Extrait VU DEPUIS L'ATELIER En examinant des peintures d'atelier et faites en atelier au XVIIe siècle et après, mon propos sera d'offrir un tableau raisonné de quelques réalités de l'atelier. Le thème n'est pas l'atelier en tant que tel (thème qui remonte au moins à un sujet comme saint Luc peignant la Vierge), ni les motifs ou modèles d'atelier directement représentés (bien que motifs et modèles jouent un rôle), mais plutôt la situation dans laquelle les deux se chevauchent : autrement dit, quand le rapport de l'artiste à la réalité est vu ou représenté dans le cadre du lieu de travail. Vu l'ampleur du thème, tout traitement ne peut être que sélectif et comprimé, mais l'emprise de la pratique de l'atelier et son intériorisation dans la pratique de la peinture sont fortes. Picasso a souvent fait de l'artiste dans son atelier avec le modèle le sujet de son art, bien que l'on sache que, à la différence de Matisse, il n'était pas dans ses habitudes de travailler «d'après nature». Ainsi que Françoise Gilot l'a fait observer en plaisantant, en prenant l'exemple du Grand nu au fauteuil rouge, il se déplaçait toujours d'un endroit à l'autre avec un fauteuil rouge pour un modèle, mais personne ne s'y asseyait jamais vraiment pendant qu'il peignait. Toutefois, l'atelier semble avoir perdu son attrait. Le personnage du peintre à l'atelier paraît relever du passé, voire un peu suspecte. C'est l'art produit pour ou sur la place publique - des travaux de terrassement et de la sculpture ou des assemblages publics à la photographie, à la vidéo, au graffiti et au travail produit sur les murs d'une galerie - qui est à la mode. La peinture exécutée par un homme seul dans son atelier (ou l'art qui conforte la fiction de la solitude dans l'atelier) n'est plus au goût du jour. Voici, par exemple, ce que la Factory d'Andy Warhol, selon Caroline Jones, entendait remplacer : «Le topos dominant de l'artiste américain était celui du génie (mâle) solitaire, seul dans son atelier, unique témoin du miracle de la création artistique.» Et ce n'était certainement pas simplement une affaire américaine. La peinture d'atelier est au coeur du projet pictural tel qu'il s'est déployé en Europe quatre siècles durant, de 1600 à 2000. Une façon de répondre à l'antagonisme présent est de montrer que la peinture d'atelier avait une base tout à la fois plus étroite et plus humaine. Les connotations des mots employés pour le lieu du travail de l'artiste - studio, bottega, atelier - sont riches : lieu de retraite et de retrait (l'anglais studio/study) ; mais aussi atelier, magasin (italien bottega), et l'association du lieu de travail avec le lieu d'exposition et le comptoir de vente a eu la vie longue. Le mot français atelier vient de l'ancien français astelle (attelle, en français moderne), désignant le morceau de bois utilisé pour aveugler les chevaux, d'où un harnais ou, plus exactement, un joug - une fois encore différent. Plutôt que d'avancer simplement des thèses sur ou pour l'atelier, je m'intéresse aux contraintes qu'il offre, qu'il offrait, parce que le défi lancé à l'atelier dans les temps récents n'est pas le modèle de la Factory de Warhol, mais le grand monde, l'extérieur. A l'heure actuelle, soit l'atelier est jugé trop contraignant, soit c'est la contrainte elle-même qui est suspecte. LE MODÈLE EXPÉRIMENTAL Les historiens et les sociologues se sont penchés sur le rôle que le lieu de travail, pour la science expérimentale, joue dans la nature de la connaissance scientifique. Ce travail participe du changement d'accentuation, de la théorie au profit de la pratique, ou de la science considérée essentiellement comme la formation de lois naturelles à la science comme fabrique d'expériences. Quand j'ai commencé à réfléchir aux réalités de l'atelier, l'exemple du travail et de la vie de laboratoire m'a encouragée pour diverses raisons. Il sert de correctif. Dans l'étude de l'art, comme dans celle de la science, les préceptes d'un assemblage appelé théorie (comme dans l'expression «théorie de l'art») sont souvent privilégiés aux dépens de la pratique artistique elle-même.
