LA TECHNO-SCIENCE EN QUESTION. Eléments pour une archéologie du XXIe siècle
Tinland Franck ; Breton Philippe ; Rieu Alain-Marc
CHAMP VALLON
19,00 €
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EAN :9782876730816
Ce livre se veut une archéologie - à la fois coups de sonde en direction des fondations et restitution d'une mémoire. Il vise non à reconstituer une histoire, mais à repérer les strates sur lesquelles repose le présent et à partir desquelles il peut, aussi, être ébranlé. Il interroge la forme prise par nos savoirs et, plus encore, par nos moyens techniques. Nul ne conteste que, dans la vaste autant qu'obscure recomposition que les hommes, individuellement et collectivement, entretiennent entre eux, avec la Nature, avec leur mémoire comme avec leurs projets, un rôle essentiel ne soit dévolu à la dynamique qui associe connaissance et puissance dans la mouvance désignée par le terme de Techno-science. Il s'agit, pour délimiter la nouveauté d'un moment - le nôtre - d'en comprendre la provenance et de cerner sa part d'héritage. Plus que dans la figure contemporaine des savoirs et des appareillages, c'est dans l'entrelacs des liens noués entre eux et leur environnement, tant naturel que social et culturel, que se font jour les " nouvelles donnes " auxquelles nous sommes déjà confrontés en cette fin du vingtième siècle. Ce qui apparaît comme recherche scientifique et développement technologique déplace les défis et modifie les enjeux de nos rivalités comme de nos solidarités. Faire le point sur le parcours que nous suivons et dont nous occupons le terme provisoire devient un préalable à toute décision, c'est-à-dire, aussi, un devoir pour chacun.
Nombre de pages
250
Date de parution
01/09/1993
Poids
396g
Largeur
157mm
Plus d'informations
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EAN
9782876730816
Titre
LA TECHNO-SCIENCE EN QUESTION. Eléments pour une archéologie du XXIe siècle
Auteur
Tinland Franck ; Breton Philippe ; Rieu Alain-Marc
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
157
Poids
396
Date de parution
19930901
Nombre de pages
250,00 €
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Bien des lézardes ont depuis quelques décennies fracturé le monde tel que nous l'habitions, structuré par nos représentations, organisé par nos projets, coloré par nos attentes et nos craintes. La contingence et l'événementialité ont resurgi en bien des domaines, appelant une pensée de l'aléatoire, qui s'accommode de la pluralité de systèmes instaurant leur ordre local et précaire dans un univers en expansion... ou déjà explosé. Dans un monde en perpétuelle recomposition, les hommes se découvrent pris entre la turbulence des flux d'où naissent et en lesquels disparaissent des formes provisoires, et la stabilité de systèmes générateurs d'appuis comme de contraintes. La Nature révèle alors, en son improbable complexité, sa fragilité, tandis que l'Histoire s'écartèle entre la montée en puissance d'une technique planétarisée, associée à une économie sans frontières, et le retour de revendications identitaires opposant aux rêves d'universalité la persistance d'oppositions élémentaires, voire archaïques. A nous de choisir notre route vers un avenir riche en possibles - y compris celui de notre autodestruction - et pauvre en repères. Encore faut-il d'abord prendre conscience de cet horizon nouveau, trop souvent abordé à partir de concepts et de schèmes hérités d'un monde forclos.
La nature se révèle un tissu fragile d'équilibres au sein d'un univers en perpétuelle transformation. La puissance de [homme détruit ces équilibres fondamentaux ; ainsi est-il capable de mettre fin à l'existence de nombreuses espèces et de bouleverser les écosystèmes issus d'une évolution de millions d'années jusqu'à rendre impossible la perpétuation de la vie dans sa forme actuelle. Il est grand temps de nous interroger sur ce quia engendré cette situation et d'inventer une volonté commune afin de maîtriser une puissance technique dont nul, actuellement, ne semble en mesure de contrôler le cours. C'est à partir de la confrontation entre un héritage aux multiples visages et un monde renouvelé par nos connaissances et nos pratiques, avec leur cortège d'espérances et d'inquiétudes, que nous pouvons tenter de reconsidérer ce qui fait de nous des êtres humains. C'est seulement à ce prix que pourra être défini le cap que devrait suivre l'humanité.
Depuis l'Antiquité, un folklore très riche, nourri d'emprunts à la littérature des voyages, se préoccupe des confins de l'humanité et de l'animalité. Les découvreurs de Terres Neuves identifieront sans peine les a hommes des bois "de toute espèce avec lesquels ils sont confrontés. Ils projetteront en eux leurs fantasmes et leurs rêves, comme aussi leurs réminiscences classiques. L'interrogation scientifique ne dissipera que très lentement les mirages. Fruit de l'esprit positif et expérimental, l'anthropologie se donnera désormais pour tâche de dresser l'inventaire du phénomène humain. Son enquête se portera sur deux thèmes essentiels. L'Homo, ferus, c'est l'homme ensauvagé, retourné à la sauvagerie primordiale parce que déchu de l'humanité. L'Homo sylvestris, c'est le grand singe anthropoïde - et la perspective d'une émergence possible de l'animalité à l'humanité. Dans cette vaste réflexion où nous conduit Franck Tinland, l'être humain apparaît à la fois comme un donné, comme une réalité de fait, et comme un enjeu, comme l'issue finale d'un débat chanceux dont la signification dernière et la consécration mettent en cause l'éducation de l'humanité dans l'homme et par l'homme"
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...