Béhémoth. Structure et pratique du national-socialisme, 1933-1944
Neumann Franz ; Dauvé Gilles ; Boireau Jean-Louis
KLINCKSIECK
35,00 €
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EAN :9782252047750
Ce livre à la fois classique et méconnu présente une analyse paradoxale du système national-socialiste comme système monstrueux, c'est-à-dire un non-Etat, un chaos, une situation de non-droit, de désordre et d'anarchie, ambitionnant d'établir son hégémonie sur de gigantesques étendues de terre. Objet de débat au sein du groupe de Francfort, on a d'abord retenu de cette interprétation du nazisme son orientation marxiste, surtout de par son opposition aux thèses de F. Pollock sur le capitalisme d'Etat, formation sociale originale qui succéderait au capitalisme de monopoles. Pour Neumann, il s'agit en vérité d'une économie monopolistique totalitaire qui se définit par deux caractères : "C'est une économie monopoliste et en même temps une économie dirigée. C'est une économie capitaliste privée encadrée par l'Etat totalitaire". Aussi une lecture plus à distance des controverses de l'époque peut-elle discerner dans Béhémoth : - à travers l'étude du national-socialisme, une analyse concrète de la primauté du politique sur l'économique au xxe siècle, en tentant d'articuler la problématique wébérienne des formes de domination à une interprétation marxiste des antagonismes de classe ; - une étude minutieuse des mécanismes de l'Etat totalitaire décrit comme un complexe de quatre groupes sociaux dominants qui, sous couvert d'unité, est menacé en permanence d'éclatement et de désintégration. Contre les représentations superficielles d'un fascisme monolithique, Neumann démontre que "l'Etat national-socialiste était en réalité pluraliste, en un sens funeste du terme. La volonté politique s'y formait à travers la concurrence sauvage des lobbies sociaux les plus puissants" (Adorno). Béhémoth, le monstre qui règne sur la terre où le désert croît. A l'encontre du mouvement "révisionniste" et des tendances apologétiques qui visent, en Allemagne, à banaliser la socialisation totalitaire propre au national socialisme et à engendrer en douceur l'oubli de l'imprescriptible, Béhémoth, même s'il méconnait la destruction du peuple juif, rappelle que dans la société nouvelle, sous l'emprise d'une domination directe et d'un procès d'atomisation généralisée, c'est bien d'auto-destruction de l'humanité qu'il s'agissait.
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Nombre de pages
601
Date de parution
18/10/2024
Poids
826g
Largeur
140mm
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EAN
9782252047750
Titre
Béhémoth. Structure et pratique du national-socialisme, 1933-1944
Auteur
Neumann Franz ; Dauvé Gilles ; Boireau Jean-Louis
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
140
Poids
826
Date de parution
20241018
Nombre de pages
601,00 €
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Résumé : En 1937, une jeune allemande et militante communiste, Margarete Buber, décide de fuir l'hitlérisme et se réfugie en compagnie de son mari Heinz Neumann, ancien député au Reichstag, à Moscou. Ils seront bientôt arrêtés pour "déviationnisme". Heinz disparaît aussitôt, sans doute exécuté, et Margarete est déportée en Sibérie pendant deux ans. En 1940, le NKVD la livre à la Gestapo qui l'interne à Ravensbrück. C'est à son arrivée dans ce camp, au mois d'octobre, qu'elle rencontre Milena Jesenská, célèbre journaliste tchèque et figure engagée de son temps. Pendant près de quatre ans, jusqu'à la mort de Milena à l'infirmerie du camp, le 17 mai 1944, les deux femmes vont vivre un bouleversant compagnonnage. Au milieu de la misère et de l'horreur quotidiennes, elles se racontent leur vie. La brève liaison de Milena avec Kafka au début des années 1920, ses deux mariages, d'abord avec l'écrivain juif Ernst Polak, puis avec l'architecte Jaromir Krejcar, sa carrière étonnante de journaliste, ses traductions de Kafka en tchèque, son mélange de force et de désinvolture face à l'invasion nazie en 1939, et ses désillusions de militante communiste. Tout cela, Margarete le rapporte fidèlement, comme le lui avait demandé Milena sur son lit d'agonie : "Tu leur diras qui je fus, n'est-ce pas ? Tu auras pour moi la clémence du juge". Margarete trouve un écho à son propre destin. Elle s'efface devant son amie, puisque la vie, ou la survie, a pour mission de remplacer la mort. Le présent livre est à la fois la biographie d'une femme exemplaire, Milena, une autobiographie discrète, et la traversée d'une époque magnifique (Prague et Vienne dans l'agitation artistique et intellectuelle de l'entre-deux-guerres) sur fond d'écrasement de toute espérance humaine. C'est le témoignage d'amour d'une femme exceptionnelle pour une autre femme exceptionnelle : un hymne à ce qui dépasse et déjoue l'anéantissement.
Ce livre est une mise en scène des enjeux technologiques et théoriques de l'ordinateur électronique. Qu'est-ce qui distingue un ordinateur d'un cerveau humain? Von Neumann entreprend une comparaison minutieuse des similitudes et des différences afin de mieux cerner la spécificité de la machine vivante cérébrale. Son analyse le conduit à avancer une hypothèse: le cerveau manipule les données qu'il reçoit du monde extérieur dans un langage naturel, encore inconnu. Cette hypothèse est aujourd'hui au centre des recherches des sciences cognitives, des réseaux de neurones formels aux études de neurophysiologie, qui tentent de décrypter le fonctionnement du cerveau.
