Diderot ne serait pas dépaysé s'il tombait au milieu des débats contemporains. Conquêtes et interrogations du génie génétique, de la biochimie, approche clinique de l'hystérie et des maladies de l'âme, égalité des chances, primat de l'inné ou de l'acquis, contestation du roman entré dans une « ère du soupçon », quête du théâtre pur ou de l'art total, condamnation du totalitarisme - lui et Montesquieu disaient « despotisme » - et de l'intolérance, toutes nos obsessions, tous nos espoirs sont chez lui. Il était fait pour diriger et composer l'Encyclopédie, par sa curiosité universelle qui a très tôt cherché les rapports entre toutes choses : déjà, le système des connaissances humaines emprunté à Bacon pour le Préambule du Dictionnaire montre l'enchaînement et l'interaction de toutes les disciplines, y compris l'histoire littéraire toute neuve et la cosmétique. La clef du savoir est pour lui du côté de la philosophie expérimentale comme pour le maître anglais. Mêmes convergences du côté des arts libéraux et de l'esthétique : le beau, pour Diderot, naît de la perception de rapports harmonieux; des rapports, il y en a entre la poésie, la peinture, la musique ou l'art du comédien : tous les arts sont « hiéroglyphiques », c'est-à-dire métaphoriques. Avec des techniques différentes ils parviennent au même effet, toucher par la vérité. Sur scène, il faudra inventer un théâtre qui fasse collaborer le texte, la gestuelle, la musique, la danse, les « tableaux » : c'est déjà le théâtre total de Wagner ou d'Artaud. Diderot nous lègue une poétique ou une rhétorique baudelairiennes avant la lettre, en même temps qu'il nous fait le présent inestimable de la critique d'art, et d'une critique littéraire qui est du grand journalisme. Cette biographie brosse un portrait à jour de cet homme étonnamment moderne.Laurent Versini est professeur de littérature française à l'université de Paris IV-Sorbonne, doyen honoraire de la faculté des lettres de Nancy. Spécialiste réputé du siècle des Lumières, il est l'auteur de nombreux ouvrages concernant le roman du XVIIIe siècle, et en particulier sur Laclos et sur le roman épistolaire. Il vient de donner des travaux sur Montesquieu et les Oeuvres de Diderot aux éditions Robert Laffont.
Nombre de pages
239
Date de parution
11/09/1996
Poids
344g
Largeur
155mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782012351875
Titre
Denis Diderot. Alias Frère Tonpla
Auteur
Versini Laurent
Editeur
HACHETTE LITT.
Largeur
155
Poids
344
Date de parution
19960911
Nombre de pages
239,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Pourquoi une étude sur un genre désuet en 1998 ? Pour l'époque du téléphone et de la télévision, le roman épistolaire peut-il éveiller autre chose qu'un intérêt archéologique ? Une nostalgie peut-être. La " nouvelle critique " y cherche en tout cas des exemples privilégiés de performances formelles, et dans ces dernières années des romanciers plus nombreux qu'on ne le croirait le ressuscitent en le réinterprétant. On verra le genre naître de la courtoisie romane - le premier roman à faire une grande place aux lettres est italien, et écrit en latin, le premier roman épistolaire véritable est espagnol -, puis devenir l'une des expressions favorite de l'honnêteté française, sans jamais renier ses origines : Werther en Allemagne, Jacopo Ortis en Italie, le Gustave de Mme de Krüdener seront comme les épistoliers du Moyen Age des " prisonniers d'amour ". Jalonnée par des chefs-d'?uvre comme les Lettres portugaises de Guilleragues, La Nouvelle Héloïse, Les Liaisons dangereuses, cette histoire aboutit aux recherches formelles d'un Chklovski, d'un Gripari ou de Michel Melot en 1993. Par-delà les ruptures d'une écriture dont l'esthétique est celle du discontinu, on relèvera les permanences d'une vocation à la fois sentimentale et didactique, et de structures qui sont celles de la séparation et de l'exil.
C'est un livre qui fait voyager. Dans le temps tout d'abord puisque, s'il privilégie les XVIIe et XVIIIe siècles, il part du XVIe et pousse jusqu'au XXe. Dans les domaines abordés aussi, car il suit les avancées de son dédicataire, le professeur François Moureau, dans les multiples secteurs de sa recherche : l'histoire du livre et de la presse (c'est "le monde des livres"), les métamorphoses du théâtre classique, les rapports de la littérature avec les autres arts (musique et surtout arts visuels), l'esprit des Lumières et les récits de voyage. Ce dernier domaine, qui mobilise la plus grande partie des contributeurs, correspond par définition à une troisième sorte de voyage, le voyage géographique (c'est "le livre du monde") : il emmène le lecteur de la Réunion au Groënland, du Canada à l'Australie, d'Annam en Amazonie voire jusqu'à la lune pour des découvertes qui ne se situent pas seulement dans les terres explorées mais dans le regard de l'explorateur.