Résumé : Partant de l'idée que c'est surtout par référence au modèle italien que sont nés les principes d'interprétation de la peinture et des images que nous ont appris les grands historiens de l'art - le " style " pour Wölfflin, l'iconographie avec Panofsky -, Svetlana Alpers s'attache à renouveler l'approche de la peinture hollandaise en mettant en valeur un contraste explicatif frappant et fécond : l'art italien est l'expression d'une culture textuelle où se mêlent de multiples significations, d'ordre symbolique, allégorique et philosophique. Le monde des maîtres hollandais du XVIIe, figure achevée du modèle nordique, relève au contraire d'une culture visuelle. Un art descriptif, par opposition à un art narratif. Cet art de dépeindre dépasse cependant de beaucoup ce que le XIXe siècle nous a habitués à considérer comme du réalisme. Il se traduit au premier coup d'?il, dans ces paysages de campagne, dans ces scènes de genre et ces natures mortes, par de surprenants parti pris optiques et renvoie, en fait, aux révolutions scientifiques du télescope et du microscope, à l'omniprésence de l'image au centre de la vie sociale, comme de la représentation de soi-même et du monde. Ce sont les composantes de cette culture, visuelle que met savamment en relief l'auteur. D'abord en explorant, à travers son autobiographie, l'univers mental d'un Constantijn Huygens, secrétaire du Stathouder, humaniste doté de l'éducation scientifique nouvelle et précoce découvreur de Rembrandt. En démontant ensuite le modèle pictural qui découlait de l'analyse de l'?il due à Kepler. En mettant en rapport la méticulosité de la technique de représentation avec les progrès de la science expérimentale tels que les savants hollandais la tiraient de Bacon. En montrant enfin ce que la précision de la peinture devait aux développements de la cartographie ou de l'Atlas historique, cette invention des Hollandais. Consciente des risques d'une application par trop schématique de sa thèse, l'auteur s'ingénie à se donner à elle-même des contre-exemples qui paraissent la contredire et lui permettent en fait de la nuancer ; comme l'utilisation interne à l'image des textes, des lettres et des mots ; ou les solutions subtiles et symétriquement contradictoires qui rattachent à son système d'explication les deux plus grands peintres qui semblent lui échapper, Vermeer et Rembrandt.
A l'origine, une durable légende : celle d'un Rembrandt, génie isolé, solitaire, incompris de ses contemporains et qui, pourtant, par ses gravures comme par ses peintures, devait révolutionner l'art occidental. Puis vint l'heure des experts, qui désattribuèrent nombre de chefs-d'oeuvre que l'on croyait exécutés par Rembrandt : ces tableaux, dont des plus fameux, auraient été le fruit du labeur d'élèves. On distingua dès lors la peinture de Rembrandt et la peinture rembranesque, l'oeuvre unique du Maître et la multiplication par les soins de son atelier de tableaux à la Rembrandt. Aujourd'hui, avec l'ouvrage de Svetlana Alpers, on comprend enfin cette situation paradoxale d'un artiste affirmant le caractère unique et singulier de son oeuvre grâce à la reproduction par d'autres de ses thèmes et de son style. Tout se joue dans l'atelier de Rembrandt, ce monde en soi où règne le peintre, pliant les désirs de ses clients à sa volonté de créer des valeurs artistiques qui lui soient propres. Rembrandt refuse de se conformer aux goûts et aux canons de représentation des mécènes. Sa peinture est l'affirmation originale de l'autonomie de l'artiste, de sa liberté que fonde et nourrit la production pour le marché : car désormais c'est l'échange ou la vente auprès du public qui établit la valeur d'une oeuvre. Dans l'atelier de Rembrandt, c'est tout simplement le statut et le rang de l'artiste moderne qui se fabriquent, ouvrant une page décisive et nouvelle dans l'histoire des peintres et de la peinture en Occident.
