Je me souviens fort bien, ce fut Athanase Jauffray qui, le premier, parla de régions. "Nous sommes engoncés dans nos vieux réflexes jacobins !", s'exclama-t-il un soir, après quelques bières au kiwi sirotées au K-Barré, un bar associatif du XIIIe arrondissement, sur la Butte-aux-cailles, où nous nous retrouvions en sortant de l'université. "Nous avons devant nous une situation inédite. Le choix radical ne peut plus être jacobin. Regardez bien : la politique, maintenant, ça ne peut plus se faire ici, du côté du gouvernement, de l'Assemblée. Ça, on s'en rend bien compte. Et de l'autre côté, les portes des usines nous sont fermées. Tant pis pour le syndicalisme à l'ancienne, alors ! Laissons tomber les usines, les partis. Les bouquins, même. S'il faut s'établir, c'est évident, c'est en région ! Tout est région, maintenant ; dans dix ans, il n'y aura plus que des régions. On n'a plus le choix : la gauche sera girondine ou ne sera pas". Un jeune militant de gauche, défenseur de toutes les causes contemporaines, voit ses certitudes s'effondrer lorsque l'une de ses amies socialistes se suicide. C'est le soir des législatives, et la vague rose vient de balayer la France. Commence alors pour lui un périple burlesque qui le mènera de Lyon à Châlons, puis de Châlons à Metz, où il ne cessera de recroiser ses anciens condisciples autant de fantômes de lui-même. Mais arrivera-t-il jusqu'en Alsace, la dernière région française de droite ?
Nombre de pages
85
Date de parution
14/05/2014
Poids
62g
Largeur
105mm
Plus d'informations
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EAN
9782709644006
Titre
La conquête de l'Alsace
Auteur
Vitry Alexandre de
Editeur
LATTES
Largeur
105
Poids
62
Date de parution
20140514
Nombre de pages
85,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Mars 2010, Fabrice Luchini lit Philippe Muray. Ou comment passer du statut d'artiste confidentiel à celui d'écrivain en vogue qu'on cite dans les dîners parisiens. Mais le Philippe Muray qu'on décrit comme un pamphlétaire ne donne qu'une image grossièrement simplifiée de cet écrivain: au-delà des "billets d'humeur" les plus connus, il a en effet légué une oeuvre complexe, marquée par sa vision grinçante - mais libératrice - de l'individu et de la société. En s'appuyant sur le grand-oeuvre de Philippe Muray, Le XIXe siècle à travers les âges, cette véritable petite encyclopédie plonge le lecteur dans les coulisses de son écriture, pour découvrir comment il invente une nouvelle manière de dépeindre l'homme moderne - et comment l'écrivain Muray s'invente à travers la lecture de ses prédécesseurs. Entre rire et désillusion, comique et tragique, c'est un personnage riche d'infinies contradictions dont on découvre ici le portrait.Philippe Muray, né en 1945, est mort en 2006.
La droite française a bien changé. Depuis la Manif pour tous, la jeunesse conservatrice fait sa révolution : elle a l'individualisme et le libéralisme en horreur, affiche un catholicisme militant et n'est plus dégoûtée par le Rassemblement national, qui pour la première fois sait qu'il peut compter sur le soutien d'une part massive des jeunes de ce pays. Qu'est devenue la fringante droite littéraire qui sévissait il y a quinze ans ? Muray et Dantec sont morts, Houellebecq est maintenant consensuel, Nabe n'est plus audible... Le panthéon intellectuel de la jeunesse conservatrice d'aujourd'hui, bercée aux éditos de Zemmour et aux livres de Michéa, est d'un tout autre genre. Une droite "décomplexée" qui ne croit plus à la littérature est-elle toujours de droite ? Deux visions du monde s'opposent : l'une est idéologique, l'autre artistique. L'une joue sans fard le jeu de la politique, l'autre cherche à lui échapper. Reste à savoir laquelle des deux l'emportera.
Les combats de Péguy semblent bien contradictoires au lecteur d'aujourd'hui, comme ils le parurent souvent à ses contemporains : dreyfusard et socialiste anarchisant, il devint un patriote virulent puis un singulier chrétien des "profondeurs", confondant en sa personne des univers a priori fort incompatibles. Plutôt que d'opposer entre elles ces différentes appartenances, ou de croire trop vite que leur articulation ne pose aucun problème, il est bien plus fructueux de remarquer que c'est une même contradiction qui traverse de part en part toute son oeuvre, entre l'individu et la cité, entre la solitude et l'engagement, entre le repli "mystique" et l'élan "politique", termes qu'il manie d'une manière toute singulière, souvent réversible, et qui font tout le sel et l'actualité de cette oeuvre inclassable. A la tête de ses Cahiers de la quinzaine, Péguy aimait à se rêver en "conspirateur" : ses textes, ses amitiés, ses confidences, lui permirent de "fomenter" dans un demi-jour la cité idéale à venir, sans jamais renoncer à une forme d'irrépressible individualisme. C'est cela qu'il appelait la "mystique" : dévoiler et cacher, dans un même geste, le secret individuel de toute politique, saper la cité en même temps qu'on cherche à la fonder. La politique de Péguy, si impérieuse, est aussi une antipolitique ; du XXe siècle, il aura porté à la fois le mal et le remède.