Ce dépliant, à jour des dernières législations applicables, est le guide synthétique et pratique de l'agent immobilier. Il constitue un précieux aide-mémoire aisément transportable et consultable à tout moment, pour vous guider dans l'exercice de votre activité.
Qui est Fouad Chouki? Aux côtés de Bob Tahri et de Mehdi Baala, Fouad Chouki a écrit parmi les plus belles pages du demi-fond français. D'ailleurs, murmurent les spécialistes, il ne serait pas le moins doué des trois. Pourtant à l'adolescence, entre dérives et tentations légitimes, Chouki trébuche et refuse les contraintes qu'exige la vie monacale d'un athlète de haut niveau. Après deux ans d'errements, il reprend une nouvelle fois le chemin de l'entraînement et s'offre un retour de premier plan qui le conduit jusqu'à la finale du 1 500 mètres des championnats du monde à Saint-Denis en août 2003. Sa course en enfer! Car, entre-temps, il a cédé aux sirènes du dopage... Pour la première fois un athlète international raconte comment il est amené, comme beaucoup de ses rivaux, à franchir la ligne jaune. Un choix qui mettra fin à ses rêves de champion et va complètement bouleverser sa vie. Car c'est dans l'obscurité d'une cellule de prison qu'il vivra les jeux Olympiques de Pékin, où son talent aurait pu lui permettre de monter sur le podium.
René Thom, médaille Fields 1958, a conçu la théorie des catastrophes dans les années 1960 comme un ensemble de modèles mathématiques applicables en biologie et en linguistique. Mais, en ces temps de défaite de la pensée, où seul compte le résultat, aussi insignifiant soit-il, sa démarche apparaît bien solitaire. Apologie du logos retourne l'anathème lancé par Heidegger - "la science ne pense pas" - en injonction : "la science ne cherche qu'à transformer le monde, alors qu'il s'agit de l'interpréter". Ce parti pris de l'intelligibilité des choses conduit à une recherche du sens dans les domaines les plus divers : de la danse aux régulations biologiques, du prolongement analytique à la tectonique des plaques et aux révolutions politiques, de l'ontologie aporétique à la critique de la méthode expérimentale. Recueil des principaux articles de René Thom écrits dans les années 1980, Apologie du logos rend parfaitement accessible la pensée de l'un de nos grands philosophes vivants.
Au tréfonds de l'être, une plaie suinte, que maintiennent à vif maintes de ces questions auxquelles il n'est jamais facile de fournir une réponse : vivre, le faut-il ? Et ce mot, vivre, comment le comprendre ? Quelles significations lui attribuer ? Et que doit-on faire de sa vie ? Quel sens lui donner, ou en recevoir ? Et il semble rigoureusement indispensable de se connaître, cet être que je suis, quel est-il ? Dois-je le subir dans tout ce qu'il est ? Ou bien puis-je le transformer ? Mais alors dans quel but, quelle intention ? Vais-je savoir brûler ce qui m'encombre, désenfouir mon noyau, ne garder en moi que ce qui procède de l'élémentaire, l'originel ? Et cet autrui dont je viens de vérifier à quel point il est mon semblable, vais-je savoir le rejoindre ? Et si je cède à ce désir de me connaître, comment dissoudre l'angoisse qu'il suscite ... Comment vaincre la peur de la vie ? La peur de la mort ? ... Mais quand ces questions le taraudent, l'être n'est pas à même de se les formuler. Elles ne sont tout d'abord qu'un malaise, un désarroi, une lancinante sensation d'exil, l'âpre nostalgie de ce que l'on ne saurait nommer, une infranchissable solitude. Et c'est à son insu que l'être se trouve progressivement engagé dans une aventure dont il ne soupçonne ni en quoi elle réside, ni où elle est susceptible de le mener. Les notes rassemblées dans ce Journal sont les traces laissées par un homme embarqué dans une telle aventure, et qui, des années plus tard, devra s'avouer qu'en se scrutant la plume à la main, il n'a fait qu'obéir à un urgent besoin de se révéler à soi-même, se clarifier, s'unifier, à l'impérieuse nécessité d'accéder à la liberté, la connaissance, une ineffable lumière. Dans ce premier volume, et parce que toute descente en soi est une descente aux enfers, on le découvre aux prises avec l'ennui, le dégoût, la peur, le marasme, la haine de soi, la menace d'une issue tragique. Mais rien ne peut le détourner de poursuivre sa quête. Armé d'une inflexible résolution, il s'acharne à se désentraver, se mettre à nu, explorer l'un après l'autre chacun des recès de son labyrinthe. Dans le second volume, la ténèbre s'éclaircit, et on le verra commencer à fouler la terre lointaine qu'il portait en lui. Celle où il pourra durablement enfouir et déployer ses racines.