsi, la connaissance scientifique s'institue en s'opposant à la connaissance vulgaire, issue de l'expérience commune. Cependant, elle se corrompt et se stérilise dès lors qu'elle prétend fournir des réponses définitives. L'attachement à ses propres certitudes, qu'elles soient d'ordre sensible ou scientifique, contrarie les progrès de la recherche. La science tout autant que l'opinion constituent ainsi ce que Bachelard appelle un obstacle épistémologique. Toute découverte suppose donc la capacité de résister à "cette tendance conservatrice de l'esprit humain" qui le porte à ramener l'inconnu au connu, par une sorte de goût inné pour la cohérence. L'épistémologie à portée des débutants. --Paul Klein
Rien que dans ce petit coin du monde, il y a quatre principes, la raison, l'instinct, la génération, la végétation, qui sont semblables les uns aux autres et sont les causes d'effets semblables. Combien d'autres principes ne pourrions-nous pas naturellement supposer dans l'immense étendue et l'immense variété de l'univers, si nous étions capables de voyager de planète en planète et de système en système, afin d'examiner chaque partie de ce vaste agencement? L'un quelconque des quatre principes mentionnés ci-dessus (et de cent autres qui s'offrent à notre conjecture) peut nous fournir une théorie par laquelle juger de l'origine du monde; et c'est une preuve palpable et insigne de partialité que limiter entièrement notre vue au principe par lequel nos propres esprits opèrent. Si ce principe était plus intelligible pour cela, une telle partialité pourrait dans une certaine mesure s'excuser; mais la raison, dans son agencement et sa structure interne, nous est en réalité aussi peu connue que l'instinct ou la végétation".
Quand on a pris les soins nécessaires pour conserver au corps sa force et sa vigueur, pour le mettre en état d'obéir aux ordres de l'âme elle-même, afin que en toute occasion, elle ne donne son consentement qu'à ce qui est conforme à la dignité et à l'excellence d'une créature raisonnable"
Résumé : Les religions ont une histoire, qui n'est pas celle de la Bible. Elles trouvent leur origine dans les passions des hommes. De là, on conclut aisément qu'en matière de religion le culte importe plus que le dogme, que le polythéisme précéda le théisme qui en dériva, et que les maux générés par celui-ci sont pires que ceux causés par celui-là. La question d'une " pure " religion reste en suspens, sachant qu'aucune religion révélée ne peut invoquer en sa faveur un témoignage assez fort ni aucune religion philosophique se reposer sur une démonstration qui soit certaine.