La Corse n'est pas un département français : c'est une Nation vaincue qui va renaître ! " Mars 1914 : deux instituteurs du village de Marignana, entre Vico et Evisa, Saveriu Paoli et Ghjacumusantu Versini, tous deux poètes distingués, publient le premier numéro - il sera unique - d'une revue en corse et en français, jamais rééditée et devenue quasiment mythique depuis, A Cispra. C'est, crânement affichée, la volonté d'émancipation du corse ayant à se libérer, pour sa survie, de l'étouffante tutelle de l'italien ; et l'on se propose d'engager le processus d'émancipation en commençant par l'orthographe. C'est surtout pratiquement la première fois, depuis la conquête française de 1769 et la reconquête, par les armées de la Révolution en 1796, après le Royaume Anglo-Corse, qu'est lancé publiquement un Manifeste en faveur d'un statut d'Autonomie pour l'île. La présente réédition, avec la traduction des textes et les commentaires, remet à la portée du public un ouvrage fondateur qui avait paru à la veille de la guerre de 1914-1918.
Nombre de pages
158
Date de parution
15/01/2009
Poids
273g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782915410525
Titre
A cispra. Antologia annuale
Auteur
Paoli Xavier ; Versini J. T.
Editeur
ALAIN PIAZZOLA
Largeur
165
Poids
273
Date de parution
20090115
Nombre de pages
158,00 €
Disponibilité
Epuisé
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De 1886 à 1909, le « commissaire spécial » Xavier Paoli fut chargé de la protection des têtes couronnées durant les périodes non officielles de leurs séjours en France. Baptisé « le gardien des rois » par Georges Ier de Grèce, il a noué des liens d'amitié avec plusieurs d'entre elles, au point que la reine Victoria l'a invité convié à son jubilé de diamant et logé à Buckingham. Sous la plume d'un Paoli à la fois respectueux et amusé, l'humour est omniprésent dans ses portraits insolites de majestés qui villégiaturaient en république : Georges Ier et Victoria, donc, mais aussi Élisabeth d'Autriche, Édouard VII, le shah de Perse Muzaffar al-Din, Nicolas II de Russie, Léopold II de Belgique, Alphonse XIII d'Espagne, le roi du Cambodge Sisowath... et ses danseuses.
Le dernier roi de Corse vit seul, dans une tour à la pointe du Cap, et règne sur cette île quasi déserte, infestée de rats, dont il est l'unique propriétaire. B bénéficie, par traités, de la reconnaissance des autres nations et de la protection d'une base militaire française, établie dans l'Extrême-Sud. Mais les temps changent, et les différents groupes d'intérêts qui convoitent l'île se montrent chaque jour plus menaçants pour l'obliger à quitter son domaine : réseaux politiques français, organisations criminelles, Associations de Corses d'Italie revendiquant le droit au retour dans leur patrie d'origine... Quelques jours avant des élections capitales pour la France, qui vont entraîner une remise en cause des traités, les pressions s'accentuent et les menaces deviennent plus précises. Le frère du roi, descendu spécialement de Paris, parviendra-t-il à le convaincre de tourner le dos à la Corse afin d'échapper à ses ennemis ? Un récit hors du temps, qui intègre des faits historiques à un imaginaire violent et coloré.
Ce texte poétique à la structure ouverte ancre le récit dans un passé mythique méditerranéen en même temps qu'intensément actuel (le Cap Corse). A travers la voix de Minoa, qui confie son désarroi, ses doutes, ses perplexités face à la vie et à l'amour, toute une réflexion sur l'écriture est engagée. Pour explorer le monde intérieur qui la fonde et dans lequel elle se débat, la narratrice choisit des modalités d'écriture et des tonalités volontairement diversifiées. L'ensemble épistolaire des Feuillets de Minoa (première partie), est ponctué par de brefs poèmes dont la tonalité sagement érotique rompt avec la prose des lettres tout imprégnées du "sentimentalisme" du XVIIIe siècle. Les Journuits (seconde partie) combinent récits oniriques et prose journalistique. Les Petites fantaisies minoennes (3e partie), brefs textes en vers, jouent le rôle d'intermède ludique. La dernière partie, Chants de Minoa, rassemble des poèmes inspirés par la même ferveur lyrique. Avec en ouverture une sextine écrite selon les règles mises en place au XIIe siècle et en chant final, le "Brame de la Minotaure", l'ouvrage, tendu à l'extrême, constitue une partition surprenante. Si la voix dominante est celle de Minoa, les différents modes d'expression qu'elle emploie pour la faire résonner, rendent compte d'une intériorité polyphonique d'une grande intensité.