Soin des enfants et des personnes âgées, nettoyage, travail pénible, boulot sale et sale boulot, ces activités ont en commun d'être à la fois nécessaires et invisibles, essentielles et pourtant dévalorisées, difficiles et donc déléguées à d'autres. Elles sont souvent oubliées par les philosophies du travail comme elles le sont dans la réalité sociale. C'est paradoxalement chez Hannah Arendt, pourtant accusée d'avoir une conception réductrice du travail, que l'on trouve une catégorie permettant de les appréhender dans leur unité : celle de labeur. Modifiant la traduction usuelle de sa distinction entre travail (labor) et oeuvre (work), qui renforce l'impression d'une dépréciation du travail par rapport à l'oeuvre, nous proposons de la rendre plus littéralement par le couple du labeur (labor) et du travail (work). Apparaît dès lors chez Arendt une véritable philosophie de l'activité posant le labeur comme condition du travail, lui-même condition de l'action. A l'aide de cette catégorie, elle pointe un ensemble d'activités vouées à la reproduction de la vie qui n'ont pas "droit de cité" , mais aussi le redoublement de cet effacement avec l'avènement du social dans la modernité. Malgré l'emprise théorique qu'exerce la logique du labeur, on ne cesse de refuser de le voir, d'en dénier la nécessité comme la dureté, en le confondant avec le travail. Une convergence aussi frappante qu'inattendue peut être mise en évidence entre cette catégorie de labeur et toute une constellation de concepts issus des théories féministes : le travail domestique, reproductif, travail de care ou encore de subsistance. Ces théories ne se sont pas réclamées d'Arendt, qui elle-même ne s'est jamais revendiquée du féminisme. Mais on peut mobiliser ces concepts pour préciser le sens de la catégorie de labeur, répondre aux problèmes qu'elle soulève quant à sa teneur critique, et en esquisser un usage possible dans le cadre d'une philosophie sociale du travail renouvelée.
Acquis par la National Gallery de Londres en 1842, le Portrait des Arnolfini de Jan van Eyck reste depuis cette date une énigme pour les historiens de l'art. Le sujet du tableau a en effet suscité de nombreuses hypothèses : s'agit-il d'une scène de mariage, de fiançailles, ou de la simple représentation d'un couple de riches bourgeois ? L'homme est-il bien Giovanni Arnolfini, un marchand de Lucques très connu dans les Flandres au XVe siècle, comme semblent l'indiquer certaines archives ? Ou quelque autre membre de sa famille ? L'oeuvre ne serait-elle pas plutôt un portrait de l'artiste, qui se serait représenté avec son épouse Marguerite ? Et si la jeune femme n'était pas enceinte, en dépit de ce que suggère son ventre proéminent ? Quant à la signature en latin du peintre, bien en vue au centre du tableau, quel sens donner à sa formulation, restée unique dans l'histoire de la peinture ? Anne-Marie Lecoq fait dans cet ouvrage inédit une passionnante recension des interprétations qui se sont succédé au cours des décennies, suscitées par tous les détails du tableau et leur symbolique supposée, pour livrer enfin - au risque de surprendre - sa propre hypothèse sur les intentions de Jan van Eyck.
Vinclair Pierre ; Min Byung-Hun ; Domissy-Lee Jeon
Ce livre est né d'un paradoxe fécond : comment écrire sur les oiseaux sans rien savoir d'eux, ou presque ? Du jour au lendemain, Pierre Vinclair se met à enquêter au fil de poèmes-minute sur ce que les oiseaux nous font, sur la manière dont ils déplacent nos idées en nuées, frôlent nos matins, habitent un monde où leur présence s'efface. Guidé par une curiosité impressionniste, Pierre Vinclair ne s'approche jamais trop près, s'émerveille que l'on entende d'abord leur chant avant de les voir ou de vouloir les nommer. Les photographies de l'artiste coréen Byung-Hun Min, dans la contemplation desquelles s'est élaboré cet essai qui est d'abord une rêverie, viennent scander le texte comme des pointillés noir et blanc.
Fenimore Cooper Susan ; Audubon Jean-Jacques ; Wil
Précédant Thoreau de quelques années, Chroniques de la vie rurale s'impose comme l'un des jalons fondateurs du naturalisme littéraire américain. Dans ce journal publié en 1851, jusqu'alors inédit en français, Susan Fenimore Cooper raconte la vie d'un village de l'Etat de New York au fil des saisons. Entre carnet de terrain et journal intime, sa prose lumineuse, jamais naïve, dit la beauté du détail et la fragilité des équilibres naturels. Fille du romancier James Fenimore Cooper, dont elle accompagna l'oeuvre et assura la postérité, Susan écrit avec la discrétion d'une sentinelle ou d'une veilleuse. Elle tisse une langue limpide et habitée, attentive à chaque nuance du paysage, à chaque oiseau, à chaque usage d'un monde rural aujourd'hui disparu. A la rigueur scientifique de ses observations répond une sensibilité poétique, qui fait de ce texte un manifeste d'écoute et de lenteur, à rebours de l'accélération contemporaine. Cette première traduction française, réalisée par Faustine Galicia, est illustrée de planches issues des Oiseaux d'Amérique de Jean-Jacques Audubon et préfacée par l'écrivaine Audrée Wilhelmy, qui, nichée dans la forêt québécoise, l'évoque en soeur : "Chroniques de la vie rurale est une leçon d'écoute : une conversation muette entre le monde extérieur et le monde intérieur. C'est dans cette correspondance subtile entre les saisons du paysage et celles de l'esprit que se forge, je crois, l'acte d'écrire".