Sans oublier Baudrillard. 3e rencontres internationales de sociologie de l'art de Grenoble
Majastre Jean-Olivier ; Peuchlestrade Gisèle
LETTRE VOLEE
23,40 €
Epuisé
EAN :9782873170578
Bref, retouver une forme de séduction. Or c'est une exigence délicate que de ne pas succomber au charme nostalgique de l'objet perdu de la peinture et de garder cette ligne subtile qui tient moins de l'esthétique que du leurre, de la magie, et qui est héritière d'une tradition rituelle qui ne s'est jamais vraiment confondue avec celle de l'art. Il y a une dimension spécifique, qui est celle de l'art et de l'histoire de l'art. Et puis il y a une autre dimension qui passe à travers toutes les époques, témoignant non pas d'une transcendance de l'art et de l'esthétique, mais de l'immanence énigmatique des choses, de leur évidence incompréhensible, et de l'efficacité silencieuse du rien. Une dimension qui renoue, au-delà de l'illusion esthétique, avec une forme plus fondamentale (quelque chose comme une illusion anthropologique ?), avec la fonction générique qui est celle du monde et de son apparition, par où il nous apparaît bien avant d'avoir pris sens et force de sens, bien avant de devenir réel (le monde n'est réel que depuis peu, et sans doute de façon éphémère). Non pas l'illusion superstitieuse d'un autre monde, mais l'illusion objective, immanente, de ce monde-ci, l'illusion vitale des apparences, dont parlait Nietzche. L'illusion comme scène primitive et comme opération symbolique, bien antérieure et plus fondamentale que celle de la scène esthétique.
Nombre de pages
223
Date de parution
10/04/2003
Poids
250g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782873170578
Titre
SANS OUBLIER BAUDRILLARD
ISBN
2873170573
Auteur
Majastre Jean-Olivier ; Peuchlestrade Gisèle
Editeur
LETTRE VOLEE
Largeur
150
Poids
250
Date de parution
20030410
Nombre de pages
223,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Qu'y a-t-il de commun entre une hostie, un billet de banque et un tableau de Magritte ? Quelle intelligibilité naît du rapprochement entre un Grand Nu de Tom Wesselman et la formulation d'un fait divers ? Comment le signe et le corps se disputent-ils l'enchère de la valeur d'une boîte de soupe signée Campbell et d'une boîte de Soup Campbell signée Warhol ? Comment formes, fonctions et significations s'échangent-elles dans le mariage de l'art et de la locomotive ? Est-il sérieux de prendre le canular au sérieux ? Comment nous regardent les œuvres que nous regardons ? Durkheim nous permet-il de comprendre l'art contemporain, l'art contemporain nous permet-il de comprendre Durkheim ... A travers les quatorze articles qui composent ce livre, on trouvera une réflexion sur le pouvoir des images, sur le statut anthropologique de la représentation, entre corps et signe, à partir d'une position de recherche qui entend faire de l'art le partenaire épistémologique de la sociologie. Dans ce parcours au prétexte des œuvres, s'éprouve une démarche qui procède par rapprochements, analogies, glissements, associations, contaminations, et qui emprunte à son objet les formes d'une pensée mosaïque, agrégat, fragmentaire et instable, fidèle au monde des métamorphoses qu'elle entend décrire.
Ce livre est la réédition d'une recherche menée il y a vingt-cinq ans sous l'égide du ministère de la Culture, auprès de quinze garçons et quatorze filles de 18 à 25 ans de la région grenobloise en situation d'apprentissage, à partir d'entretiens en profondeur portant sur les modes de vie et les pratiques culturelles. L'hypothèse de départ s'inscrit dans une perspective d'analyse existentielle où l'on considère que la culture de chaque individu ne livre son sens qu'à être resituée dans son rapport au monde qui se définit en rapport aux autres, rapport au temps, rapport à l'espace, rapport à l'argent, rapport au corps. Rien ne se dévalue plus vite que la jeunesse, rien n'est plus exposé à l'innovation que les pratiques culturelles. On prend ici le pari que cette étude porte des leçons recevables aujourd'hui sur le sens des pratiques culturelles dans un contexte de précarité et d'incertitude. On considère trop souvent la culture comme l'apprentissage d'un certain nombre de pratiques légitimes quand elle est d'abord une manière d'être au monde, une façon d'inventer sa vie. Vingt-cinq ans après, les jeunes qui ont donné naissance à cette recherche sont devenus largement adultes. Certains ont atteint ou dépassé la cinquantaine, ont peut-être des enfants dans lesquels ils ne se reconnaissent pas. Sortis de l'anonymat par le hasard et la grâce d'une enquête sociologique, ils ont été porteurs d'une leçon qui les dépasse, et peut être aujourd'hui entendue. A partir d'un système de contraintes, il est possible pour chacun de tracer dans le territoire de la culture des formes d'expression et de réalisations personnelles qui définissent un espace de choix et de liberté.
