Alors que nous avons vécu dans l'Europe, sur l'Europe, nous ne nous sommes jamais sentis enveloppés dans son unité, protégés par elle, car nous étions engagés dans des luttes particulières, dans des aspirations qui restaient superficielles puisqu'elles étaient fondées sur une unité imperceptible ". Tel est le regard personnel, philosophique et lyrique qu'au moment culminant du second conflit mondial, Maria Zambrano (1904-1991) jette sur les vicissitudes du vieux continent. Au milieu des décombres, la philosophe espagnole réfléchit sur les causes d'un tel désastre et sur ces fondements de la civilisation occidentale que sont la pensée grecque et le christianisme d'Augustin, lesquels laissent bien augurer des possibilités de résurrection de l'Europe. Les précieux témoignages que rassemble ici Maria Zambrano sont une occasion très actuelle pour repenser notre être européen et pour comprendre comment peut nous venir en aide la philosophie, " cet instrument que l'homme a forgé quand il a décidé d'être homme ". " Qu'est-ce que l'Europe a été ? En quoi consiste, dans sa complexe et très riche réalité, l'irrenonçable ? ".
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Nombre de pages
128
Date de parution
18/11/2011
Poids
133g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782842423056
Titre
L'agonie de l'Europe
Auteur
Zambrano Maria ; Baeza Soto Juan Carlos
Editeur
CIRCE
Largeur
120
Poids
133
Date de parution
20111118
Nombre de pages
128,00 €
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Résumé : Paru dans Les Cahiers du Sud, en 1942, ce "petit chef d'oeuvre" de María Zambrano (1904-1991), traduit par Suzanne Brau, inscrit la pensée mystique et poétique de Saint Jean de la Croix (1542-1591) au coeur même d'une humanité dont il incarne la plus extraordinaire expression, sur cette "terre jaune, embrasée d'un feu qui n'est pas celui du soleil". Rarement la poésie de Jean de la Croix fut si parfaitement donnée à fleur de peau, et le hasard a voulu que, dans cette même revue et au presque même moment, un poète, traducteur, résistant, Simon-Rolland (1907-1944), livre ses propres traductions des poésies du Saint, qui sont, écrivait Pierre Emmanuel, "si belles qu'elles égalent l'original". Le Cantique spirituel parut toutefois aux éditions Charlot en 1945, de l'autre côté de la méditerranée, et c'est cette édition exemplaire qui est reprise ici, en miroir du Saint Jean de la Croix de María Zambrano, qui fait entendre la "musique silencieuse" de l'esprit.
Maria Zambrano, chantre de la «raison poétique», n?a pas eu, à proprement parler, le projet d?écrire des aphorismes. Ceux-ci sont choisis par le traducteur dans l?ensemble de son oeuvre et montrent de façon fulgurante la rigueur d?une pensée exigeante qui cherche l?harmonie des contraires. Harmonie entre raison et sentiment, idée et croyance, nécessité intérieure et déterminismes externes. La réflexion tente l?impossible : sortir de l?aporie, parvenir au coeur et à l?origine de ce qui pense en nous mais au lieu de recourir à la déduction, la philosophe emprunte la voix de la contemplation intérieure. Si la pensée de Maria Zambrano est si limpide, c?est qu?elle est portée par une forme poétique qui la rythme et incarne mieux les images que la pure abstraction.
Ecrite à La Havane au début des années cinquante, cette autobiographie à la troisième personne paraît en Espagne en 1989. Maria Zambrano évoque les grands événements historiques qui marquèrent son destin et celui de tous les Espagnols de sa génération, explorant en elle, comme dans l'âme espagnole, leur résonance. "La pensée qui révèle la réalité crée un espace vital, respirable. L'une des fonctions vitales de la pensée est de rendre l'atmosphère respirable, de libérer les êtres humains de l'asphyxie due au manque d'espace intérieur, quand la conscience s'emplit d'ombres, d'incertitude, quand l'ombre des autres, y compris la nôtre, a rendu trop opaque notre espace intérieur, premier espace où nous nous mouvions, où nous existions. [... ] C'est ainsi que parfois la pensée devient sang ; elle pénètre dans le sang et l'oblige à se verser, car nous ne pouvons simplement pas le lui refuser". M. Z
A la Sorbonne comme au bistrot, la vérité vraie, objective, pure, triomphe rarement : l'assistance lui préfère la parade la plus cinglante. Voilà qui chagrinait au siècle dernier le ténébreux philosophe Schopenhauer... Il en eut à la longue un sursaut rageur : élaborer le mode d'emploi de la controverse. Un traité qui permette de défaire n'importe quel opposant, malgré son habileté et sa mauvaise foi. Puisque si souvent la forme l'emporte sur le fond. Les brillants raisonnements des alchimistes ont interdit l'essor de la chimie pendant des siècles. Même s'ils professaient des âneries. Dans L'Art d'avoir toujours raison, Schopenhauer ne s'embarrasse pas de morale... Résultat : un mémoire ramassé et teigneux, pas plus épais qu'un agenda : trente-huit stratagèmes pour ne jamais perdre la face."
Georg Simmel (1858-1918) fut un des inventeurs de la sociologie, mais aussi un philosophe original, un véritable personnage du Berlin 1900, ouvert aux arts et à toutes les manifestations de la modernité. Enseignant (sans solde) à l'Université de Berlin pendant des décennies, il exerça une influence diffuse considérable. Un public varié se pressait à ses cours, venu de toute part. On considérait être admis dans ses privatissimi comme un rare privilège. Solitaire, sans ancrage fort dans l'institution, sans "école", il sombra dans l'oubli après sa mort et ne fut redécouvert que tardivement. Mais ses idées continuaient d'inspirer une quantité de ses "enfants" spirituels. Le présent ouvrage en rassemble une large palette sous forme d'une photo de groupe qui réservera bien des surprises. D'Union soviétique aux Etats-Unis, des rangs de la philosophie à ceux de la sociologie, des historiens de l'art aux écrivains, journalistes, à plusieurs personnages inclassables, une histoire souterraine de la vie intellectuelle du XXe siècle se dessine à partir de Simmel.
Ces neuf nouvelles de Rainer Maria Rilke, écrites entre 1897 et 1901, sont d'une grande variété de forme et d'inspiration, mais elles portent toutes en elles les visions fulgurantes de l'homme qui achèvera, vingt ans plus tard, Les Elégies de Duino, en affirmant que "tout ange est terrible". Avec une certaine férocité satirique, Rilke raille autant les philistins satisfaits que les artistes complaisants, et, à l'image de son double de jeunesse, Ewald Tragy, poète de dix-huit ans, il s'attache aux humbles et aux réprouvés de l'existence. Qu'il dépeigne de grandes familles obsédées par leurs ancêtres, des aristocrates en fuite après la Révolution française, ou encore des vieillards émerveillés par le simple passage d'une petite fille dans un parc, l'auteur nous montre toujours "qu'entre horreur et splendeur se développent des relations secrètes".