
L'atelier de Rembrandt. La liberté, la peinture et l'argent
A l'origine, une durable légende : celle d'un Rembrandt, génie isolé, solitaire, incompris de ses contemporains et qui, pourtant, par ses gravures comme par ses peintures, devait révolutionner l'art occidental. Puis vint l'heure des experts, qui désattribuèrent nombre de chefs-d'oeuvre que l'on croyait exécutés par Rembrandt : ces tableaux, dont des plus fameux, auraient été le fruit du labeur d'élèves. On distingua dès lors la peinture de Rembrandt et la peinture rembranesque, l'oeuvre unique du Maître et la multiplication par les soins de son atelier de tableaux à la Rembrandt. Aujourd'hui, avec l'ouvrage de Svetlana Alpers, on comprend enfin cette situation paradoxale d'un artiste affirmant le caractère unique et singulier de son oeuvre grâce à la reproduction par d'autres de ses thèmes et de son style. Tout se joue dans l'atelier de Rembrandt, ce monde en soi où règne le peintre, pliant les désirs de ses clients à sa volonté de créer des valeurs artistiques qui lui soient propres. Rembrandt refuse de se conformer aux goûts et aux canons de représentation des mécènes. Sa peinture est l'affirmation originale de l'autonomie de l'artiste, de sa liberté que fonde et nourrit la production pour le marché : car désormais c'est l'échange ou la vente auprès du public qui établit la valeur d'une oeuvre. Dans l'atelier de Rembrandt, c'est tout simplement le statut et le rang de l'artiste moderne qui se fabriquent, ouvrant une page décisive et nouvelle dans l'histoire des peintres et de la peinture en Occident.
| EAN | 9782070722396 |
|---|---|
| Titre | L'atelier de Rembrandt. La liberté, la peinture et l'argent |
| Auteur | Alpers Svetlana |
| Editeur | GALLIMARD |
| Largeur | 141 |
| Poids | 630 |
| Date de parution | 19910917 |
| Nombre de pages | 384,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

L'art de dépeindre. La peinture hollandaise au XVIIe siècle
Alpers SvetlanaRésumé : Partant de l'idée que c'est surtout par référence au modèle italien que sont nés les principes d'interprétation de la peinture et des images que nous ont appris les grands historiens de l'art - le " style " pour Wölfflin, l'iconographie avec Panofsky -, Svetlana Alpers s'attache à renouveler l'approche de la peinture hollandaise en mettant en valeur un contraste explicatif frappant et fécond : l'art italien est l'expression d'une culture textuelle où se mêlent de multiples significations, d'ordre symbolique, allégorique et philosophique. Le monde des maîtres hollandais du XVIIe, figure achevée du modèle nordique, relève au contraire d'une culture visuelle. Un art descriptif, par opposition à un art narratif. Cet art de dépeindre dépasse cependant de beaucoup ce que le XIXe siècle nous a habitués à considérer comme du réalisme. Il se traduit au premier coup d'?il, dans ces paysages de campagne, dans ces scènes de genre et ces natures mortes, par de surprenants parti pris optiques et renvoie, en fait, aux révolutions scientifiques du télescope et du microscope, à l'omniprésence de l'image au centre de la vie sociale, comme de la représentation de soi-même et du monde. Ce sont les composantes de cette culture, visuelle que met savamment en relief l'auteur. D'abord en explorant, à travers son autobiographie, l'univers mental d'un Constantijn Huygens, secrétaire du Stathouder, humaniste doté de l'éducation scientifique nouvelle et précoce découvreur de Rembrandt. En démontant ensuite le modèle pictural qui découlait de l'analyse de l'?il due à Kepler. En mettant en rapport la méticulosité de la technique de représentation avec les progrès de la science expérimentale tels que les savants hollandais la tiraient de Bacon. En montrant enfin ce que la précision de la peinture devait aux développements de la cartographie ou de l'Atlas historique, cette invention des Hollandais. Consciente des risques d'une application par trop schématique de sa thèse, l'auteur s'ingénie à se donner à elle-même des contre-exemples qui paraissent la contredire et lui permettent en fait de la nuancer ; comme l'utilisation interne à l'image des textes, des lettres et des mots ; ou les solutions subtiles et symétriquement contradictoires qui rattachent à son système d'explication les deux plus grands peintres qui semblent lui échapper, Vermeer et Rembrandt.ÉPUISÉVOIR PRODUIT54,51 € -