Comment occupons-nous nos espaces de vie, comment occupons-nous notre temps, que faisons-nous de nos corps ? Liées par l'amitié, et un intérêt partagé pour les utopies féministes, Sally Bonn, Lise Lerichomme et Julia Ramirez-Blanco ont imaginé ensemble à partir de ces questions une exposition, un symposium, un workshop et cet ouvrage collectif. 'Le Foyer de la révolte' s'appuie sur l'imaginaire utopique et féministe lié à nos conditions de travail domestique, de vie "privée" et d'expérimentations sociales. Dans les années 1980, l'historienne de l'architecture Dolores Hayden avait réfléchi à certaines de ces questions dans son ouvrage novateur 'The Grand Domestic Revolution'. Reprenant cette impulsion et l'actualisant, les artistes, chercheur·euses et auteur·ices du 'Foyer de la révolte' inventent des pistes et des formes dessinant des présences possibles et des futurs désirables. Depuis les pensées radicales du XIXe siècle jusqu'aux interrogations contemporaines sur nos manières de vivre, des nourriceries du Familistère de Guise aux squats anarcho-féministes berlinois, des bidonvilles de Nanterre aux habitats collectifs des ZAD contemporaines, nous suivons une ligne sinueuse mais décisive parmi des manières d'être et de faire monde. Par touches successives, les modèles familiaux y sont recomposés, le rapport au travail éclaté, la pensée de l'espace ouverte. L'enjeu de cet ouvrage est de faire apparaître la création artistique dans sa dimension engagée et d'entretenir le feu de ces révoltes. Sous la direction de Sally Bonn, chercheuses en esthétique, Lise Lerichomme, chercheuses en arts plastiques, et Julia Ramirez-Blanco, chercheuses en histoire de l'art, avec les contributions d'Anne Creissels, Keren Detton, Marcelo Expósito, Anaïs Feyeux, Edith Gaillard, Jacopo Galimberti, Anne-Valérie Gasc, Noémie Goddard, Monique Hervo, Clovis Maillet & Louise Hervé, Alex Martinis Roe, Morgane Merteuil, Cynthia Montier, Daniela Ortiz, Frederic Panni, Juan Pro, Ghislaine Vappereau.
Ce livre porte sur la façon dont les artistes contemporains tentent d'ajuster leurs moyens de représentation à la situation migratoire actuelle. En analysant ces jeux d'échelle, cet essai vise aussi à appréhender les migrations contemporaines à travers le prisme de leurs représentations artistiques. C'est à éclairer cette dimension que s'attache cet essai, qui se penche en ce sens sur quelques-uns des motifs caractéristiques des imaginaires migratoires de ce début de XXIe siècle que sont le refuge, le mur et le bateau, tels que les artistes d'aujourd'hui tentent d'en restituer les différentes dimensions. En entretissant histoire de l'art et études migratoires, cet ouvrage constitue l'une des premières théories critiques publiées en français sur les relations entre arts et migrations contemporaines. Paul Bernard-Nouraud est historien, théoricien et critique d'art. Docteur en esthétique de l'EHESS, il est également diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Bordeaux, de l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne et de l'Université libre de Bruxelles. Il a également été postdoctorant au sein du Madrid Institute for Advanced Study de Madrid, en résidence à la Casa de Velázquez. Outre ses contributions universitaires dans différentes revues, il est notamment l'auteur d'"Une histoire de l'art d'après Auschwitz" en trois volumes parus à L'Atelier contemporain. Il intervient régulièrement pour le Palais de la Porte dorée en tant que référent scientifique pour la médiation.