L'"Action" de Maurice Blondel, 1893. Relecture pour un centenaire
Virgoulay René
BEAUCHESNE
24,99 €
Epuisé
EAN :9782701012667
La thèse de Maurice Blondel, L'Action, a cent ans et elle reste plus célèbre que véritablement connue. On propose ici, non un commentaire intégral ou une interprétation nouvelle, mais une relecture qui invite à revenir au texte même, sans devoir oublier cependant l'histoire de la pensée depuis un siècle. Cette relecture s'arrête sur quelques points particulièrement décisifs du parcours blondélien : la méthode, la dialectique de la volonté, la phénoménologie ontologique, la question de l'Unique nécessaire et du surnaturel. Elle voudrait, selon la situation du lecteur, soit fournir une clef initiatrice, soit favoriser une récapitulation synthétique, tout en soulignant l'originalité d'une pensée qui reste actuelle par son exigence de radicalité. René VIRGOULAY a consacré plusieurs études à la pensée blondélienne. Il est professeur de philosophie et de théologie fondamentale à l'Université catholique de Lyon et président de l'Association des Amis de Maurice Blondel.
Nombre de pages
148
Date de parution
01/09/1992
Poids
202g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782701012667
Titre
L'"Action" de Maurice Blondel, 1893. Relecture pour un centenaire
Auteur
Virgoulay René
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
135
Poids
202
Date de parution
19920901
Nombre de pages
148,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Biographie de l'auteur Cet ouvrage est le résultat de la collaboration de l'Association des Amis de Maurice Blondel et de la Faculté de philosophie de l'Université catholique de Lyon. Il s'agit d'un véritable travail collectif orchestré par le P. René Virgoulay, professeur honoraire de l'Université catholique de Lyon et Président de l'Association des Amis de Maurice Blondel.
Philosophie et théologie chez Maurice Blondel étudie les relations complexes qu'entretiennent la philosophie et la théologie dans l??uvre de Maurice Blondel. Pour celui-ci, il s'agit de passer d'une foi vécue à une réflexion philosophique autonome qui refuse tout préjugé. L'inspiration théologique transparaît dans de nombreux thèmes qui font l'objet d'une transposition proprement philosophique. Si philosophie et théologie interfèrent par une partie de leur contenu, elles se distinguent par leur méthode. Distinction toujours maintenue, alors même que la conception blondélienne de la philosophie évolue à partir d'une phénoménologie vers un réalisme intégral. Philosophiquement cohérente à partir de sources dont elle n'intègre pas d'élément sans vérification critique, la pensée blondélienne a déployé une remarquable fécondité théologique dans des questions telles que la foi, le surnaturel, le rapport de l'histoire et du dogme, la mystique. Elle a divisé les théologiens de son temps. D'abord suspectée de modernisme, elle n'en a pas moins exercé une profonde influence, contribuant à ouvrir le catholicisme à la pensée contemporaine. Il lui reste à être mieux reconnue pour sa valeur philosophique. Ce livre voudrait y contribuer pour sa part en montrant que d'étroites relations avec la théologie, loin de dénaturer la philosophie, élargissent son champ et confortent sa consistance rationnelle.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.