La création de Rubens
Alpers SvetlanaPeintre prodigieusement doué, au style impersonnel, exemplaire par son rapport à la tradition picturale et littéraire comme dans l'organisation de son atelier, aussi à l'aise dans les hautes sphères artistiques que politiques de son temps, Rubens est aujourd'hui plus admiré qu'aimé. Pourtant, poser à son sujet la question de la création conduit à embrasser des questions clés. Comment rendre compte de la production d'un tableau ? Au-delà des circonstances d'un tableau, par quoi le peintre est-il mû comme créateur ? Demeure la grande question, pour nous autres Français. Comment s'est formé chez les critiques et les amateurs, très tôt après sa mort, le goût pour Rubens ? Un goût qui permit d'élaborer, plusieurs siècles durant, un système de catégories absolutisées - lequel allait dominer l'histoire de l'art française : le rubinisme plutôt féminin contre le poussinisme plutôt masculin. Ainsi s'entend l'amphibologie du titre de cet ouvrage : La création de Rubens, c'est, indissociables, la création d'un tableau avec la part qu'y prennent les circonstances, l'activité créatrice du peintre métaphorisée par l'identification à une figure de la mythologie grecque, la transformation, enfin, de l'oeuvre du peintre, au fil des siècles, en un référent d'histoire de l'art.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER30,20 € -

Tiepolo et l'intelligence picturale
Alpers Svetlana ; Baxandall MichaelCe livre est une étude de la peinture de Giambattista Tiepolo (Venise 1696-Madrid 1770), comme exemple d'intelligence picturale. Cet ouvrage est à la fois une étude consacrée à l'artiste et une réflexion sur sa création. Svetlana Alpers et Michael Baxandall ont distingué dans la peinture de Tiepolo différents modes de représentation du monde et de l'homme en particulier. Ils ont mené leur analyse depuis les dessins et les esquisses à l'huile jusqu'aux fameuses fresques des Quatre Continents de l'escalier d'honneur de la Résidence de Würzburg, illustrées par des photographies prises spécialement pour cet ouvrage. A travers cette lecture, nous accédons à un niveau de connaissance de l'art de cet artiste qui va au-delà de l'ordinaire. Développé en trois sections principales, ce volume nous conduit d'abord dans l'univers de Tiepolo, à travers une chronologie et une analyse de sa fortune critique. Ensuite, Alpers et Baxandall nous plongent dans la technique et dans l'invention qui caractérisent Tiepolo. Le livre se termine par une analyse détaillée des fresques du Treppenhaus de Würzburg, développant pleinement le concept d'intelligence picturale.ÉPUISÉVOIR PRODUIT62,00 € -

Les vexations de l'art. Velazquez et les autres
Alpers Svetlana ; Dauzat Pierre-EmmanuelExtrait VU DEPUIS L'ATELIER En examinant des peintures d'atelier et faites en atelier au XVIIe siècle et après, mon propos sera d'offrir un tableau raisonné de quelques réalités de l'atelier. Le thème n'est pas l'atelier en tant que tel (thème qui remonte au moins à un sujet comme saint Luc peignant la Vierge), ni les motifs ou modèles d'atelier directement représentés (bien que motifs et modèles jouent un rôle), mais plutôt la situation dans laquelle les deux se chevauchent : autrement dit, quand le rapport de l'artiste à la réalité est vu ou représenté dans le cadre du lieu de travail. Vu l'ampleur du thème, tout traitement ne peut être que sélectif et comprimé, mais l'emprise de la pratique de l'atelier et son intériorisation dans la pratique de la peinture sont fortes. Picasso a souvent fait de l'artiste dans son atelier avec le modèle le sujet de son art, bien que l'on sache que, à la différence de Matisse, il n'était pas dans ses habitudes de travailler «d'après nature». Ainsi que Françoise Gilot l'a fait observer en plaisantant, en prenant l'exemple du Grand nu au fauteuil rouge, il se déplaçait toujours d'un endroit à l'autre avec un fauteuil rouge pour un modèle, mais personne ne s'y asseyait jamais vraiment pendant qu'il peignait. Toutefois, l'atelier semble avoir perdu son attrait. Le personnage du peintre à l'atelier paraît relever du passé, voire un peu suspecte. C'est l'art produit pour ou sur la place publique - des travaux de terrassement et de la sculpture ou des assemblages publics à la photographie, à la vidéo, au graffiti et au travail produit sur les murs d'une galerie - qui est à la mode. La peinture exécutée par un homme seul dans son atelier (ou l'art qui conforte la fiction de la solitude dans l'atelier) n'est plus au goût du jour. Voici, par exemple, ce que la Factory d'Andy Warhol, selon Caroline Jones, entendait remplacer : «Le topos dominant de l'artiste américain était celui du génie (mâle) solitaire, seul dans son atelier, unique témoin du miracle de la création artistique.» Et ce n'était certainement pas simplement une affaire américaine. La peinture d'atelier est au coeur du projet pictural tel qu'il s'est déployé en Europe quatre siècles durant, de 1600 à 2000. Une façon de répondre à l'antagonisme présent est de montrer que la peinture d'atelier avait une base tout à la fois plus étroite et plus humaine. Les connotations des mots employés pour le lieu du travail de l'artiste - studio, bottega, atelier - sont riches : lieu de retraite et de retrait (l'anglais studio/study) ; mais aussi atelier, magasin (italien bottega), et l'association du lieu de travail avec le lieu d'exposition et le comptoir de vente a eu la vie longue. Le mot français atelier vient de l'ancien français astelle (attelle, en français moderne), désignant le morceau de bois utilisé pour aveugler les chevaux, d'où un harnais ou, plus exactement, un joug - une fois encore différent. Plutôt que d'avancer simplement des thèses sur ou pour l'atelier, je m'intéresse aux contraintes qu'il offre, qu'il offrait, parce que le défi lancé à l'atelier dans les temps récents n'est pas le modèle de la Factory de Warhol, mais le grand monde, l'extérieur. A l'heure actuelle, soit l'atelier est jugé trop contraignant, soit c'est la contrainte elle-même qui est suspecte. LE MODÈLE EXPÉRIMENTAL Les historiens et les sociologues se sont penchés sur le rôle que le lieu de travail, pour la science expérimentale, joue dans la nature de la connaissance scientifique. Ce travail participe du changement d'accentuation, de la théorie au profit de la pratique, ou de la science considérée essentiellement comme la formation de lois naturelles à la science comme fabrique d'expériences. Quand j'ai commencé à réfléchir aux réalités de l'atelier, l'exemple du travail et de la vie de laboratoire m'a encouragée pour diverses raisons. Il sert de correctif. Dans l'étude de l'art, comme dans celle de la science, les préceptes d'un assemblage appelé théorie (comme dans l'expression «théorie de l'art») sont souvent privilégiés aux dépens de la pratique artistique elle-même.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER19,80 €
Du même éditeur
-

