Xumet Antoni ; Bezares Miquel ; Pons Margarita ; V
ILLADOR
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EAN :9782953401028
Ce livre visite l'imaginaire majorquin avec ses jeunes poètes tous nés après 1960, à l'exception de Jaume Mesquida. Ils prononcent les mots de l'attachement qu'ils portent à leur île et nous rentrons alors dans ses entrailles les plus profondes, loin de la perception ou de la vision qu'en ont les touristes. L'île est d'une richesse immense : la mer, la montagne, le soleil, la mémoire éclairent ses habitants. Mais, en même temps, tant de beauté paralyse et fait ressentir aux hommes la déréliction de la vie. Les poèmes, loin de n'être que des bonheurs d'expression, plongent souvent au creux de l'angoisse, comme si la beauté de l'île faisait écho à la solitude de l'homme. C'est de ce mouvement même entre la terre magnifique et les complexités du coeur qu'ils surgissent. Les poètes majorquins s'expriment dans leur langue, le catalan ; ils sont traduits ici en français et en castillan de façon à les faire partager à deux régions voisines. Nous n'en présentons que quelques-uns, bien d'autres pourraient figurer tant l'île est riche d'un peuple qui sait ressentir.
Nombre de pages
165
Date de parution
15/07/2009
Poids
490g
Largeur
170mm
Plus d'informations
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EAN
9782953401028
Auteur
Xumet Antoni ; Bezares Miquel ; Pons Margarita ; V
Editeur
ILLADOR
Largeur
170
Date de parution
20090715
Nombre de pages
165,00 €
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La poésie est, peut-être, ce combat intérieur contre la norme, le donné à voir (périssable et sujet à oubli), quand la sensibilité profonde appelle aux connivences avec l'insaisissable, aux soifs de correspondances légendaires. Se faire vague, statue ou sapin, laisser jaillir, au fil des saisons, les incisions de formes et de sens, décrypter les signes : parce que notre regard n'est pas ce qui sort de nous, mais bien cette densité de vie qui entre en nous, pour inlassablement rejouer nos destins sur les pulsations du temps".
Tout leur fut arraché alors que l'avenir s'offrait à eux comme un beau fruit ouvert : la vie qu'ils portaient " tel un brin d'herbe entre les dents " ; l'espoir qu'ils partageaient aux champs avec leurs compagnons de labeur ; Majorque, leur terre chérie, battue de vents marins... Et comme si ce scandale n'avait pas suffi à apaiser les haines on a déposé sur leurs lèvres en guise de viatique pour le dernier voyage une " obole de silence " : tel fut le destin de ces victimes innocentes qui, du fond de leur sépulture désolée, tendent depuis des décennies leurs mains décharnées vers les vivants, implorant que leur martyre ne soit pas oublié ni leurs noms pour toujours effacés des mémoires. Il fallait un homme de justice et de coeur pour entendre cet appel ; il fallait un poète pour s'en faire l'écho. Jaume Mesquida a su être cet homme et ce poète : il a saisi au vol la rumeur sourde qui s'élevait des profondeurs et en a fait jaillir une voix, celle d'hommes simples, sauvagement réduits au " silence aride " de la mort, mais dont les noms sont désormais grâce à lui gravés sur les pierres des sentiers et dont le destin, par la parole transmise, peut enfin habiter le monde. Jaume Mesquida, enfant de Manacor, rend ici un magnifique hommage à sa terre puisqu'il fait d'elle le lieu apaisé de la réconciliation possible entre tous les hommes, morts et vivants, qui y demeurent.