Peintre prodigieusement doué, au style impersonnel, exemplaire par son rapport à la tradition picturale et littéraire comme dans l'organisation de son atelier, aussi à l'aise dans les hautes sphères artistiques que politiques de son temps, Rubens est aujourd'hui plus admiré qu'aimé. Pourtant, poser à son sujet la question de la création conduit à embrasser des questions clés. Comment rendre compte de la production d'un tableau ? Au-delà des circonstances d'un tableau, par quoi le peintre est-il mû comme créateur ? Demeure la grande question, pour nous autres Français. Comment s'est formé chez les critiques et les amateurs, très tôt après sa mort, le goût pour Rubens ? Un goût qui permit d'élaborer, plusieurs siècles durant, un système de catégories absolutisées - lequel allait dominer l'histoire de l'art française : le rubinisme plutôt féminin contre le poussinisme plutôt masculin. Ainsi s'entend l'amphibologie du titre de cet ouvrage : La création de Rubens, c'est, indissociables, la création d'un tableau avec la part qu'y prennent les circonstances, l'activité créatrice du peintre métaphorisée par l'identification à une figure de la mythologie grecque, la transformation, enfin, de l'oeuvre du peintre, au fil des siècles, en un référent d'histoire de l'art.
Ce livre est une étude de la peinture de Giambattista Tiepolo (Venise 1696-Madrid 1770), comme exemple d'intelligence picturale. Cet ouvrage est à la fois une étude consacrée à l'artiste et une réflexion sur sa création. Svetlana Alpers et Michael Baxandall ont distingué dans la peinture de Tiepolo différents modes de représentation du monde et de l'homme en particulier. Ils ont mené leur analyse depuis les dessins et les esquisses à l'huile jusqu'aux fameuses fresques des Quatre Continents de l'escalier d'honneur de la Résidence de Würzburg, illustrées par des photographies prises spécialement pour cet ouvrage. A travers cette lecture, nous accédons à un niveau de connaissance de l'art de cet artiste qui va au-delà de l'ordinaire. Développé en trois sections principales, ce volume nous conduit d'abord dans l'univers de Tiepolo, à travers une chronologie et une analyse de sa fortune critique. Ensuite, Alpers et Baxandall nous plongent dans la technique et dans l'invention qui caractérisent Tiepolo. Le livre se termine par une analyse détaillée des fresques du Treppenhaus de Würzburg, développant pleinement le concept d'intelligence picturale.
Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j'exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide... qui n'existe plus". Qui est Romane Monnier ? D'elle, il ne reste qu'un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.
De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces coeurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu'ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l'impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d'une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du coeur, du corps, de l'esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d'avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd'hui. Cette femme, c'est moi". La nuit au coeur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l'énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l'amour.
Quatre adolescents, évadés de leur orphelinat prison, reprennent la lutte perdue par leurs parents quinze ans plus tôt. Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, semble désespéré. Et pourtant...Notes Biographiques : Jean-Claude Mourlevat est né en 1952 à Ambert en Auvergne, de parents agriculteurs. Il est le cinquième enfant de six (trois frères et deux soeurs). Il fait des études à Strasbourg, Toulouse, Bonn et Paris et exerce le métier de professeur d'allemand en collège pendant cinq ans avant de devenir comédien de théâtre. Il est notamment l'auteur et l'interprète du clown muet nommé «Guedoulde», spectacle joué plus de mille fois en France et un peu partout dans le monde. Il met en scène de nombreuses pièces de Brecht, Cocteau, Shakespeare¿ Depuis 1997, il publie des ouvrages pour la jeunesse. Il écrit tout d'abord des contes, puis un premier roman, "La Balafre". Depuis, les livres se sont succédé avec bonheur, plébiscités par les lecteurs, la critique et les prix littéraires. Jean-Claude Mourlevat réside près de Saint-Étienne, avec sa femme et leurs deux enfants.