La notion de fraternité est familière aux Français puisqu'elle figure dans la devise républicaine, au fronton de tous les édifices publics. Malgré tout, on ne sait pas grand-chose sur ses sources, ses développements, l'évolution de ses usages, à la différence de la liberté et de l'égalité, ses compagnes. C'est cette lacune que l'ouvrage se propose de combler en retraçant l'histoire de la métaphore fraternelle dans la culture française depuis la Révolution. Un parcours à la fois historique et littéraire, des socialistes utopiques à Romain Gary, en passant par Baudelaire (auquel il emprunte son titre), Hugo, Péguy et quelques autres. Il sera possible, grâce à cette somme, de plaider sur des bases solides, faisant une place aux ambiguïtés et aux contradictions, une cause qui est au coeur des sensibilités actuelles.
Florence, de nos jours. La perle de la Toscane est en émoi : d'abri romantico-érotique, la nuit est devenu un piège fatal pour les amoureux traqués par un monstrueux criminel qui tient davantage du prédateur sauvage que de l'être humain. Quatre couples ont déjà été assassinés selon un mode opératoire atroce et qui semble rituel. Entre autres horreurs, les malheureux sont méthodiquement torturés, violés et amputés de parties de leurs corps qui servent ensuite de repas au tueur. Et ce tueur raconte ce qu'il considère comme son art, jusqu'à ce qu'on lui attribue un cinquième assassinat correspondant en tous points aux quatre premiers. C'est agaçant. Le monstre se questionne. A-t-il un disciple ? Un plagiaire ? Un concurrent ? Le duel a déjà débuté... Cette variation sur le thème du tueur et son double a été inspirée à l'auteur par la terrible affaire ? bien réelle celle-là ? du monstre de Florence, un des seuls serial killers européens. Directeur du journal florentin La Nazione, Umberto Cecchi a été marqué par les conséquences épouvantables de ce fait divers pour quelques-uns de ses concitoyens accusés ou emprisonnés à tort, suicidés ou brisés à jamais par ces crimes à répétition dont beaucoup s'accusèrent. Même si l'on ne sait trop distinguer le réel de la fiction, la préface du livre, à ce titre, est proprement hallucinante. Le récit est très bien mené, au travers de personnages complexes (enquêteur obstiné et avocat pervers, entre autres) et de thèmes troublants comme celui du manque d'amour qui, en atteignant son paroxysme, mènerait tout droit au crime et à la cruauté. Un récit extrêmement subtil et déstabilisant, très original dans l'univers éculé des histoires de crimes en série. --Bruno Ménard
À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l?intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d?une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.La commode aux tiroirs de couleurs signe l?entrée en littérature d?Olivia Ruiz, conteuse hors pair, qui entremêle tragédies familiales et tourments de l?Histoire pour nous offrir une fresque romanesque flamboyante sur l?exil.« Un magnifique roman sur l?exil. Un petit bijou. » Le Parisien« Une fresque familiale vibrante. » Version Femina« Un texte délicat, poétique et poignant. » RTL« Racé comme du Almodóvar. Un coup d?éclat et un coup de maître. Une écrivaine démente. » Le Point« Par la grâce d'un livre, les racines refleurissent. » Courrier de l'Ouest« Cette épopée ne s'oublie pas. » Le Figaro« Le partage est la morale de ce récit ardent. » Le Monde des livres« Un émouvant premier roman autour d?une lignée de femmes frondeuses, marquées par le déracinement. » Elle« Un superbe premier roman. » Europe 1« Une réussite. » Causette Notes Biographiques : Olivia Ruiz est auteure, compositrice et interprète. D?origine espagnole, elle a grandi à Marseillette. Trois de ses grands-parents ont fui la guerre civile mais n?en ont jamais parlé. De ce silence est né son premier roman, La commode aux tiroirs de couleurs.
1803, Caroline du Sud. Fille d'une riche famille de Charleston, Sarah Grimké aspire dès le plus jeune âge à accomplir de grandes choses. Lorsque, pour ses onze ans, sa mère lui offre la petite Handful comme esclave personnelle, Sarah se dresse contre ce système inhumain. Entre les fillettes naît alors une véritable amitié, qui grandit au fil des années. Guidée par ses idéaux mais surtout par son affection pour Handful, Sarah n'abandonnera jamais l'espoir d'affranchir son amie. Superbe ode à la liberté et au courage, L'Invention des ailes dépeint les destins entrecroisés de deux personnages inoubliables, à la force de caractère incroyable, unis par le même profond désir d'indépendance.