La pierre je ne l'ai que trop travaillée quand mon âme, elle, est restée en friche ; or, Il n'est de pire perte que celle du temps ; Si près de la mort, et si loin de Dieu, Ni peindre ni sculpter ne peuvent plus m'apaiser. Du temps, d'ailleurs, me serait-il encore accordé, que je le passerais à reproduire mes erreurs. N'ai-je pas toujours été pierre qui roule sans amasser de mousse, regardez donc, mon Dieu, comme mes mains sont vides - mais peut-on prier les mains pleines, et doit-on avec Vous s'encombrer de gants ? D'avoir tellement sculpté, moi j'ai les mains trouées, assurément, mais qui pourrait mieux Vous toucher qu'un crucifié, mes statues sans doute n'étant que stations sur un chemin de croix ; certes je les envie, ceux qui se vouent à ?uvres plus obscures, et prennent sur eux la souffrance du monde, certes j'aurais rêvé de devenir un saint mais ce ne fut pas ma part, moi je fus mis à la traîne des anges, or si les saints sont faits pour servir, les anges ne savent que chanter - mes chants à moi, bien sûr, ne furent que de pierre, mais si l'un d'eux a jamais pu Vous plaire, mon Dieu, je n'aurai pas vécu complètement en vain. " Une vie de Michel-Ange, entre mythe et réalité, lyrisme et méditation, ponctuée par ses poésies, et telle que l'aurait racontée l'un de ses amants.
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Nombre de pages
217
Date de parution
02/09/2005
Poids
640g
Largeur
170mm
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EAN
9782874490026
Titre
Elégie à Michel-Ange
Auteur
Willems Sandrine ; Plissart Marie-Françoise
Editeur
IMPRESSIONS NOU
Largeur
170
Poids
640
Date de parution
20050902
Nombre de pages
217,00 €
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Maria Malibran fut une chanteuse du début du XIXe siècle, à la voix fabuleuse, qui s'illustra surtout dans les oeuvres de Rossini, Bellini et Donizetti. Elle connut un immense succès, au cours de ses nombreuses tournées, qui lui firent traverser le monde. Sa vie tumultueuse contribua aussi à sa légende, et celle-ci s'éleva au mythe lorsque la jeune femme mourut, à vingt-huit ans, d'une chute de cheval. Elle attendait alors un enfant. C'est à lui qu'elle s'adresse ici: "Je n'aimais plus chanter. Peut-être même n'ai-je jamais aimé. Tout au plus écouter la voix des autres. Et encore. Je sentais trop l'effort, derrière la beauté. Et la souffrance. Pour le pêché originel, on dit que Dieu a condamné la femme à accoucher dans la douleur. Mais il l'a aussi condamnée à chanter. Sa joie, ainsi, ne serait jamais sans souffrance. La musique pure, ça c'est la part des anges."
Résumé : " Devant ce petit corps presqu'encore chaud, et frémissant, j'eus l'impression d'avoir tué, une seconde fois, le lapin de mes six ans. Il fallait maintenant tenter de me racheter. Le reste de ma vie, je le consacrerais à peindre des lapins. Des lapins morts, Monsieur le métaphysicien, à qui votre métaphysique retire jusqu'à l'âme, pour ne leur laisser qu'une charogne. Or les peintres animaliers veulent bien représenter des lièvres, mais s'ils gambadent, s'ils remplissent les coins de verdure dont on ne sait que faire, et répandent à la Cour un parfum de nature. Mais les autres, les morts, qu'on les mange, et qu'on n'en parle plus. A moins qu'on ne les présente sur un plateau d'argent, des airelles sur la tête et du persil dans les oreilles, comme s'ils frétillaient du plaisir d'être, là, et d'exciter l'appétit de ces mangeurs étranges, qui se nourrissent de tableaux. "
Il put donc reprendre sa monture, Matteo, et le chemin de sa Camargue, puis se remettre à surveiller ses taureaux et ses chevaux - comme là-haut, dans le Luberon, son ami, fût-ce en rêve, épiait cette femme, qui épiait un homme, qui épiait des cerfs - sous le regard du Seigneur, et plus haut encore du Mourre Nègre, qui les embrassait tous."Autant de solitudes que d'êtres", songeait Mahieu, suivant des yeux son ami qui s'éloignait, chacun retournant à son silence."Mais par-delà, comme sur des vignes, Dieu ne veille-t-Il sur nous?"Car avec le Ciel, du moins, il tentait d'être en paix, le vigneron, laissant son Maître, en son Fort de Morias, à ses impiétés, le braconnier à ses angoisses, et Mauve à son adoration. Et comme celle-ci, à se brûler les yeux, contemplait le soleil levant, il alla regarder, afin d'y voir plus clair, entre son rosier, ses arbres et sa chèvre, l'astre qui se couchait."
