Un grand livre de la nuit. La nuit des corps, la nuit ferroviaire, la nuit de l'Histoire, tout cela interprété par une voix singulière, harmonieuse et rauque à la fois. Le territoire de la maladie et la recherche du salut sont ici revisités par un bâtisseur du langage, arpenteur des terres intimes, une sorte de soldat (ils sont d'ailleurs nombreux ici) combattant à découvert. Les poèmes de Ça témoignent de ces affrontements mais également d'un accord avec le monde, la langue, les paysages, les êtres humains. Plus encore peut-être que dans Chaos, le ton est apaisé, souvent amusé, drôle face à la mort. Il relate, à sa manière à la fois lyrique et froidement objective, quelques-uns des voyages (vécus ou rêvés) du narrateur, écrivain du Nord, qui "descend" chercher sa vérité à Assise. En chemin il croise, parmi bien d'autres, le petit pauvre - François, les moineaux s'installent en cercle pour t'écouter - le docteur Grosdèque, médecin légiste qui chante en ouvrant les crânes, le Malin lui-même. Toutes ces découvertes, ces amitiés, l'amour avec "Mon-amour-blond" s'expriment par des formes poétiques libres. Mêlées, mixées, elles imposent une écriture dont les recherches formelles, au service de l'indispensable lisibilité du livre, se placent résolument du côté de celles et ceux qui croient à la communication par la poésie. Fait de rythmes différents, d'une ponctuation rageuse, Ça conjugue sexe et violence, mythologie et réalisme, larmes, ricanements et tendresse.
Nombre de pages
149
Date de parution
19/02/2009
Poids
198g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782715228818
Titre
Ca
Auteur
Venaille Franck
Editeur
MERCURE DE FRAN
Largeur
140
Poids
198
Date de parution
20090219
Nombre de pages
149,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La collection " Textes " permet de redécouvrir les grandes oeuvres de la littérature contemporaine de la fin du XXe siècle souvent trop vite oubliées. " Père. Cet enfant à qui personne n'apprenait à vivre, je me suis demandé longtemps si ce n'était pas lui que je cherchais d'un stade à l'autre, du parc Astrid à l'Olympiastadion. " Voici ce qu'écrit le narrateur pris dans sa passion pour le football et les images d'une enfance dans le Nord qui lui sont liées, obsédé par sa quête d'une vie fondée sur la rigueur, conduisant à la sainteté sans Dieu. Franck Venaille met en scène un paysage humain - donc ouvert sur autrui - tout en conservant ce que la recherche en écriture peut posséder en elle d'obsessionnellement clos. Voici donc le chevalier Christoph Willibald Gluck, deux oiseaux tendres et grossiers, des stades anglais et flamands, l'amant quitté au petit jour, tous vus par un écrivain qui place la réflexion sur la souffrance au premier rang d'une dynamique d'écriture élaborée et reconnue.
Ni anthologie, encore moins manifeste, C'est nous les Modernes dit clairement ceci: voici ceux qui comptent pour moi, voilà les villes, les pays, les atmosphères, les écritures qui m'ont marqué. Le choix des écrivains ici réunis s'est, en quelque sorte, imposé de lui-même à partir de la lecture (ou de la relecture) de livres qui m'accompagnent parfois depuis cinquante ans. Je n'hésite pas à dire ce que je dois à l'un, ce qui m'a marqué chez un autre. Tout, dans C'est nous les Modernes, témoigne que la passion littéraire est bien ce qui motive un homme qui, par sa fréquentation des livres (Verlaine, Jules Laforgue, Jouve, mais également Pascal Commère, Emmanuel Moses et William Cliff) est depuis toujours attentif à ce qui fait la poésie d'aujourd'hui.
Ce qui va se mettre à crier de l'enfan- Ce n'a pas de nom où Jean sans Peur S'est trouvé nu, la peau arrachée, en Lambeaux, ma vie est celle-là Vie Du chaos d'avant la naissance du mon- De je me souviens de chaque fol & Pas un découpé vif, pas un pendu dont Le Nom ait pu m'échapper Je marche Dans le désordre de l'existence tentant De calmer l'enfant en moi l'enfant De- La douleur-première Celui qui plusieurs Fois déjà m'a tué & portant son nom à la Bouche J'entends crier le soldat de nuit." Franck Venaille.
