Quatre ans après avoir réalisé "Yamgana, mon coeur est resté tranquille" au Burkina Faso, l'équipe du film est revenue pour le présenter. Le film a eu plusieurs milliers de spectateurs et la suite "Yamgana et Pasanga" a été tournée avec eux. "Nous sommes descendus du ciel grâce à des bandes de tissu" , disent les Yiyonsé de Silaléba, "là où tournoient les hirondelles" , la capitale des maîtres de la terre du Kirigtenga. Autochtones, ils ont ensuite passé une alliance avec des étrangers venus à cheval, et notamment leur chef, Naaba Yandefo, il y a plusieurs siècles - au 16ème d'après les chroniques. Les descendants de ces étrangers se sont installés à Biliga et à Sika. "Yamgana et Pasanga" raconte cette histoire et et ses développements contemporains à travers son rituel central, le kiougou. Un rituel, comme un mythe, existe par ses variations, c'est pourquoi plusieurs versions du film ont été réalisées, une pour chaque village. "Yamgana et Pasanga" est une version française synthétique sous-titrée en français et existe aussi en version originale mooré. Les Moose (prononcer Mossi) constituent la culture majoritaire du Burkina Faso et parlent le mooré. Leur société est organisée dans une sorte d'Etat fédéral dont chaque province n'a que des relations très lâches avec le "centre" dont la fonction est essentiellement rituelle. L'Afrique ne se raconte pas, elle se vit et son histoire est riche des milliers de bibliothèques vivantes, les anciens, qui nous la transmettent.
Date de parution
11/04/2012
Poids
100g
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EAN
9782296135222
Titre
YAMGANA ET PASANGA
Auteur
Boccara Michel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
100
Date de parution
20120411
Nombre de pages
0,00 €
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Il y a vingt ans paraissait le premier volume de la Religion populaire des Mayas dont ce livre est la suite. Durant ces vingt ans, j'ai collecté des récits, observé et filmé des rituels, partagé des vécus. En vingt ans, la religion populaire des Mayas a beaucoup changé, mais ces changements n'empêchent pas les Mayas de rester vivants, avec leurs langues; leurs contes, leurs traditions métisses. Rappelons que les Mayas yucatèques sont les seuls autochtones d'Amérique à prendre le nom de "métis", xa'ak en maya yucatèque. Aujourd'hui saints, chamanes et pasteurs cohabitent dans une même société : les saints sont des fous de Dieu et des ancêtres vénérés ; les chamanes, h-men et x-men, ah k'in et espiristas, soignent les personnes et la terre ; les pasteurs ont des vécus mythiques et prêchent en maya et les paysans rêvent des prophètes de l'Ancien Testament. Aujourd'hui comme hier, les Mayas savent que la nuit est le temps de la création, et l'écriture de la nuit, ak'ab ts'ib - que les archéologues appellent écriture glyphique - nous raconte ces histoires.
Un des axes de la compréhension de la société moogha est la complémentarité entre deux groupes : les autochtones, et les gens venus d'ailleurs, les étrangers, fondateurs avec les autochtones, du moogho, "le Pays", "le Monde" tel qu'il existe aujourd'hui. C'est l'histoire de la province moogha du point de vue des autochtones qui est relatée dans cet ouvrage.
Les Mayas sont vivants : " Kouchane ". Ce livre est une présentation de la religion populaire de l'ethnie maya la plus nombreuse : les Yucatèques. Il propose également une synthèse sur la religion des Mayas de l'époque classique. Entre métamorphose et sacrifice les Mayas hésitent : l'homme doit-il devenir animal ou offrir son sang ? Cette hésitation est révélatrice du passage d'un ordre de la métamorphose axé sur la circulation à un ordre de l'échange basé sur la permutation. Au temps du renard hypocrite, après la conquête espagnole, comment tresser ensemble expériences intérieure et extérieure ...
Dans la culture yucatèque, l'os est vivant, soutient la chair, la nourrit, lui donne la vie ; c'est un os fertile. Le terme Bak, qui signifie entre autres "os" et "verser de l'eau" peut donc se traduire par "os fertile" et a donné son nom à la Mère cosmique, Ix Bak. Une maîtresse mort non pas terrifiante comme peut l'être la camarde occidentale mais aussi promesse de renouveau et d'avenir. Les Mayas de l'époque préhispanique - et quelques-uns encore de leurs contemporains - savent que philosopher, c'est apprendre à mourir. Pour eux, les morts ne sont pas morts, la mort n'est pas la mort. Mais avec la conquête espagnole, ils sont précipités brutalement dans un monde où la mort a été inventée. C'est ce choc entre ces deux "morts", c'est-à-dire deux conceptions très différentes de la mort, qui est raconté dans ce livre. Fruit de quarante ans de vivre ensemble de l'auteur avec ses amis yucatèques, cette étude croise trois approches : la description et l'analyse du traitement des morts - le nettoyage et l'exposition des os du défunt - dans la région Ouest de la Péninsule yucatèque, point de départ de son analyse ; une tentative, à travers l'étude de quelques concepts yucatèques, de cerner la philosophie yucatèque de la mort ; enfin, une étude de la mythologie de la mort, à partir d'un corpus extensif de récits, de vécus et de pratiques mythiques.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...