Le recueil de Jean-Claude Thiriet procède d'une longue attention et d'une longue patience : l'histoire familiale, en effet, est d'abord dominée par l'expérience décisive de la Grande Guerre, dont ces pages se veulent le journal minutieux et précis d'un moment, initial, qui va du 31 juillet au 1er octobre 1914. Elles sont prêtées au grand-oncle de l'auteur, Raymond Grizou (1892-1968), entendant ainsi ne pas quitter le plan de la réalité, qui leur donne leur centre de gravité. Raymond Grizou était un vigneron, militant socialiste depuis son plus jeune âge et ardent défenseur de la cave coopérative locale, celle de Saint-Laurent de la Cabrerisse, dans les Corbières, ouverte en 1914, et du mouvement coopératif en général (on percevra dans ces pages le ton particulier d'humanité et le sentiment immédiat d'une communauté de vie). L'épopée personnelle de Raymond Grizou, après trois ans de service essentiellement effectué en Tunisie, débit à Charleroi en aout 1914 et se termine en occupation en Allemagne en 1919 ; il aura passé huit ans sous l'uniforme. Il est difficile de ne pas lire d'une traite ce journal des premières semaines de « sa » Grande Guerre, avec le recueillement dans la profondeur de tout ce qui y est exprimé. Chaque journée fait l'objet d'un texte ; les personnages qui y apparaissent sont des soldats ou des officiers de son régiment et sont nommément cités. Lecture captivée par cette réalité que caresse une voix intérieure « récitant » ce qui se voit, s'entend, se sent et se devine, mêlée aussi de souvenirs et de rêveries. Et parlant de la beauté du monde, de la lumière et de la nuit, dans une sorte, parfois, de balbutiement sous l'effet de l'horreur que la guerre introduit dans cette beauté comme un coin qui la fait éclater. On passe admirablement du plus grand au plus petit (ciels, forêts, rivières, nuages? contre : ?il, prénom, blessure, rambarde? « des yeux ouverts sur des ronciers, / fleurs, / fruits, /épines »). De même de l'étrange circulation d'eau (rivières, canaux, rails brillants?) qui court dans ce poème sous un ciel constellé de nuées, de fumées, piqueté d'oiseaux et de biplans. De même encore de la course éperdue de ce brancardier, soldat sans fusil, penché sur des blessures et des images tout intérieures de mains de femme? Et il va de soi que si l'on est particulièrement sensible à cette guerre et à ses souvenirs (ce qui est par bonheur assez répandu dans ce pays), on appréciera le « sens général », pour ainsi dire, la dimension de sens qu'a la dévotion-commémoration, et jusqu'à cette liste de noms à la fin, comme on passe à la Toussaint dans nos petits cimetières devant les tombes de ces hommes morts pour la patrie, et l'on a alors le c'ur qui se serre en lisant leur jeune âge sur la pierre? L'équilibre, ici, de la fiction et de l'hommage, de la rêverie et de la réalité, redonne à la poésie sa dimension la plus poignante : école du regard, du c'ur et de l'e4e de couverture : La Grande Guerre a puissamment marqué l'histoire familiale de l'auteur ; ces pages se veulent le journal minutieux et précis de son moment initial, du 31 juillet au 1er octobre 1914. Elles sont prêtées à un grand-oncle, Raymond Grizou (1892-1968), afin de ne pas quitter le plan de la réalité vécue. Grizou était un vigneron des Corbières, militant socialiste depuis son plus jeune âge et ardent défenseur du mouvement coopératif : on percevra dans ces pages un ton particulier d'humanité et le sentiment immédiat d'une communauté de vie. Il est difficile de ne pas lire d'une traite ce journal des premières semaines de « sa » Grande Guerre, avec le recueillement appelé par la profondeur de l'expérience traversée. Chaque journée fait l'objet d'un texte ; les personnages qu'on y rencontre sont des soldats ou des officiers de son régiment et sont nommément cités. Lecture captivée par cette réalité en bataille que caresse le récitatif d'une voix intérieure évoquant ce qui se voit, s'entend et se devine, mêlée aussi de souvenirs et de rêveries. Et parlant de la beauté du monde, de la lumière et de la nuit, dans une sorte, parfois, de balbutiement imposé par l'horreur de la guerre, comme un coin qui fait éclater l'innocence des choses. L'équilibre, ici, de la fiction et de l'hommage, de la rêverie et de la réalité, redonne à la poésie sa dimension la plus poignante : école du regard, du c'ur et de l'esprit, égrenant toutes les leçons de l'expérience terrible et acceptée.
