Trotsky se livrait peu à ceux qui l'approchaient. Empressé à convaincre un interlocuteur, il développait ses arguments, s'animait, pouvait se montrer vraiment charmant. Mais il y avait une barrière que l'on ne franchissait pas, celle des confidences personnelles. Le cadre politique marxiste dans lequel sa vie était inscrite ne laissait pas de place aux états d'âme. Mais en outre, au-dessous de cela, il y avait en lui un fond personnel qui donnait à ses rapports avec autrui une sorte de manque d'aisance, à la fois une certaine gêne et une certaine pudeur, une indifférence peut-être. Ses rapports avec Natalia Ivanovna échappaient à cette réserve et formaient un îlot à part. Aussi ces lettres sont-elles un document unique sur sa vie intérieure, plus révélatrices que le journal qu'il tint quelques mois en 1935 et qui tourne vite à l'anecdote politique. Il faut ajouter que certaines de ces lettres furent écrites pendant la tourmente morale qui suivit son aventure amoureuse avec Frida Kahlo. Rarement l'occasion nous est donnée de jeter un coup d'oeil aussi direct dans le monde intérieur d'un grand acteur de l'histoire.
Nombre de pages
180
Date de parution
23/09/1980
Poids
260g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782070224975
Titre
Correspondance 1933-1938
Auteur
Trotsky Léon
Editeur
GALLIMARD
Largeur
150
Poids
260
Date de parution
19800923
Nombre de pages
180,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Écrite entre 1929 et 1932, cette histoire de la révolution russe, oeuvre monumentale, comprend deux tomes, l'un consacré à la révolution de février, l'autre consacré à la révolution d'octobre. Écrit à la demande de son éditeur américain, Charles Boni, cet ouvrage intervient alors que Trotsky avait à peine terminé de rédiger son autobiographie, Ma vie, après avoir été exilé à Prinkipo au début de l'année 1929. Contrôlant la documentation, immense, nécessaire à un tel ouvrage que rassemble son fils aîné Léon Sedov, il recommence cette histoire de la révolution qu'il a connue et dont il a été exclu. En effet, il avait déjà écrit vingt ans auparavant l'histoire de la révolution de 1905 dont il avait été l'un des principaux artisans, présidant le Soviet de Saint-Pétersbourg. C'est probablement le livre le plus important publié sur la Révolution bolchevique par l'un de ses témoins directs, Trotsky tenant ici le rôle d'acteur et d'observateur. En outre, le style de son écriture est ici remarquable ce qui fait de ce livre un classique. --Florent Mazzoleni
Cette autobiographie de Trotsky traduite par Maurice Parijanine a été écrite pendant l'exil de Trotsky, l'un des personnages principaux de la révolution russe de 1917 et de la création et la consolidation de l'URSS dans les années qui suivirent. Elle permet de jeter un regard nouveau sur cette époque de l'histoire de la Russie. Dans l'introduction, Trotsky précise l'objet de cet ouvrage : "Notre époque abonde en Mémoires, peut-être plus que jamais. C'est que l'on a bien des choses à raconter. L'intérêt que suscite l'histoire contemporaine est d'autant plus vif que l'époque est plus dramatique et qu'elle est plus riche en sinuosités... Ainsi s'explique l'énorme développement de la littérature mémorialiste depuis la dernière guerre... Ainsi peut-être se justifie le livre que voici". (Léon Trotsky)
Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part? : lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection " Les auteurs de ma vie " invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux. 1939. Léon Trotsky vient de fonder la Quatrième Internationale, mais le fascisme triomphe et il sera bientôt minuit dans le siècle. Réfugié au Mexique où il sera assassiné par les agents de Staline l'année suivante, Trotsky livre avec cet essai sur l'actualité de la pensée de Marx l'un de ses derniers textes.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.