Sur la peau d'un monde rétréci, livré aux lois sinistres des sédentaires, l'aventure Zingaro s'impose comme un défi exaltant, fabuleux, irréductible aux nouvelles normes planétaires. Ici une tribu venue de nulle part choisit aussi bien ses ancêtres que ses rites, ses légendes que son mode de vie, avec pour seule mystique et seul viatique l'amour des chevaux. Cette insolence originelle, en tout point RENV"cavalière", a fait du Théâtre équestre mené par Bartabas une entreprise sans autre exemple qui allie révolte et maîtrise, effort et liberté, fureur et quête spirituelle. C'est ce parcours de rupture radicale que j'ai tenu à célébrer, tant la poésie vécue est indissociable pour moi d'un engagement physique, éthique et esthétique : précisément ce qui est à l'oeuvre chez Zingaro. Rythmé par vingt dessins d'Ernest Pignon-Ernest, un grand galop de mots : à l'évidence un témoignage d'amitié et de complicité, mais qui tire sa légitimité d'une admiration alertée, sans cesse revivifiée. Je tiens en effet Bartabas, toutes catégories artistiques confondues, pour le plus grand créateur de ce temps.
Nombre de pages
139
Date de parution
07/06/2000
Poids
186g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782070412778
Titre
Zingaro suite équestre
Auteur
Velter André
Editeur
FOLIO
Largeur
108
Poids
186
Date de parution
20000607
Nombre de pages
139,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Où que je sois, sitôt quitté la France, j'écris et envoie une carte postale à un seul et unique destinataire reclus dans un village des Ardennes. A Delhi, Mexico ou Séville, comme à Antioche-sur-Oronte, Lo Manthang ou Makassar, le rituel est intangible. S'il doit tout à l'amitié, il témoigne aussi d'un goût immodéré pour les changements de lieux, les itinéraires déroutés et le déferlement des questions sans réponse. A quoi ressemble donc le jeu du monde ? Est-ce une marelle, un échiquier ou plusieurs fois 52 cartes ? Peut-être, ici et là par tous les plis de la terre, ces trois divertissements vont-ils se conjuguer, en sorte que les rebonds à cloche-pied d'une enfance qui ne veut pas finir provoquent un vagabondage planétaire, escorté de cavaliers, de fous, de quelques tours pas encore écroulées, avec toujours assez d'atouts en main pour relancer la partie et refuser de faire le mort.
Dans l'avenir à découvert Comme dans une larme de feu Où rien ne va à la cendre Où rien ne va au remords On comprend qu'il y a de l'or Qui règne sous la peau Et une vague violente qui n'espérait que ça. A V.
Quatrième de couverture Du plateau d'Albion à Certaldo, de Charleville à Paris, de Naples à Alger, de Nice à Soweto, du Chili à la Palestine... Ernest Pignon-Ernest change les rues du monde en œuvres d'art éphémère. Certaines de ses images, notamment les fusillés de la Commune et son Rimbaud vagabond, reproduites à des centaines de milliers d'exemplaires, sont devenues de véritables icônes des temps modernes. Précurseur, dès 1966, de ce que l'on nomme désormais le «street art», ses interventions métamorphosent, perturbent, révèlent les lieux et les événements qu'il a précisément choisis. Inscrits de nuit dans des contextes pour lesquels ils ont été conçus, ses dessins s'apparentent à des fictions surgissant par effraction dans le champ du réel et qui en bouleversent autant l'appréhension que les perspectives et les habitudes. Car il s'agit d'actions qui excèdent la simple exposition en extérieur, qui entendent susciter ou ressusciter, à la manière d'un poète voire d'un anthropologue, tout un jeu de relations complexes, enfouies, oubliées, parfois censurées. «Je ne fais pas des œuvres en situation, dit Ernest Pignon-Ernest, j'essaie de faire œuvre des situations.» Cette monographie retrace ainsi l'ensemble d'un parcours d'exception, sensible, sensuel et alerté, avec une attention particulière portée aux réalisations les plus récentes. Elle témoigne d'une création qui exalte la mémoire, les mythes, les révoltes, les personnalités hors norme. Une création toujours en prise sur le qui-vive.
Après avoir raconté, dans le premier tome de ses Mémoires, son enfance dans le Maroc d'avant-guerre et son arrivée en France en 1945, Driss Chraïbi reprend le fil de son récit autobiographique. Au début des années 50, il découvre une autre planète, l'Alsace, et s'y installe avec sa femme dans une sorte d'ermitage amoureux voué à l'écriture. Puis ses premiers succès d'écrivain le ramènent à Paris et la communauté maghrébine trouve en lui l'une de ses premières voix dans le milieu littéraire. Défilent ensuite les années France Culture, les années canadiennes, les années à l'Ile d'Yeu, les amis et les rencontres (François Mitterrand, Lucien Bodard...), les paysages, les livres et les femmes de sa vie.
Oui, j'y avais repensé. Qu'est-ce qu'il s'imaginait. Je n'avais pratiquement fait que penser à ça depuis ce matin, mais y penser avait fini par prendre la forme d'une ville, d'un premier amour, la forme d'un porte-conteneurs." Le corps d'un homme est retrouvé au pied de la digue Nord du Havre, avec, dans sa poche, griffonné sur un ticket de cinéma, un numéro de téléphone, celui de la narratrice. Convoquée par la police, elle prend le train pour Le Havre, ville de son enfance, de sa jeunesse, qu'elle a quittée il y a longtemps. Durant ce jour de retour, cherchant à comprendre ce qui la lie à ce mort dont elle ignore tout, elle va exhumer ses souvenirs mais aussi la mémoire de cette ville traumatisée par la guerre, ce qui a disparu, ce qui a survécu, et raviver les vestiges d'un amour adolescent.
Dans l'East Texas profond de la Grande Dépression, la pauvreté règne et dévaste la région comme une tornade. Le jeune Harry Crane découvre le corps mutilé d'une femme noire sur le bord de la rivière Sabine. Il est convaincu que le meurtre est l'oeuvre de l'Homme-chèvre, un monstre de légende. Le nombre de victimes s'alourdit, un homme est lynché et le père de Harry, l'homme de loi local, enquête.
Brontë Emily ; Bellour Raymond ; Lacretelle Jacque
Emily Brontë possède donc le plus singulier des pouvoirs : celui de sa dépendance à l'égard des faits. Avec quelques touches, elle sait évoquer l'âme d'un visage et rendre le corps superflu ; en parlant de la lande, elle fait souffler le vent et gronder le tonnerre. Virginia Woolf. Quand, parmi tous les arbres, je cherche celui dont la forme s'harmonise le mieux avec le cadre du roman tragique d'Emily Brontë, c'est l'image d'un vieux robinier tortueux qui me vient à l'esprit, d'un vieux robinier tordu par le vent qui souffle toujours dans la même direction ; l'écorce est noire, le tronc est creux et, dans ce creux, la pluie a formé une petite flaque où baignent quelques feuilles mortes. John Cowper Powys