Nombre de pages
85
Date de parution
17/11/2023
Poids
162g
Largeur
152mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9791097497569
Titre
Egrener ces jours
Auteur
Thiriet-Martel Jean-Claude
Editeur
CONFERENCE
Largeur
152
Poids
162
Date de parution
20231117
Nombre de pages
85,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Maya et Léo sont deux enfants nés sous le soleil des Caraïbes, qui te font partager leur amitié, leur quotidien, leurs sorties et leurs voyages. Leurs histoires sont racontées à l'aide de mots et de dessins. Ainsi, petits et grands peuvent lire ensemble dans un beau moment de complicité !
Cet ouvrage, associant un manuel et un DVD, est le "premier du genre à proposer une pédagogie aussi innovante et simple pour comprendre et apprendre les bases de l'anatomie. Le livre et le DVD se complètent parfaitement pour favoriser une mémorisation et une compréhension durables. Le DVD est composé de 18 vidéos qui suivent le texte du manuel. Ces animations rendent l'anatomie"vivante". Les images 3D donnent un sens aux mots du manuel. Elles favorisent: un bon repérage dans l'espace, une meilleure représentation par la création d'images mentales simplifiées puis progressivement complexes, une transition plus harmonieuse de la simplification à la réalité. l'auteur a sélectionné les connaissances indispensables dans le cadre des études de Sciences du sport et dans les métiers liés à l'activité physique. Plus largement, ce manuel et ce DVD ont été conçus pour des lecteurs non initiés au discours scientifique ou ne disposant pas du temps nécessaire pour maîtriser les règles du discours verbal et graphique de l'anatomie. Il peut également être utile aux étudiants du secteur médical ou paramédical (PCEM, infirmières, sages-femmes, kinésithérapeutes, ostéopathes). Ce premier tome est consacré au tronc avec un objectif majeur: la prévention des accidents vertébraux. Les tomes suivants seront consacrés au membre inférieur et au membre supérieur."
L'ouvrage reprend, dans l'ordre chronologique de leur parution, de 1959 à 1993, des textes majeurs de Giancarlo De Carlo (1919-2005), qui n'ont jamais fait l'objet d'une traduction française ? ; il voudrait ainsi faire mesurer l'ampleur de cette oeuvre et son importance pour qui se soucie de l'espace où il vit Le lecteur est ainsi invité à suivre le parcours et le développement d'une pensée qui commence par prendre ses distances avec l'emprise du Mouvement Moderne et s'achève par une "? méditation pédagogique ? " d'une exceptionnelle qualité sur la tâche de l'architecte aux prises avec toutes les dimensions du lieu, par lesquelles jamais la ville ne devrait perdre de vue la qualité du territoire où elle s'insère. La réflexion sur l'architecture, proposée par un esprit soucieux de précision et essentiellement tourné vers la transmission la plus claire possible au public, aux étudiants, à tous ceux qui ont le goût du lieu où vivre, est si peu séparée de celle sur le contexte physique, géographique, historique, qu'elle prend tout ensemble tournure esthétique et politique ? : Giancarlo De Carlo a souci des conditions mêmes de l'architecture et des domaines que celle-ci doit aborder pour exister pleinement comme architecture : c'est ainsi qu'il se penche aussi bien sur l'université où elle s'enseigne, les débats qui agitent cette dernière dès avant 68, l'administration et les plans que son déploiement urbanistique suppose, les formes et les territoires où elle s'inscrit et qu'elle réinvente, que sur le public auquel elle s'adresse, moyennant l'idée de la "participation" , trop souvent mal comprise, retrouvant ainsi sa dimension d'habitation et de négociation avec l'espace réel où vivre et trouver des raisons de vivre.