Le jour où, dans une square, Sam s'assoit sur le mauvais banc, il se fait arrêter par la police. Car Sam a la peau noire. Et en 1952, dans le sud des Etats-Unis, un Noir ne peut pas s'asseoir n'importe où. En grandissant, le jeune garçon s'accroche à un rêve : devenir juge afin de combattre les lois raciales. A travers le récit de Sam, plongez au coeur de la lutte non violente des Noirs américains.
Diplômée d'illustration de l'université de Brighton et artiste de Hong Kong, Kathy Lam réalise un travail graphique attachant. Ses animaux vivant une vie insouciante sont dessinés au crayon, au pastel gras ou peints à l'aquarelle. Le charme parfois sombre de ses dessins suscite pourtant la sympathie : qu'ils soient chats, chiens ou capybaras, ses animaux sont toujours pleins de vie.
30 illustrations détachables à encadrer. "A vous les fraises romantiques ou la tomate pin-up en déco ! Ce livre est fait pour être feuilleté, effeuillé et encadré ! Un livre-objet pour admirer le travail de 30 illustratrices du monde entier et en apprendre plus sur 30 fruits, que j'ai choisis."
Résumé : Publier son premier album s'apparente à une quête du graal pour de nombreux illustrateurs. Or cela est possible ! Depuis la parution des Aventures de Babar dans les années 1930, le secteur de l'édition jeunesse s'est sans cesse développé aujourd'hui la production est vaste et accueille tant de styles différents que chacun peut y trouver sa place. Devenir illustrateur jeunesse propose aux futurs professionnels et à tous les passionnés d'illustration des clés pour se repérer dans le foisonnement de l'édition jeunesse et pour y tracer leur chemin. L'ouvrage pré- sente d'abord les grands jalons de l'évolution du secteur et ses principaux acteurs, ainsi que les différents rouages de la chaîne du livre. Il donne ensuite un aperçu des diverses techniques d'illustration employées dans le livre jeunesse et de l'intérêt particulier de chacune, tout en s'interrogeant sur le rapport de l'image au texte. Il présente dans un troisième temps tous les types de livres illustrés, de l'album au manuel scolaire en passant par le livre numérique, en cherchant à appréhender à travers eux les enjeux et questionnements actuels de l'édition jeunesse. Enfin, il livre des renseignements pratiques sur les formations, la prise de contact avec un éditeur, les salons, le contrat d'édition, la rémunération, le statut fiscal et social de l'illustrateur, les sources de revenus complémentaires... Pour comprendre le fonctionnement du secteur et en identifier les acteurs représentatifs, l'approche est à la fois globale et précise, alliant culture du domaine, techniques et métier, sans toutefois prétendre à l'exhaustivité. Les nombreux entretiens qui nourrissent l'ouvrage donnent à entendre la voix d'illustrateurs de générations et d'expressions artistiques différentes, mais aussi d'éditeurs et de directeurs artistiques. Quant aux centaines d'exemples de couvertures et de pages intérieures de livres jeunesse qui émaillent le propos, ils montrent bien la diversité, la créativité et l'infinie beauté de l'illustration jeunesse.
Komurki John ; Demoratti Dolly ; Gonzalez Leonardo
La sérigraphie est la méthode d'impression la plus populaire au monde. Elle permet d'imprimer sur une variété quasi infinie de supports avec une variété quasi infinie d'encres. L'univers visuel de la sérigraphie est incroyablement riche, et la diversité des effets et des textures fait de cette technique le véhicule parfait pour s'exprimer et laisser libre cours à sa créativité. Très facile d'utilisation, abordable et polyvalente, la sérigraphie séduit les amateurs comme les professionnels. Cet ouvrage présente les conseils des plus grands maitres de la discipline. De l'aménagement de son espace de travail au séchage, en passant par les différentes étapes de préparation et d'impression, les outils et les techniques sont détaillés et illustrés par des schémas et des photographies.