Le lecteur et le livre fantôme. Essai sur la défense de l'infini de Louis Aragon
Trouvé Alain
KIME
29,50 €
Epuisé
EAN :9782841741984
Le livre fantôme est ici un peu plus qu'une image. S'il renvoie au geste précis de l'autodafé de Madrid, par lequel Aragon prétendit avoir détruit, en 1927, son manuscrit de La Défense de l'infini, il est aussi à prendre dans son acception conceptuelle. Toute lecture s'enrichit en effet de la reconnaissance d'énoncés fantômes, ces possibles textuels non réalisés par l'auteur, mais encore présents à titre virtuel. Emprunté à Michel Charles, qui l'avance pour mettre en lumière les profondeurs de la littérature classique, le concept manifeste sa fécondité en présence d'un corpus radicalement différent, sur lequel semblent régner désordre, fragmentation et lacunes. La disparition de la clôture apparente de l'?uvre stimule l'activité mentale du lecteur ; s'impose en même temps la dimension herméneutique de la lecture comme complément de la réflexion sur les formes. Seul à disposer de la position d'altérité vis-à-vis du texte, le lecteur est peut-être en mesure d'accomplir cette tâche, toujours problématique. Le succès relatif de son entreprise, son échec partiel, interrogent le discours théorique sur la lecture. Il s'agit aussi de faire apercevoir l'unité souterraine qui relie ce moment de tension extrême et de décomposition aux productions ultérieures. Le rêve romantique de l'?uvre absolue n'a pas disparu, mais l'aventure se joue aux temps nouveaux du Surréalisme, dont l'onde de choc traversera le siècle. La modernité de l'écriture, bouleversant toutes les références génériques et les codes usuels, apparaît alors comme le creuset des ?uvres futures. Emergeant d'un immense intertexte, les noms de Sade et de Lautréamont font, au sein de cet ensemble, figure de références majeures.
Nombre de pages
340
Date de parution
16/06/2000
Poids
438g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841741984
Titre
Le lecteur et le livre fantôme. Essai sur la défense de l'infini de Louis Aragon
Auteur
Trouvé Alain
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
438
Date de parution
20000616
Nombre de pages
340,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Transgressant les lois de la biographie historique en plaçant dans la bouche même d'un empereur romain le récit qu'il fait de sa vie, Marguerite Yourcenar inaugure, avec Mémoires d'Hadrien, un genre littéraire original : celui de l'autobiographie fictive. De ce fait, dans ce beau roman inscrit au programme des agrégations de lettres classiques et modernes, la question de " l'écriture de soi " s'avère singulièrement diffractée. A la différence de l'autobiographie traditionnelle - qui postule une identité entre auteur, narrateur et personnage - le " soi " peut renvoyer ici à l'empereur qui se raconte tout comme à l'écrivain qui interroge, à travers son personnage, sa propre identité. L'auteur de cet ouvrage propose donc une étude de cette " mise en scène " subtile de l'écriture de soi dans une ?uvre qui se situe délibérément à la frontière du réel et de la fiction et dont la modernité consiste précisément à faire voler en éclats les distinctions convenues entre roman, biographie et autobiographie.
Cet ouvrage s'adresse en priorité aux élèves des classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques et commerciales, ainsi qu'à tous ceux qui présentent des concours comportant un résumé ou une synthèse de textes (concours Sésame, concours administratifs...). Etant donné le coefficient souvent important alloué à ce genre d'épreuves, on conçoit que les candidats veuillent les préparer efficacement. Le présent ouvrage part de la conviction que le succès est à la portée de quiconque est prêt à s'entraîner raisonnablement. Il rappelle de manière détaillée la codification des épreuves et les attentes des jurys. Surtout, il met résolument l'accent sur une véritable formation méthodique, qui dépasse les " recettes " ou les recommandations purement formelles. Outre les conseils de méthode, largement développés et illustrés par des exemples, on trouvera dans ces pages de nombreux exercices, tous corrigés et accompagnés d'aides de niveaux gradués. L'objectif est de permettre aux candidats de travailler seuls, suivant une progression adaptée à leur niveau.
Les pédagogues restent toujours à découvrir. C?est notamment le cas de ceux qui sont originaires d?horizons lointains, tant géographiques que temporels ou culturels, et dont les conceptions éducatives sont mal connues. Le présent ouvrage se propose de combler cette lacune en présentant au public intéressé par les idées éducatives, quelques unes des grandes figures des sagesses de la Chine et de l?Inde qui furent également des pédagogues avertis : il s?agit de Confucius, de Mencius, de Lao-tseu, de Tagore, d?Aurobindo, de Krishnamurti et de Prajnânpad. Fondatrices de traditions de pensée millénaires, comme c?est le cas pour les Chinois, ou bien mêlant étroitement et subtilement tradition et modernité, comme c?est le cas pour les Indiens, assurément, ces "sages pédagogues" de l?Asie nous permettent d?enrichir notre réflexion en matière d?éducation. Ils fécondèrent en effet des idées pédagogiques originales, parfois surprenantes pour l?"occidental", mais dont les pensées "décalées" offrent le mérite d?interroger en retour les nôtres. C?est pourquoi il nous a semblé important de réunir en un même volume quelques extraits de leurs propos les plus emblématiques.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.