Le prestige de l'architecture se mesure à l'aune d'une notion qui, à la différence du beau, de l'utile ou de la construction, est restée dans l'ombre des traités. C'est dans le berceau de l'architecture occidentale, à l'époque où l'art de bâtir était avant tout une offrande, que la dignité se fait jour, avec la colonnade sous fronton, visage du temple hellénique. La force de cette figure du portique laissera une marque si profonde dans les esprits que la production architecturale s'en inspirera au cours des siècles pour entretenir l'image de la dignité, au bénéfice du prince, de l'évêque ou de la collectivité. Percer le secret de cette longévité et de cette universalité conduit à retracer la généalogie des multiples motivations derrière l'acte d'édifier. La dignité, qui a survécu à son premier visage, dont les maîtres modernes ont renouvelé l'expression, est ce au nom de quoi les pouvoirs ont occupé la scène et décoré la ville, mais aussi ce dont le projet architectural s'est nourri pour noyauter les savoirs constructifs, ennoblir la fonction pratique des murs et vaincre la disparité des lignes du plan, de la coupe et de l'élévation par la volonté d'un tout ordonnateur. Elle peut mobiliser un plan souverain, à l'image du naos détaché et autonome, comme l'illustrent la Nouvelle galerie nationale de Berlin de Mies van der Rohe ou la bibliothèque Exeter de Kahn, ou une certaine manière de défier la gravité, que l'on peut observer aussi bien dans les palais des communes italiennes du Duecento que dans la modernité brésilienne - comme la Faculté d'architecture de Sao Paolo d'Artigas -, ou encore l'art de soulever, dont certains projets corbuséens - notamment la Cité radieuse - sont l'éclatante manifestation. Des premières cités occidentales à la ville postmoderne, cette notion éclaire d'un jour neuf les fonctions sociales du beau, mais aussi des notions majeures telles que l'utilité, la gravité, l'échelle, la structure, l'ordre ou le décor. La dignité permet également d'interroger sous un angle inédit les conditions de l'invention, la quête de sens depuis le siècle dernier, la place des modèles dans l'imaginaire des architectes, notre rapport au luxe et à la grandeur et notre attachement aux places dont les bâtiments ont la garde.
Origo Iris ; Dupont Pierre ; Hughes-Hallett Lucy ;
Guerre dans le Val d'Orcia, livre issu du journal que tient Iris Origo en 1943-1944 (Ed. Conférence, 2011), relatait un épisode dramatique de la bataille de Florence. Iris Origo avait accueilli dans sa propriété de La Foce des enfants, réfugiés des villes du nord prises sous les bombardements ? ; mais les Allemands étaient aux portes, étaient dans la propriété même, et il lui fallait conduire les enfants en lieu sûr, alors que la bataille faisait rage. Action discrète et courageuse, qui caractérise toute la vie de l'auteur. C'est cette même dignité et cette même discrétion que l'on retrouve dans le journal antérieur, L'Air se rafraîchit ? ; il embrasse les mois qui vont de mars 1939 à juillet 1940. Rien ici qui soit attention à soi-même ou rumination autocentrée ? : qu'il s'agisse de la vie à La Foce, des conversations avec les paysans de ce sud de la Toscane, des déplacements à Rome dans le milieu diplomatique, de la perception inquiète de l'imminence de la guerre, de l'analyse de la situation italienne ou du portrait de quelques-uns des hiérarques du gouvernement fasciste, les pages d'Iris Origo nous offrent, avec une rare élégance et une précision de regard acérée, un document de premier ordre sur la vie italienne de cette période troublée.
La peinture de Pierre-Yves Gabioud est une recherche poétique de l'accord entre le coeur et la nature. L'artiste, sensible aux beautés des paysages montagneux comme à celles des choses simples, met son art au service de leur révélation. Ses dessins suivent avec l'élégance des paysages chinois le profil d'un sommet, ses gravures saisissent la forme bigarrée des chalets, ses huiles font généreusement refléter la lumière qui frappe la surface noire des peaux de cerises. Ce choix lucide en faveur de la figuration est fondé sur la conviction que l'art a son lieu véritable dans la rencontre de l'intériorité de l'artiste et de l'altérité du monde. Pierre-Yves Gabioud, dans des fusains ou des monotypes, des aquarelles ou des peintures à l'huile, façonne d'oeuvre en oeuvre le lexique pictural où cet accord s'accomplit, un lexique fait de douceur, de profondeur, de fantaisie aussi. Le peintre et son pays reproduit plus d'une centaine d'oeuvres de l'artiste ? : celles-ci s'accompagnent d'un entretien qui vise à en faire connaître l'esprit, ainsi que de deux textes qui reviennent sur l'esthétique et la poétique si singulières et saisissantes de l'art de Pierre-Yves Gabioud.