Tenter de dire l'émotion érotique, ses crues et ses tarissements, c'est tenter de dire l'indicible. Or cet indicible-là, pour moi, se lie inextricablement à deux autres champs où les mots manquent: la mystique et la musique. Dans la première, une extase et une transformation des sens voisines de l'expérience érotique; dans la seconde, une fluidité et un accord des rythmes si proches de l'harmonie des corps. Aussi ai-je essayé ici de pousser à bout de tels parallèles, en incarnant les métaphores pour que le verbe se fasse chair. En disciple de Sade, la narratrice découvre que rien n'a sur elle tant d'effet que les mots. Passant d'un homme à une femme avant de revenir au premier, elle traverse une initiation à un Kama Sutra verlainien, qui en appelle à "de la musique avant toute chose", sans rien en elle "qui pèse ou qui pose". Par-là se rejoint l'esthétique des musiciens baroques, où la nuance a plus de puissance que la force, et où l'ornement devient l'essentiel. Un livre, donc, visant à transcrire une cantate de Bach en caresses.
Qui était " René avant Magritte " ? Une énigme, que personne, jusqu'ici, n'avait cherché à éclaircir. C'est ce qu'a voulu découvrir Jacques Roisin, au cours de l'investigation qu'il a menée pendant treize années (de 1985 à 1998), en rencontrant les témoins encore vivants de la jeunesse du peintre et en fréquentant les lieux de ses vingt-huit premières années. Le compte-rendu de ce travail colossal de recherche a été rédigé sur le ton d'une enquête policière. Le récit nous fait revivre, dans le cadre du " Pays noir " de Charleroi puis à Bruxelles, ses frasques cruelles avec ses frères, sa fascination pour les images, ses lectures et ses séances de cinéma muet, les circonstances du suicide de sa mère - tout ce passé dont le peintre refusera toujours de parler - et, enfin, sa rencontre avec un peintre dans un cimetière et le choc de la découverte du Chant d'amour de Giorgio de Chirico. Tout au long de ce livre, vivant comme un reportage, passionnant comme un roman, apparaît en filigrane l'esprit subversif d'un " Ceci n'est pas une pipe ", véritable manifeste surréaliste, en germe dans l'enfance et la jeunesse turbulentes de René Magritte. Les innombrables témoignages de première main, recueillis auprès de ceux qui ont bien connu le jeune René, étayent l'enquête de terrain et permettent d'éclairer d'un jour totalement nouveau une oeuvre qui ne cesse de nous interpeller. De nombreux documents iconographiques, eux-mêmes inédits, concernant René, sa famille, son quartier, les lieux et les gens qu'il a fréquentés, enrichissent l'intérêt de la lecture. Le portrait de René minutieusement recomposé par Jacques Roisin nous apparaît comme la face cachée du peintre Magritte.
Un béret peut changer une vie. Devenu conscrit (à l'époque du roman, il y en avait encore), notre jeune héros se retrouve plongé de but en blanc dans un ennui kaki, qui lui laisse quand même la possibilité de vaquer à ses pensées les plus noirâtres. Car celles-ci s'entortillent autour des idées de la mort (laquelle fera bientôt irruption dans sa jeune vie), de la guerre (en revêtant un béret, il songe inévitablement à la guerre de son père), de l'amour (l'inaccessible Hanska), de l'immigration (son mineur de père arrivé en Belgique juste après la guerre), des eaux troubles du passé (l'Italie fasciste)... Mais le héros emporte avec soi aussi de quoi lire : un Jules Verne et un vieux carnet ayant appartenu à son père. L'un et l'autre vont l'aider à voir plus clair dans ces eaux où il risque de se perdre. Pour percer la houle, ces deux véhicules donc : les Vingt mille lieues, mais aussi ce vieux carnet aux pages toutes noircies d'une écriture gribouillée, serrée, presque illisible : celle de son père ?