Patrimoine et Histoire, Patrimoine et Société, tels sont les titres des cours publics qui furent donnés à l'université de Rennes 2, entre 1995 et 1997. Les conférences alors prononcées par les historiens François Hartog, Jean-Pierre Rioux, François Loyer, Pierre Nora - peu après que ce dernier eut achevé de publier la somme des Lieux de mémoire - ont laissé un souvenir vif. L'ouverture de la Cité de l'architecture et du patrimoine à Paris, à l'automne 2007, montre comment notre héritage commun s'est affirmé, depuis, comme un objet de pratiques culturelles et comment le présent se nourrit des métamorphoses du passé, sous les auspices du marché. Sur la colline de Chaillot, les mécènes se pressent pour éponger les 80 millions d'Euros qu'a coûté la Cité. Le portail de Vézelay, hérité de l'ancien Musée des monuments français, y côtoie la cité radieuse de Marseille. Alors, Viollet-le-Duc et Le Corbusier, même combat ? Mais l'intégration des modernités dans l'inventaire des valeurs consacrées suit-elle un parcours aussi linéaire ? On a vu avec quelle brutalité ces valeurs ont envahi l'arène politique, lors des élections présidentielles du printemps 2007, et avec quelle enflure elles ont prospéré depuis. Pourtant, les conceptions de la Nation et de la République qu'elles sous-tendent, sont, à l'évidence, plurielles. Il existe la France mais aussi des France, pour reprendre la distinction de Pierre Nora. Comment incarner cette diversité sans la dénaturer ? Le commissaire Maigret, disait-on récemment, est le véritable ministre de l'identité française. Or, voici qu'à présent ces thèmes surgissent au coeur de la mondialisation. Si l'identité s'est rêvée nationale au XIXe siècle, puis découverte régionale au siècle suivant, chacun d'entre nous est désormais porteur d'identités multiples, de moins en moins réductibles à la couleur du drapeau. Que faut-il attendre de la mutation des identités collectives ? Choc ou enrichissement ? Ouverture pacifiée ou confrontation ? C'est en explorant les systèmes de représentation symbolique du passé proche - ici et ailleurs, en Afrique du Nord ou dans l'ancien empire soviétique notamment - que les contributions à ce cours public (2007-2008) nourrissent le débat d'idées.
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Nombre de pages
306
Date de parution
23/06/2011
Poids
630g
Largeur
175mm
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EAN
9782753513624
Titre
Patrimoine, sources et paradoxes de l'identité
Auteur
Andrieux Jean-Yves
Editeur
PU RENNES
Largeur
175
Poids
630
Date de parution
20110623
Nombre de pages
306,00 €
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Depuis sa naissance, il y a quelque trois mille cinq cents ans, le forgeron est investi d'une puissance sacrée. Maître du feu, il dompte la matière et métamorphose le minerai, substance symbolique issue de la Terre génitrice. Cette suprématie ne s'exerce pas sans douleur: le travail dans les ateliers de la forge est un des plus durs et des plus implacables qui soit. Conté par Jean-Yves Andrieux, le destin des hommes du fer nous parle certes de techniques, de plus en plus maîtrisées, de luttes économiques et d'enjeux politiques, mais aussi de misères et de souffrances, de traditions et de fiertés.
Pourquoi s'intéresse-t-on, avec autant de passion et de persévérance, en cette fin de siècle qui est en même temps une fin de millénaire, à l'esprit des pierres ? Les ruines ne demandent pas à renaître pour asservir les sociétés actuelles, ni les monuments historiques à envahir sans partage notre paysage quotidien. Si des millions de visiteurs plébiscitent chaque année un peu plus les " Journées du Patrimoine ", c'est aussi parce que le patrimoine est devenu un des grands enjeux contemporains. Au détour du château ou de l'écluse, de la cathédrale ou de la manufacture, du sceptre ou du rabot, le patrimoine contemple, quand il ne les suscite pas les querelles de la modernité. Il souffre des discordes et des guerres plus que du temps. Rappelons-nous les flammes du Parlement de Bretagne ou les ruines iniques de Sarajevo. Elles nous parlent autant de nos faiblesses présentes que de nos grandeurs défuntes. Pour maîtriser les unes et les autres, il faut apprendre à observer le patrimoine comme un lieu du savoir et du débat d'idées.
La beauté de l'abbaye du Thoronet n'a rien d'intemporel : elle est enracinée dans les convictions du XIIe siècle dont elle tire toute sa force. Mais elle n'a pas traversé les siècles indemne. Elle est aussi devenue, en partie, l'?uvre de ceux qui, en recevant pour charge de la restaurer depuis 1840, s'en sont emparé et ont conçu pour elle une seconde vie. Ce livre raconte les mésaventures anciennes et récentes du Thoronet et examine les traces plus ou moins apparentes qu'elles ont laissées - dont certaines sont inattendues et même incongrues. Elles ne déprécient en rien l'exceptionnelle qualité de son architecture et sont même indispensables pour en discerner les principes.