Pendant des années j'ai vécu dans un mythe. J'écrivais sur lui un texte sans cesse remis en chantier. Tout ce que je vivais y entrait, hommes, villes, livres, saisons en enfer, jouissances, colères, tout y passait, à la fois structure vitale et machine romanesque le mythe accueillait tout. Un jour, j'ai mis ce manuscrit de côté pour écrire d'autres romans : ils n'ont jamais fait que le crypter. Alors je suis revenue à cette matrice, redescendue dans le souterrain. Perséphone 2014, c'est un nouveau point d'intersection entre cette histoire (cette vieille histoire folle) et la mienne, entre l'archaïque et l'ultra-contemporain. Que se passe-t-il quand un mythe s'empare d'une vie ? Quand il la pulvérise en passions brutes, en événements élémentaires ? Ce que j'entends de Perséphone, de cette voix très ancienne, très chantante, c'est ça : le désir d'être matière, d'un moi chaviré et d'un monde à l'envers. Mais aussi : comment sortir de ce désir - revenir des Enfers ? D'ailleurs, faut-il en sortir ? Et où est l'enfer ? Du côté des racines, des somptueux ravages et des incendies muets ? Ou dans les règnes de surface, les formes lisses, les ordres licites, les rites institués ? Reprendre Perséphone, c'est continuer, obstinée, à interroger le secret qui noue ensemble, très serrées, la jouissance, la mort et l'écriture. " G. A.
Ces entretiens inédits ont précédé la chute du communisme dont Eugène Ionesco a eu avant d'autres la prémonition. Mais ils engagent le lecteur d'aujourd'hui bien au-delà de ce séisme politique. Les Ruptures de silence éclairent les limites de l'engagement politique pour les artistes et préviennent de nouvelles trahisons possibles. Elles annoncent aux clercs du troisième millénaire qu'il ne leur reste que la pauvreté de Job en fait d'idéologie et, partant, la liberté totale d'expression. Nos échanges ont eu lieu dans une "traversée du désert" du créateur qui le mettait dans un état de lucidité extrême. La force émotionnelle qui se dégage de son interrogation sur la condition humaine nous rend la voix de Ionesco présente et fraternelle. André Coutin.
Connais-toi toi-même" , "deviens ce que tu es" ... Publicités et réseaux sociaux regorgent aujourd'hui de ces aphorismes et on ne compte plus les livres colorés autour du bonheur, de l'amour et de la construction de soi - thèmes philosophiques par excellence. Pourtant la philosophie reste souvent perçue comme une matière aride. Platon, Nietzsche, Descartes, Kant intimident encore. Revenir aux sources, savoir pourquoi et comment les grands auteurs ont décidé de consacrer chaque jour de leur vie à cette discipline pour trouver des sources infinies de consolation et de joie, depuis l'Antiquité, jusqu'à mourir pour elle, telle est l'une des missions de cette anthologie. Les grands philosophes côtoient ici les romanciers, artistes, cinéastes ou chanteurs qui évoquent, à la première personne, le plaisir de philosopher. Balade en compagnie de Socrate, Aristote, Epictète, Voltaire, Bergson, Marcel Proust, Montaigne, Albert Camus, Simone Weil, Charlie Chaplin, René Magritte, Michel Houellebecq, Bob Dylan, Woody Allen et bien d'autres...
Socialiste convaincu, John Reed (1887-1920) débarqua à Petrograd à l'automne 1917 pour rendre compte des bouleversements politiques de la Russie post-impériale. Parce que sa qualité de correspondant américain lui donna accès aux cercles les plus divers et qu'il joignit au sérieux de l'exposition des faits la volonté de donner un contour palpable à la foule des insurgés, il dressa un tableau incroyablement vivant des événements qui permirent aux bolcheviks de s'emparer du pouvoir. Publié pour la première fois en France en 1927, ce témoignage historique exceptionnel est également une grande leçon de journalisme.