La tentative de coup d'Etat militaire du 15 juillet 2016, suivie d'un "coup d'Etat civil" orchestré par le gouvernement afin d'écarter toute opposition potentielle, a largement fini d'enterrer toute perspective d'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne (au moins à moyen terme). En décembre 2015, l'accord entre l'UE et la Turquie sur le dossier des réfugiés syriens et la crise migratoire avaient mené à l'ouverture d'un 15e des 35 chapitres de négociations. Certains s'étaient alors émus de la relance du processus d'adhésion à un moment où l'autoritarisme du président R.T. Erdogan apparaissait chaque jour un peu plus important. Pour autant, l'ouverture de ce nouveau chapitre de négociation ne signifiait en aucun cas l'avancement de la Turquie dans le processus d'intégration européenne. L'objectif de cet ouvrage, fruit d'une recherche collective, est de réfléchir aux effets du processus d'élargissement initié par l'UE vers la Turquie au-delà de la question de l'adhésion ou même de l'alignement normatif que celle-ci requière. Plus qu'un objectif à atteindre, nous considérerons le processus d'adhésion comme un cadre d'interaction entre la Turquie et l'UE. Nous avons souhaité analyser les changements qu'il contribue à induire dans l'action publique turque au-delà des exigences requises par l'UE. En nous détachant de la finalité présumée du processus, nous avons cherché à réarticuler les enjeux auxquels celui-ci donne lieu à une historicité propre à la Turquie. Quatre études de cas ont été menées sur les migrations, les politiques territoriales, les privatisations et les droits syndicaux. Bien qu'il n'ait pas produit la démocratisation escomptée, le processus initié par l'élargissement de l'UE à la Turquie n'est pas resté sans effet. Il a d'une part joué un rôle dans l'approfondissement de l'intégration de la Turquie à l'économie mondiale et dans le développement de l'interdépendance entre la Turquie et l'UE. Il a d'autre part favorisé une extension du périmètre et du pouvoir d'action de l'Etat turc, sans que celle-ci ne soit accompagnée d'une transformation en profondeur des modalités de gouvernement. Ces effets mettent au jour les ambivalences turques, mais également européennes.
Nombre de pages
278
Date de parution
01/02/2018
Poids
484g
Largeur
163mm
Plus d'informations
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EAN
9782753565340
Titre
La Turquie d'Erdogan. Avec ou sans l'Europe ?
Auteur
Visier Claire
Editeur
PU RENNES
Largeur
163
Poids
484
Date de parution
20180201
Nombre de pages
278,00 €
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La coopération, en tant que noyau dur de la politique étrangère française, a longtemps été considérée comme un des piliers de la souveraineté de l'Etat. Elle était, de ce fait, réservée aux plus hautes autorités étatiques. Les années 90 ont considérablement changé la donne. Depuis plus d'une décennie maintenant, les niveaux de coopération se multiplient. Des acteurs non gouvernementaux, associatifs ou décentralisés, tentent de déployer leur propre coopération, qu'ils qualifient de "transnationale". L'Union européenne, quant à elle, cherche à établir une coopération multilatérale, de région à région et insiste, entre autres, sur les bien-faits de la "société civile". Les "acteurs autonomes" rompent ainsi le monopole étatique et remettent en cause la conception classique de la coopération. Par ailleurs, la "Méditerranée" émerge de plus en plus comme un nouvel espace de coopération. La notion devient, du moins dans la rhétorique, une référence majeure des relations entre les acteurs européens et ceux des pays du Sud et de l'Est de la Méditerranée. Elle brouille alors les repères anciens, avant tout construits sur les relations bilatérales établies entre la France et chaque pays. Les relations culturelles franco-maghrébines constituent un parfait observatoire des nouvelles dynamiques de l'action publique qui se mettent en place dans la coopération depuis les années 90.
Fléau de l'humanité, les maladies infectieuses ne constituent pas seulement une réalité d'ordre biologique. Elles sont ici appréhendées dans des aspects sociaux, historiques, anthropologiques, économiques, linguistiques et organisationnels. Cet ouvrage est issu d'une collaboration interdisciplinaire initiée depuis plusieurs années au sein du laboratoire de sciences humaines et sociales de la faculté de médecine de Montpellier.
Pour lutter contre l'injustice à l'école, le meilleur moyen est de veiller à la mixité sociale des élèves dans chaque établissement. Faire respecter la carte scolaire s'inscrirait dans cette perspective de justice. C'est faire beaucoup d'honneur à une carte qui découpe le territoire urbain en entérinant les séparations sociales plus qu'en les contrariant. Et vouer un peu vite au déshonneur les familles qui cherchent à "contourner" cette carte. L'enquête conduite par les auteurs souligne le caractère paradoxal de ces jugements péremptoires sur lesquels s'édifie notre bonne conscience républicaine et appelle à une politique plus conforme à l'exigence de justice scolaire. Biographie de l'auteur Laurent Visier est maître de conférences à l'université de Montpellier 1 et chercheur au CADIS-EHESS Paris. Geneviève Zoïa, anthropologue, est maître de conférences à l'université de Montpellier 2 et chercheur au Lirdef, IUFM, Montpellier.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
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