Nous grandirons ensemble

Yamgnane Kofi ; Quéméner Hervé
ROBERT LAFFONT
20,00 €
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EAN : 9782221098127

Le sang de l?émigration À ceux qui considèrent l?immigration comme un fléau, il faut rappeler quelques données historiques. Le migrant n?est pas sorti d?un chapeau dans la dernière décennie du XXe siècle avec pour seule justification de donner à l?extrême droite l?occasion d?occuper, un temps, le devant de la scène médiatique. La France a toujours été un carrefour ethnique. Ici, les blonds venus du Nord et les bruns du Sud se sont frottés dès l?Antiquité. Les Saxons, les Francs, les Gaulois, les Romains et bien d?autres ont mêlé leur sang, les sonorités de leurs mots, leurs regards sur les arts et leurs goûts culinaires. Comment quelqu?un pourrait-il dire qu?il accepte les influences extérieures seulement jusqu?au XVIe ou XVIIe siècle, époque où se serait façonnée une France classique et quasiment immuable dans sa composition sociale et ethnique? [?] Un quart de siècle plus tard, les choses n?ont pas changé aussi fondamentalement qu?on le pense parfois. Le coup d?arrêt donné officiellement à l?immigration en France au début du septennat de Valéry Giscard d?Estaing n?est resté que ce qu?il pouvait être: une décision administrative. Les entreprises sont toujours à la recherche du même type de main d??uvre. Alors que 9 % de la population active est inscrite sur les fichiers de l?ANPE, certaines offres des entreprises ne trouvent pas preneurs chez les demandeurs de nationalité française. Les étrangers, parfois même en situation irrégulière, sont les bienvenus, plus souvent qu?on ne le croit et pas seulement dans la confection, la restauration ou le bâtiment. Autrement dit, l?appel d?air entre l?offre et la demande se maintient. Et il est extrêmement difficile d?arrêter les courants d?air. Mais je souhaiterais que l?on cesse de regarder le seul aspect européen de ce phénomène. Car si chacun a son point de vue sur l?immigration, tout le monde se fiche de l?émigration. Or, dans le pays d?Afrique, c?est chaque fois un fils qui s?en va. Celui qui prend l?avion ou qui s?embarque plus ou moins clandestinement sur un cargo de passage apportera peut-être plus tard un peu d?argent à sa famille, à son village. Mais quand il part, il se déchire en deux. Il faut que l?Afrique offre à ses enfants de bien tristes horizons pour qu?ils soient si nombreux à vouloir s?exiler. Éloge du métissage Il n?y a pas très longtemps, j?ai reçu un témoignage extraordinaire d?une vieille dame habitant du côté de Nancy, ville où j?ai effectué mes études d?ingénieur: « ? oui vous avez une belle vie, non parce que vous êtes noir, non plus parce que nos missionnaires vous ont ?blanchi de l?intérieur?, mais parce que vous êtes tout cela à la fois. Merci d?être ce que vous êtes? » Y a-t-il meilleur hommage au métissage? La faim Les réactions politiques ne manquent pas. Il est à la mode dans les discours des chefs d?État africains de dire tout l?intérêt que l?on porte aux paysans. Mais les actes ne suivent pas. Les plus actifs et les plus innovants dans la lutte pour la préservation du capital agricole sont souvent les ONG. J?en ai vu à l?ouvrage. J?ai vu des jeunes Bretons consacrer une partie de leurs vacances à planter des arbres au Sahel. J?ai aidé moi-même au creusement de puits, à l?installation de pompes pour assurer aux villageois une qualité d?eau qu?ils ne pouvaient pas trouver dans les marigots croupis. J?ai suivi les travaux d?autres jeunes qui se faisaient terrassiers sous un soleil de plomb: ils creusaient des rigoles dans le sol selon les courbes de niveau de manière à empêcher l?eau des pluies d?hivernage de ruisseler trop vite et donc de raviner le sol sans l?imprégner en profondeur. Ils évitaient ainsi que la fine couche de terre arable soit emportée vers les bas-fonds d?où il faut ensuite l?extraire au prix de corvées épouvantables puisque les seuls outils sont les paniers que les femmes transportent sur leur tête. J?ai assisté aussi à des essais de culture hydroponique, c?est-à-dire d?alimentation liquide très précise de plantes, par exemple des tomates, dont les racines prospèrent non pas en terre mais dans des gouttières suspendues. Des paysans retraités demeurant dans ma circonscription électorale continuent aujourd?hui encore à parrainer des expériences de ce type au Burkina-Faso. [?] Au début de l?année 2001, j?ai effectué un voyage au Mali, dans un pays où la nature est bien moins généreuse puisqu?il y pleut de manière parcimonieuse et irrégulière. Pourtant, là aussi, les productions agricoles pourraient être décuplées grâce à l?utilisation rationnelle du fleuve Niger qui traverse tout le sud du pays, drainant jusqu?au golfe de Guinée les pluies tombées sur les monts du Fouta Djalon. Les plaines alternativement inondées et découvertes du Niger et du Bani, son affluent, pourraient produire à elles seules suffisamment de blé pour nourrir l?Afrique entière en deux récoltes. Des travaux de génie civil, des routes, des chemins de fer dont les coûts ne seraient pas prohibitifs pourraient suffire à déclencher un cercle vertueux. On pourrait trouver des exemples comparables dans des pays comme le Botswana, l?Ouganda, le Ghana, l?Ethiopie qui déjà sont en train de structurer leur agriculture de manière moderne.

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Nombre de pages 300
Date de parution 17/10/2002
Poids 357g
Largeur 136mm
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EAN 9782221098127
Titre Nous grandirons ensemble
Auteur Yamgnane Kofi ; Quéméner Hervé
Editeur ROBERT LAFFONT
Largeur 136
Poids 357
Date de parution 20021017
Nombre de pages 300,00 €

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