Th n91 - soumission theme et variations aux temps apostoliques - la fonction d'une preposition
Villey Lucile
BEAUCHESNE
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EAN :9782701012568
La soumission chrétienne, traduite par l'emploi de la préposition ou du préfixe hypo, est étudiée, en une première partie de l'ouvrage, comme un motif de l'Eglise apostolique. Tour à tour, les "tables domestiques" judéo-chrétiennes, la lettre de Clément de Rome et celles d'Ignace d'Antioche servent à illustrer le motif. L'auteur dévoile les structures mentales et religieuses d'une société formée selon le rapport "dessus-dessous" , selon lequel s'ordonnent aussi bien la conception du cosmos, l'éthique communautaire, la soif personnelle d'un Dieu qui sauve. Une seconde partie est dédiée à l'usage christologique d'hypo. Le Fils de Dieu "a consenti" à sa propre incarnation, il "a supporté" de souffrir sa Passion. Si de telles expressions verbales sont absentes du Nouveau Testament et des symboles de foi, elles n'en ont pas moins prospéré dans la littérature chrétienne, du Pseudo-Barnabé jusqu'à Irénée de Lyon. C'est Justin qui popularisa les énoncés du type "il a supporté d'être engendré" , "il a accepté d'être crucifié" . La troisième partie, entièrement consacrée à Justin, souligne comment la confession de tout ce que le Christ crucifié a supporté conduit les chrétiens à reprendre le propre itinéraire de ce Christ. Cette recherche allie l'enquête philologique et les requêtes de la théologie, la grammaire et la spiritualité, comme aux temps les plus classiques. Par l'importance des traditions explorées, la diversité des méthodes appliquées, la maîtrise des langues anciennes et modernes, l'effort longuement soutenu de L. Villey aboutit à un fruit durable. Elle a su y ajouter la grâce d'une sensibilité et d'un style féminins, qui donnent plus de vivacité et d'agrément à son texte. Lucile VILLEY est médecin, théologienne, professeur de théologie à l'Institut Catholique de Paris.
Nombre de pages
530
Date de parution
01/04/1992
Poids
650g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782701012568
Titre
Th n91 - soumission theme et variations aux temps apostoliques - la fonction d'une preposition
Auteur
Villey Lucile
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
137
Poids
650
Date de parution
19920401
Nombre de pages
530,00 €
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Ce " Supplément " propose un détour : prendre le temps de faire connaissance avec Origène. Ce lecteur assidu de la Bible usait d'une clef lui permettant de faire, dans ses homélies, une lecture chrétienne du Lévitique aussi bien que de l'Evangile de Jean... Ses oeuvres, au rôle déterminant par la suite, furent pourtant condamnées par un concile et largement détruites ! Méthodologique, ce " Supplément " souhaite guider le lecteur dans une approche de l'Ecriture qui lui est lointaine, voire étrangère.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.