Haute-Folie
Wauters AntoineJe crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.EN STOCKCOMMANDER19,00 €
De la même catégorie
-

Peggy Guggenheim. Le choc de la modernité
Prose Francine ; Lebleu OlivierHéritière d'une richissime famille juive américaine, Peggy Guggenheim (1898-1979) a rassemblé une des plus belles collections au monde d'art moderne. Excentrique, anticonformiste, libertine, Peggy Guggenheim éprouve un goût effréné pour l'art et les artistes. Après-guerre, sur les conseils d'André Breton, elle expose à Londres Kandinsky, Calder ou Brancusi. Venue à Paris, elle achète un tableau par jour, aide Giacometti et Picasso, puis elle part à New York où elle épouse Max Ernst. En 1942, sa galerie Art of this Century révèle au public les surréalistes européens et la jeune avant-garde américaine ? Jackson Pollock, Mark Rothko. En 1949, installée à Venise, au bord du Grand Canal, dans un palais du XVIIIe siècle, elle expose une somptueuse collection que le monde entier admire encore aujourd'hui.EN STOCKCOMMANDER10,00 € -

Le Douanier Rousseau. L'art en lumière
Sefrioui AnneHenri Rousseau (1844-1910), dit le Douanier Rousseau, occupe une place singulière dans l'histoire de l'art moderne. Autodidacte, longtemps moqué et marginalisé, il est aujourd'hui considéré comme le précurseur de l'art naïf. Son style se distingue en effet par des formes simplifiées, par des couleurs vives et par l'absence de perspective traditionnelle. Loin des académismes de son époque, il a créé un monde poétique, à la fois innocent et mystérieux. Célèbre pour ses jungles luxuriantes, Rousseau l'est aussi pour ses paysages où volent parfois dans le ciel d'étranges engins, confrontant à ses compositions une dimension surréaliste avant l'heure. Il l'est encore pour ses singuliers portraits de groupe ou d'enfants, qui semblent comme figés dans le temps. Admiré par les avant-gardes, qui ont vu en lui un visionnaire capable d'exprimer l'inconscient, le Douanier Rousseau est aujourd'hui célébré comme un pionnier de la modernité. La collection L'Art en lumière propose une exploration de l'oeuvre des plus grands peintres dans un format raffiné, sublimé par une reliure luxueuse associant toile soyeuse, titre et jaspage métalliques miroitants. Chaque ouvrage met "en lumière" le travail de l'artiste et les moments clefs de sa carrière. Une soixantaine d'oeuvres sont accompagnées, pour les plus emblématiques d'entre elles, d'une courte notice explicative. Le lecteur est ainsi invité à une véritable visite guidée au coeur de la création.EN STOCKCOMMANDER24,05 € -

Chagall, ivre d'images
Marchesseau DanielEn 1985, Marc Chagall, le dernier patriarche de la Côte d'Azur après Matisse et Picasso, s'éteignait à Saint-Paul-de-Vence dans sa quatre-vingt-dix-huitième année. L'Ecole de Paris peut s'enorgueillir d'avoir permis à nombre d'artistes étrangers de s'épanouir en son sein : Chagall en est l'un des pionniers les plus singuliers. "Ivre d'images", disait Malraux, qui lui avait commandé le plafond de l'Opéra de Paris. Celui qui a peint l'univers du "shtetl" juif à Vitebsk, mais aussi ses rêves, ses amours, le monde du cirque, et le message universel de la Bible, demeure aujourd'hui le conteur merveilleux d'une poétique universelle et intemporelle, fondée sur l'image canonique de Dieu et des hommes. Daniel Marchesseau retrace les itinéraires de ce Russe, déraciné à deux reprises, monté aujourd'hui au firmament, dans ces cieux qu'il a, durant sa longue vie, su peindre et enluminer.EN STOCKCOMMANDER16,30 €




