APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE DE LA REPRESENTATION. Entre corps et signe
Majastre Jean-Olivier
L'HARMATTAN
24,00 €
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EAN :9782738483829
Qu'y a-t-il de commun entre une hostie, un billet de banque et un tableau de Magritte ? Quelle intelligibilité naît du rapprochement entre un Grand Nu de Tom Wesselman et la formulation d'un fait divers ? Comment le signe et le corps se disputent-ils l'enchère de la valeur d'une boîte de soupe signée Campbell et d'une boîte de Soup Campbell signée Warhol ? Comment formes, fonctions et significations s'échangent-elles dans le mariage de l'art et de la locomotive ? Est-il sérieux de prendre le canular au sérieux ? Comment nous regardent les œuvres que nous regardons ? Durkheim nous permet-il de comprendre l'art contemporain, l'art contemporain nous permet-il de comprendre Durkheim ... A travers les quatorze articles qui composent ce livre, on trouvera une réflexion sur le pouvoir des images, sur le statut anthropologique de la représentation, entre corps et signe, à partir d'une position de recherche qui entend faire de l'art le partenaire épistémologique de la sociologie. Dans ce parcours au prétexte des œuvres, s'éprouve une démarche qui procède par rapprochements, analogies, glissements, associations, contaminations, et qui emprunte à son objet les formes d'une pensée mosaïque, agrégat, fragmentaire et instable, fidèle au monde des métamorphoses qu'elle entend décrire.
Nombre de pages
253
Date de parution
03/05/2000
Poids
320g
Plus d'informations
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EAN
9782738483829
Titre
APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE DE LA REPRESENTATION. Entre corps et signe
ISBN
2738483828
Auteur
Majastre Jean-Olivier
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
320
Date de parution
20000503
Nombre de pages
253,00 €
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Ce livre est la réédition d'une recherche menée il y a vingt-cinq ans sous l'égide du ministère de la Culture, auprès de quinze garçons et quatorze filles de 18 à 25 ans de la région grenobloise en situation d'apprentissage, à partir d'entretiens en profondeur portant sur les modes de vie et les pratiques culturelles. L'hypothèse de départ s'inscrit dans une perspective d'analyse existentielle où l'on considère que la culture de chaque individu ne livre son sens qu'à être resituée dans son rapport au monde qui se définit en rapport aux autres, rapport au temps, rapport à l'espace, rapport à l'argent, rapport au corps. Rien ne se dévalue plus vite que la jeunesse, rien n'est plus exposé à l'innovation que les pratiques culturelles. On prend ici le pari que cette étude porte des leçons recevables aujourd'hui sur le sens des pratiques culturelles dans un contexte de précarité et d'incertitude. On considère trop souvent la culture comme l'apprentissage d'un certain nombre de pratiques légitimes quand elle est d'abord une manière d'être au monde, une façon d'inventer sa vie. Vingt-cinq ans après, les jeunes qui ont donné naissance à cette recherche sont devenus largement adultes. Certains ont atteint ou dépassé la cinquantaine, ont peut-être des enfants dans lesquels ils ne se reconnaissent pas. Sortis de l'anonymat par le hasard et la grâce d'une enquête sociologique, ils ont été porteurs d'une leçon qui les dépasse, et peut être aujourd'hui entendue. A partir d'un système de contraintes, il est possible pour chacun de tracer dans le territoire de la culture des formes d'expression et de réalisations personnelles qui définissent un espace de choix et de liberté.
Que cherche l'anthropologue ? Entre mille indices, il détecte les constantes, il guette l'écho des phénomènes qui traverse les époques et les pays, il met à jour dans les expressions singulières la part d'universel, il relie l'anecdotique au sacré, l'éphémère aux archétypes, il écoute le grand récit de l'espèce humaine non en une saga épique mais diffracté dans les paroles d'individus en quête d'eux-mêmes, en un mot, il est frère de tout homme. Jean-Olivier Majastre est de cette trempe, capable de nous révéler le dessous des cartes ou la face cachée du tableau. Parce qu'il travaille à l'échelle de l'espèce, l'anthropologue a l'humilité comme vertu principale et le temps comme outil. Il sait que ses avancées sont relatives, que le sable a toujours la propension de recouvrir les fouilles et qu'il en faudra d'autres, bien d'autres, pour poursuivre la route. Cheminements certes, mais appartenant à cette école d'humanité et d'infini respect du moindre détail. Plus que d'autres disciplines, parce que les récits sont autant sa matière première que les faits, l'anthropologie sait que la vérité et le mensonge sont cousins germains, et qu'entre les deux se glissent la réalité, la fiction, le vraisemblable et le crédible. Rien n'est vrai, rien n'est faux, tout doit être décrypté. Cette règle scientifique élémentaire est le sésame de Jean-Olivier Majastre. Sur ses pas, nous redécouvrons avec jubilation un monde fantastique et quotidien : le nôtre.