Sur les relations complexes et riches entre Occident et Orient, l'Historia orientalis fournit un témoignage de premier ordre. Composée entre 1216 et 1227 par Jacques de Vitry, alors évêque d'Acre, elle déploie une riche documentation sur l'histoire de Jérusalem et des Lieux saints jusqu'en 1215 et présente le regard privilégié d'une grande personnalité latine, à la fois homme d'Eglise, de lettres et d'action, sur les trois premières croisades, les établissements latins en Terre sainte, la fondation de l'islam, l'histoire des divers peuples et communautés religieuses d'Orient, la faune et les particularités naturelles des régions environnantes. A mi-chemin entre l'histoire et le récit de voyage, l'ouvrage est tiraillé entre la formation augustinienne de son auteur et la découverte de mondes nouveaux, irréductibles aux schémas anciens. Dans le prolongement des Lettres, publiées dans la même collection, l'Historia orientalis de Jacques de Vitry attire l'attention par son ton pessimiste et désabusé : comme si le désordre des événements et la déception devant les revers obligeaient l'auteur à s'interroger sur le sens de l'histoire. La présente édition s'appuie, à travers l'editio princeps de 1597, sur un manuscrit presque contemporain de l'auteur, confronté à dix des cent-vingt-quatre témoins conservés de cette oeuvre à l'immense succès, mais devenue presque inaccessible.
Date de parution
23/10/2008
Poids
750g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782503525211
Titre
Histoire orientale
Auteur
Vitry Jacques de
Editeur
BREPOLS PUBLISH
Largeur
140
Poids
750
Date de parution
20081023
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-10 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Cette série de lettres, écrites de Terre Sainte au temps de la Cinquième Croisade par Jacques de Vitry entre 1216 et 1221, livre un témoignage direct sur ce qu'a pu être la vie de la cohue des Croisés. Le regard incisif et le sens critique éveillé de Jacques de Vitry, et sa verve, transforment cette correspondance en une sorte de reportage captivant. Avec l'Historia orientalis du même auteur elle offre ainsi des documents priviligiés aux historiens des Croisades. La curiosité d'esprit de Jacques lui fait aussi accueillir, dans une lettre, plusieurs documents (cartae) d'origine musulmane, sur la figure mythique du "Prêtre Jean". Le texte, établi par R.B.C. Huygens, permet de constater à quel point la langue de l'évêque de Saint-Jean d'Acre est riche d'un vocabulaire coloré.
Elle avait découvert la saveur de l'esprit. Et cela la dégoûta à jamais de tous les plaisirs du corps. Un jour, elle se rappela qu'à la suite d'une maladie très grave, elle avait dû absorber de la viande et un peu de vin doux. Ce souvenir la plongea dans la consternation, elle en perdit le repos, et ne put le retrouver qu'en mettant sa chair à la torture. Elle trouva alors un moyen assez extraordinaire de contrebalancer toutes les jouissances passées ! Ivre de ferveur, envahie par la douceur de l'Agneau pascal, elle prit son corps en horreur; et alors que rien ne l'y obligeait, elle s'empara d'un couteau et se mutila en plusieurs endroits, très profondément. Puis elle eut honte et enterra les parties amputées. Le feu dévorant de l'amour qui l'incendiait l'emporta sur la douleur physique et c'est alors qu'elle vit, dans ce ravissement d'extase, un des séraphins se tenant tout droit à ses côtés. Après son décès, les femmes qui procédèrent à la toilette mortuaire furent saisies à la vue de ces blessures; seuls les prêtres qui l'avaient entendue en confession comprirent de quoi il retournait.
