Publié en 1958, La Lézarde, premier roman d'Edouard Glissant, s'empare d'une idée qui occupe les milieux intellectuels et artistes noirs depuis le début du XXe siècle : la libération des peuples opprimés doit se réaliser à la fois sur le plan des conditions matérielles et sur celui de la pensée. Cette idée fait la parenté intellectuelle des mouvements aussi divers que la Harlem Renaissance, Légitime Défense, le Negrismo cubain ou encore la Négritude. Toutefois, il s'agit d'une affinité qui pourrait masquer des différences de ligne et de stratégies politiques. A cet égard, l'auteur de La Lézarde prête à ses personnages une position claire : il faut mener de front action directe et oeuvre de pensée, libérer la terre tout en éduquant les esprits. Revenant sur ce texte inaugural de la fiction glissantienne, cet essai propose une analyse des personnages, thèmes et vision esthétique éclairée par le contexte historique de sa parution. A l'heure où la départementalisation commence à montrer ses limites et que les colonies à travers le monde se dirigent vers l'autodétermination, Glissant imagine une Martinique indépendante. Ce faisant, il pose à la fois la question du sens négatif de l'indépendance (ce dont l'indépendance est le rejet) mais aussi de son sens positif (ce dont elle est le projet). De façon assez visionnaire, le roman reflète ainsi la gravité d'une telle responsabilité, laquelle est à la fois la fin d'une ère et le début d'une autre, l'aube où tout reste à penser et à réaliser.
Nombre de pages
100
Date de parution
13/02/2025
Poids
144g
Largeur
145mm
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EAN
9791095177876
Titre
La Lézarde d'Edouard Glissant. Une introduction
Auteur
Uwe Christian
Editeur
PU ANTILLES
Largeur
145
Poids
144
Date de parution
20250213
Nombre de pages
100,00 €
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L'une des caractéristiques esthétiques de l'oeuvre narrative de Marie Nimier est sa capacité à refléter les questionnements qui l'habitent à travers un jeu de doubles. Se posant comme à l'affût d'elle-même, l'oeuvre se profile à travers autant d'avatars que de formes d'art : de la photographie à la danse en passant par le théâtre, la musique, le dessin et l'écriture. Souvent portés par un personnage autre que le narrateur, ces langages se situent face à la parole du narrateur, tel un miroir déformant où l'écriture se mire, se reconnaît mais aussi se voit déplacée. Les études réunies dans cet ouvrage épousent, en l'explorant, cette diversité de perspectives et offrent une critique globale d'une oeuvre qui s'affirme de plus en plus dans le paysage littéraire français.
L'oeuvre romanesque d'Edouard Glissant, élaborée sur près d'un demi-siècle, se caractérise par une grande cohérence notamment du fait d'un personnel romanesque récurrent qui conduit collectivement la narration. Résolument ancrée dans une vision de la parole partagée, la fiction de Glissant révèle et illustre les enjeux poétique, anthropologique et politique de la narration. La polyphonie particulière qui s'y déploie est qualifiée ici de discours choral ; le dispositif énonciatif mis en place par le roman glissantien contribue en effet à éclairer les problèmes fondamentaux que pose cette oeuvre : l'histoire raturée dont les personnages éprouvent somatiquement le manque, la violence d'un discours ou d'un silence imposés, les implications des choix poétiques tels que la caractérisation des narrateurs, la forme (unie ou fragmentaire) du récit ou encore la répétition, sous plusieurs angles, des " mêmes " épisodes narratifs. A travers ces différents aspects, l'oeuvre de Glissant apparaît comme une exigeante affirmation de la Vie contre les hégémonies et leurs expressions littéraires.
La pensée a joué - et joue toujours - un rôle vital dans le devenir de l'espèce humaine dont l'histoire se conçoit et se crée à travers elle. C'est par elle, également, que l'humanité a su pallier des faiblesses qui la rendent vulnérable aux phénomènes naturels. On peut donc s'attendre à en voir la trace dans la façon dont diverses sociétés ont projeté leur existence et assumé leur place dans le monde. Comment la pensée structure-t-elle, concrètement, une civilisation, des individus, voire des institutions ? Avec quels moyens et avec quels résultats ? Telle est l'interrogation au coeur de cet ouvrage. S'appuyant sur un socle théorique transdisciplinaire, l'auteur montre comment la pensée conçoit le travail esthétique comme une activité par laquelle l'être humain archive l'idée de sa propre existence. Pour ce faire, il examine un corpus d'oeuvres subsahariennes parues, pour la plupart, au cours des deux premières décennies du xxi e siècle en partant du motif de la crise (sociétale, individuelle, institutionnelle). Il développe ainsi l'idée paradoxale que l'humanité, pour garantir son existence, déploie les mêmes moyens symboliques qu'elle mobilise pour la défaire. Ce paradoxe nous conduit au-delà de la seule existence humaine pour réintégrer cette dernière dans l'écosystème, cadre ultime à toutes formes d'existence.
Pour mieux saisir la beauté intemporelle et sobre des édifices romans qui jalonnent l'Europe, Uwe Geese, Rolf Toman et le photographe Achim Bednorz nous invitent à nous immerger dans l'univers spirituel de nos ancêtres autour de l'an mil. L'essor du christianisme occidental et des monastères, ainsi que la ferveur religieuse populaire qui dominait l'époque, ont façonné le premier style artistique et architectural chrétien, aux formes simples et solides, reflet d'une époque charnière qui naquit sur les décombres de l'Empire romain et s'effaça graduellement au profit de l'art gothique. Cet ouvrage propose un panorama monumental de l'art roman, la première expression artistique commune à toute l'Europe chrétienne. Les superbes illustrations réalisées spécialement pour ce livre mettent en valeur tant les édifices religieux que les oeuvres d'art, ainsi que les merveilleuses enluminures dont nous avons hérité.
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