Janvier 1969. Il pleut dans l'église de Sénanque, rongée par l'humidité. Les moines se résignent à abandonner le vaisseau de pierre en perdition. Janvier 2004. Les frères ont regagné le giron sublime du monastère, plébiscité chaque année par plus de deux cent mille visiteurs. Pourquoi une telle métamorphose en trente-cinq ans? Ces années-là ont, en fait, sauvé douze siècles et demi d'histoire. Née au Moyen Age, cédée pendant la Révolution, rétablie en 1854, Sénanque est vendue à nouveau en 1905, puis réoccupée par une communauté religieuse de 1926 à 1969. C'est alors qu'elle est restaurée par la société des Automobiles Marius Berliet qui en fait un centre culturel. Sans cette intervention désintéressée d'une entreprise, fondatrice du mécénat industriel en France, l'abbaye aurait disparu. Pluricentenaire, reprise par les moines de Lérins en 1988, elle est désormais dotée d'un site internet (www.senanque.fr).
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri R
Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.
Cohen Evelyne ; Gangloff Anne ; Giuliani Jean-Domi
Comment fabrique-t-on des héros et des héroïnes ? Comment expliquer que certains processus d'héroïsation aboutissent à la reconnaissance publique d'un individu comme supérieur, digne d'un culte (au sens propre ou métaphorique), alors que d'autres échouent ? Le livre qui étudie à la fois des textes et des images fixes ou en mouvement porte sur le phénomène de l'héroïsation conçu comme un processus de construction développé par un réseau d'acteurs. Il s'attache aux processus d'héroïsation eux-mêmes en examinant divers attributs, acteurs et obstacles. Il analyse différentes figures d'héroïnes et de héros à une période donnée, dans le temps long ou bien dans une perspective genrée. Il interroge la temporalité des héroïsations : certaines périodes historiques, certains régimes politiques, certaines sociétés ont été plus propices que d'autres au phénomène de l'héroïsation, et c'est précisément le cas de notre époque où l'on parle de plus en plus souvent de héros, comme on le constate depuis la Covid et la guerre en Ukraine. Il s'inscrit de façon pluridisciplinaire dans une vaste perspective chronologique, depuis l'Antiquité grecque, grande pourvoyeuse de héros, jusqu'à Zelenski, héros de la série télévisée "Serviteur du peuple" . Publié dans le cadre de la chaire Jean Monnet FABER de l'université Rennes 2
Fille aînée de Louis XV, Louise-Elisabeth (1727-1759), dite Madame Infante après son mariage avec Don Philippe, fils cadet de Philippe V d'Espagne, est sans doute l'une des princesses européennes les plus mystérieuses et les moins connues du XVIIIe siècle. Cette femme de tête connaît une destinée particulière en devenant, à l'issue de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla. Cependant, Madame Infante ne voit dans ces Etats qu'un séjour de transition dans l'attente d'un établissement plus digne de sa naissance. Aussi n'a-t-elle qu'un seul souci, les échanger ou les agrandir. Jamais elle ne se résigne au rang modeste que lui assigne le traité d'Aix-la-Chapelle. Pour autant, elle ne se désintéresse pas des duchés et s'efforce d'y vivre en tentant de recréer la splendeur de la cour de Versailles, tout en cherchant à s'émanciper de la tutelle espagnole pour mieux défendre ses intérêts. Pour mener à bien sa politique de grandeur, elle cultive sans relâche son réseau de correspondants (ministres, diplomates, maîtresse royale) dont elle espère tirer les plus grands bienfaits. Eprise d'un amour filial, elle conserve aussi des relations très étroites avec sa famille et n'hésite pas à revenir à plusieurs reprises à Versailles pour plaider sa cause. Situé à la charnière de l'histoire des femmes de pouvoir et des relations internationales, l' ouvrage a pour ambition de dresser le portrait d'une souveraine en action, omniprésente tant dans la politique parmesane qu'européenne.
Les années Milliat" forment un moment particulier de l'histoire des femmes en France. Dans le contexte de la Grande Guerre et de ses suites, des femmes s'organisent de manière autonome pour braver les interdits qui pèsent sur leur corps, et revendiquent le droit au mouvement, au sport, à l'accès aux compétitions. Alice Milliat représente le pendant féminin, féministe et populaire de Pierre de Coubertin et d'un CIO hostile aux femmes. De l'échelle du club à celle de la fédération internationale, elle organise des réseaux de sportives permettant l'accès aux sports jugés trop masculins (football, rugby), au plein air, aux rencontres amicales ou de haut niveau, aux voyages... une vie plus libre pour les jeunes femmes des grandes villes provoquant l'ire des plus conservateurs. "La présidente" , comme on l'appelle, n'est pas seule. Elle sait s'entourer, et les sportives bénéficient aussi de l'aide de "la doctoresse" Marie Houdré, de la directrice de l'Ecole de haut enseignement commercial pour jeunes filles Louli Sanua, de la journaliste féministe Jane Misme, de la championne d'athlétisme et aviatrice Sophie Eliott-Lynn : toute une génération de militantes convaincues que l'égalité passera aussi par le sport.