L'Histoire occidentale de Jacques de Vitry offre un tableau de l'Occident - limité en fait à la France -dans la première moitié du XIIIe siècle. Tableau brossé par un prédicateur de renom, il porte à chaque page la marque de son auteur. Regard sans nulle complaisance d'un homme d'Eglise aussi exigeant pour autrui que pour lui-même. Non content d'évoquer les aspects contrastés d'un Paris qu'il voit parfois livré à la débauche, il nous renseigne sur la vie des étudiants dans un passage célèbre. Ailleurs, Jacques de Viry s'intéresse aux ordres religieux, à leur vie foisonnante en ce début du XIIIe siècle. Sa prédilection va aux ordres nouveaux, qu'il s'agisse de celui de Robert d'Arbrissel et de Fontevraud, celui d'Estienne de Muret et de ses frères de Grandmont, ou encore de François d'Assise, qu'il a peut-être rencontré, sans oublier enfin l'ordre militaire espagnol de Calatrava, qui nous rappelle que Jacques de Vitry a prêché deux croisades, celle des Albigeois et la cinquième. Chanoine de Saint-Augustin lui-même, il ne s'en est pas moins intéressé aux formes de vie canoniale. Prêtre, Jacques de Vitry est aussi théologien : toute une partie de ce " tableau " (ou historia) est de caractère théologique et doctrinal. A l'occasion, il s'inspire dans cette partie de son livre des techniques de la disputatio, avec un jeu de questions et de réponses. Cet aspect, considéré comme négligeable aux yeux de Guizot, au XIXe siècle, apporte aujourd'hui un éclairage singulier sur la culture et les sources d'un membre éminent du clergé au siècle de Saint Louis.
Témoignage des contacts de culture dans l'Espagne d'Alphonse le Savant, le Picatrix se présente comme une traduction d'un original arabe (le Ghâyat Al-Hakîm), auquel le ou les traducteurs ont beaucoup retranché ou ajouté. L'ouvrage expose les connaissances de toute nature indispensables à qui veut agir sur le monde et les hommes : fabrication des talismans, exploitation de tous les règnes - minéral, animal et végétal -, prières aux planètes, données astrologiques, physiques et philosophiques. La pratique magique s'inscrit ainsi dans un cadre philosophico-religieux très particulier où l'hermétisme et le néoplatonisme sont associés à l'orthodoxie religieuse. Le Picatrix illustre parfaitement l'idée selon laquelle la magie n'est pas seulement un reflet de la science, mais se présente aussi comme un système complet, une méthode de pensée, de croyance et de savoir. Il a exercé une profonde et durable influence au Moyen Age et à la Renaissance.
Pourquoi le christianisme devint-il si important pour les communautés noires des Amériques ? la même religion que celle des asservisseurs de leurs ancêtres ... Les récits traditionnels réduisent la christianisation des Afro-Américains à un simple produit du colonialisme et de l'esclavage. Jeroen Dewulf propose une relecture novatrice en mettant en lumière les interactions transculturelles transatlantiques par lesquelles les Africains s'approprièrent le christianisme et l'intégrèrent au tissu socioculturel des Amériques.Dewulf montre comment, dans le cadre de l'expansion ultramarine portugaise, le christianisme s'entremêla aux croyances et pratiques locales de l'Afrique occidentale. Il révèle que des Africains originaires de ces régions s'identifièrent comme chrétiens bien avant leur déportation et qu'ils cultivèrent le christianisme de manière dynamique en Amérique latine, aux Caraïbes et en Amérique du Nord. L'auteur souligne la vitalité des confréries catholiques, et en montrant comment ces structures de solidarité jetèrent les bases du développement religieux, social et politique des communautés chrétiennes noires des Amériques, il en établit la portée fondatrice et durable.En mobilisant un large éventail de sources historiques et anthropologiques, Dewulf attire l'attention sur la créativité et la résilience des Afro-Américains, fiers à la fois de leur identité chrétienne et de leurs origines africaines.
A la fin du dix-huitième siècle, l'énigmatique Ba'al-Shem-Tov, mystique et thaumaturge, illumina de son charisme les communautés juives de Pologne et suscita le mouvement des Hassidim (les "pieux"). Malgré l'opposition de certains rabbins, le hassidisme gagna les coeurs des foules ashkénazes par sa piété chaleureuse et le rayonnement de ses maîtres spirituels, les rebbés, qui ont parfois formé de véritables dynasties. Décimés par le génocide hitlérien, les Hassidim perpétuent aujourd'hui à Jérusalem, New-York ou Anvers leur amour inconditionnel du judaïsme et bien des traditions des Juifs d'Europe centrale. Formé à Louvain-la-Neuve et Jérusalem, Edouard Robberechts s'est pris de passion pour cette branche souvent mal connue du judaïsme. Son livre aborde de manière nuancée toutes les facettes de l'univers hassidique, son histoire tragique, ses accents doctrinaux et la valeur mystique qu'il confère aux moindres instants et détails de l'existence de ses adeptes. Une anthologie de quelque cinquante textes permet d'entendre la voix de tous les grands rebbés hassidiques, qui furent de merveilleux exégètes, conteurs et poètes.