L' " ani tomba da sopra à u mulinu " - " on l'a tué au-dessus du moulin ", me contait ma grand-mère quand j'étais petit garçon. Elle tenait le récit de son aïeul qui était né sous le Consulat, et l'avait lui-même reçu d'un lointain ancêtre. C'était comme si nous y étions : le cadre, les acteurs, le haro, le déchaînement, la trahison bien sûr et le prix du sang, rien n'y manquait. Je n'ai pas oublié, et c'est sur la mise à mort de Sampiero racontée par des villageois qui en ont su le détail le soir même, et l'ont fixé pour toujours dans la mémoire locale où les textes officiels ont imprimé leur sceau, que j'ouvre ce livre, mélange de souvenirs, de passion et d'histoire. Le reste est à l'avenant : relectures, découvertes, portraits, tableaux du Palais, billets d'humeur, admirations, dettes d'amitié, jongleries, clins d'oeil - avec en gros plan, Charles Bonaparte et ses fils, Joseph Fesch le Cardinal et Joseph Fieschi le régicide, les grandes figures de la Cour d'appel, Emmanuel Arène, Jean-Paul de Roccaserra et son ancêtre Abbatucci, Garde des Sceaux de Napoléon III, François Maglioli et Pascal Rossini, Moro et Campinchi, ornement du barreau français - il me restait encore, aux extrémités de mon âge, beaucoup de choses à dire sur la Corse. En voilà quelques-unes.
Nombre de pages
128
Date de parution
09/04/2009
Poids
257g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782915410679
Titre
La Corse comme elle vient. Etudes et souvenirs
Auteur
Versini Xavier
Editeur
ALAIN PIAZZOLA
Largeur
165
Poids
257
Date de parution
20090409
Nombre de pages
128,00 €
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La Corse n'est pas un département français : c'est une Nation vaincue qui va renaître ! " Mars 1914 : deux instituteurs du village de Marignana, entre Vico et Evisa, Saveriu Paoli et Ghjacumusantu Versini, tous deux poètes distingués, publient le premier numéro - il sera unique - d'une revue en corse et en français, jamais rééditée et devenue quasiment mythique depuis, A Cispra. C'est, crânement affichée, la volonté d'émancipation du corse ayant à se libérer, pour sa survie, de l'étouffante tutelle de l'italien ; et l'on se propose d'engager le processus d'émancipation en commençant par l'orthographe. C'est surtout pratiquement la première fois, depuis la conquête française de 1769 et la reconquête, par les armées de la Révolution en 1796, après le Royaume Anglo-Corse, qu'est lancé publiquement un Manifeste en faveur d'un statut d'Autonomie pour l'île. La présente réédition, avec la traduction des textes et les commentaires, remet à la portée du public un ouvrage fondateur qui avait paru à la veille de la guerre de 1914-1918.
Diderot ne serait pas dépaysé s'il tombait au milieu des débats contemporains. Conquêtes et interrogations du génie génétique, de la biochimie, approche clinique de l'hystérie et des maladies de l'âme, égalité des chances, primat de l'inné ou de l'acquis, contestation du roman entré dans une "ère du soupçon" , quête du théâtre pur ou de l'art total, condamnation du totalitarisme - lui et Montesquieu disaient "despotisme" - et de l'intolérance, toutes nos obsessions, tous nos espoirs sont chez lui. Il était fait pour diriger et composer l'Encyclopédie, par sa curiosité universelle qui a très tôt cherché les rapports entre toutes choses : déjà, le système des connaissances humaines emprunté à Bacon pour le Préambule du Dictionnaire montre l'enchaînement et l'interaction de toutes les disciplines, y compris l'histoire littéraire toute neuve et la cosmétique. La clef du savoir est pour lui du côté de la philosophie expérimentale comme pour le maître anglais. Mêmes convergences du côté des arts libéraux et de l'esthétique : le beau, pour Diderot, naît de la perception de rapports harmonieux ; des rapports, il y en a entre la poésie, la peinture, la musique ou l'art du comédien : tous les arts sont "hiéroglyphiques" , c'est-à-dire métaphoriques. Avec des techniques différentes ils parviennent au même effet, toucher par la vérité. Sur scène, il faudra inventer un théâtre qui fasse collaborer le texte, la gestuelle, la musique, la danse, les "tableaux" : c'est déjà le théâtre total de Wagner ou d'Artaud. Diderot nous lègue une poétique ou une rhétorique baudelairiennes avant la lettre, en même temps qu'il nous fait le présent inestimable de la critique d'art, et d'une critique littéraire qui est du grand journalisme. Cette biographie brosse un portrait à jour de cet homme étonnamment moderne. Laurent Versini est professeur de littérature française à l'université de Paris IV-Sorbonne, doyen honoraire de la faculté des lettres de Nancy. Spécialiste réputé du siècle des Lumières, il est l'auteur de nombreux ouvrages concernant le roman du XVIIIe siècle, et en particulier sur Laclos et sur le roman épistolaire. Il vient de donner des travaux sur Montesquieu et les Oeuvres de Diderot aux éditions Robert Laffont.