Le prestige de l'architecture se mesure à l'aune d'une notion qui, à la différence du beau, de l'utile ou de la construction, est restée dans l'ombre des traités. C'est dans le berceau de l'architecture occidentale, à l'époque où l'art de bâtir était avant tout une offrande, que la dignité se fait jour, avec la colonnade sous fronton, visage du temple hellénique. La force de cette figure du portique laissera une marque si profonde dans les esprits que la production architecturale s'en inspirera au cours des siècles pour entretenir l'image de la dignité, au bénéfice du prince, de l'évêque ou de la collectivité. Percer le secret de cette longévité et de cette universalité conduit à retracer la généalogie des multiples motivations derrière l'acte d'édifier. La dignité, qui a survécu à son premier visage, dont les maîtres modernes ont renouvelé l'expression, est ce au nom de quoi les pouvoirs ont occupé la scène et décoré la ville, mais aussi ce dont le projet architectural s'est nourri pour noyauter les savoirs constructifs, ennoblir la fonction pratique des murs et vaincre la disparité des lignes du plan, de la coupe et de l'élévation par la volonté d'un tout ordonnateur. Elle peut mobiliser un plan souverain, à l'image du naos détaché et autonome, comme l'illustrent la Nouvelle galerie nationale de Berlin de Mies van der Rohe ou la bibliothèque Exeter de Kahn, ou une certaine manière de défier la gravité, que l'on peut observer aussi bien dans les palais des communes italiennes du Duecento que dans la modernité brésilienne - comme la Faculté d'architecture de Sao Paolo d'Artigas -, ou encore l'art de soulever, dont certains projets corbuséens - notamment la Cité radieuse - sont l'éclatante manifestation. Des premières cités occidentales à la ville postmoderne, cette notion éclaire d'un jour neuf les fonctions sociales du beau, mais aussi des notions majeures telles que l'utilité, la gravité, l'échelle, la structure, l'ordre ou le décor. La dignité permet également d'interroger sous un angle inédit les conditions de l'invention, la quête de sens depuis le siècle dernier, la place des modèles dans l'imaginaire des architectes, notre rapport au luxe et à la grandeur et notre attachement aux places dont les bâtiments ont la garde.
Nombre de pages
342
Date de parution
06/05/2022
Poids
1 040g
Largeur
170mm
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EAN
9791097497415
Titre
Architecture & dignité
Auteur
Basbous Karim
Editeur
CONFERENCE
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170
Poids
1040
Date de parution
20220506
Nombre de pages
342,00 €
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Tous les six mois, la revue Le Visiteur entend donner la parole au discours critique en architecture et installer un espace de pensée au service d'un réel débat, où l'on pourra notamment discuter la question - souvent éludée - de la réussite architecturale, en s'appuyant sur des cas précis. Le Visiteur tente l'alliance entre un certain appétit littéraire et la culture du projet. SOMMAIRE - Karim Basbous, Editorial - " Le projet en question " : - Arnoldo Rivkin, L'invention inactuelle - Franco Purini, Architecture et politique - Rémi Rouyer, Le pixel et le surplus - Rémi Rouyer, Les figures de transposition du projet - Laurent Salomon & Judith Rotbart, N'être qu'un peintre égaré dans l'architecture - Benoît Goetz, La maison du projet - Joseph Abram, La terre et la pierre. La référence à l'Egypte antique dans le rationalisme architectural du XXe siècle - Mike Davis, Qui bâtira l'Arche ... - dossier sur l'architecte chilien José Cruz-Ovalle : - Fernando Pérez Oyarzun, José Cruz Ovalle, architecte : approche d'une situation - Alejandro Gabriel Crispiani, Hériter de l'avant-garde, ou l'empreinte de la forme - Jose Cruz-Ovalle, Quatre coordonnées simultanées, l'université Adolfo Ibáñez AUTEURS : Ont collaboré à ce numéro: Joseph Abram, Karim Basbous, Alejandro Gabriel Crispiani, Jose Cruz-Ovalle, Mike Davis, Benoît Goetz, Fernando Pérez Oyarzun, Franco Purini, Arnoldo Rivkin, Judith Rotbart, Rémi Rouyer, Laurent Salomon
Depuis sa renaissance en 2008 [après cinq ans d'interruption], Le Visiteur , revue d'architecture, entend donner la parole au discours critique, et installer un espace de pensée au service d'un réel débat, où l'on pourra notamment discuter la question - souvent éludée - de la réussite architecturale, en s'appuyant sur des cas précis. Cette revue tentera l'alliance entre un certain appétit littéraire et la culture du projet. SOMMAIRE du numéro 15 : - un article monographique sur un édifice remarquable et méconnu, pour rester fidèles à notre promesse de révéler des ouvres majeurs méconnues, hors du mainstream redondant. Il s'agira des archives de Tolède par Mendaro Corsini. - Un article de Hashim Sarkis. - Une section comprenant des articles inspirés du dernier colloque de la Société Française des Architectes intitulé : "Le territoire dans tous ses états". Il ne s'agit pas des actes à proprement parler, mais d'une sélection.
Depuis sa renaissance en 2008 [après cinq ans d'interruption], Le visiteur entend donner la paroleau discours critique, et installer un espace de pensée au service d'un réel débat, où l'on pourranotamment discuter la question ? souvent éludée ? de la réussite architecturale, en s'appuyant surdes cas précis. Cette revue tentera l'alliance entre un certain appétit littéraire et la culture duprojet.
L'ouvrage reprend, dans l'ordre chronologique de leur parution, de 1959 à 1993, des textes majeurs de Giancarlo De Carlo (1919-2005), qui n'ont jamais fait l'objet d'une traduction française ? ; il voudrait ainsi faire mesurer l'ampleur de cette oeuvre et son importance pour qui se soucie de l'espace où il vit Le lecteur est ainsi invité à suivre le parcours et le développement d'une pensée qui commence par prendre ses distances avec l'emprise du Mouvement Moderne et s'achève par une "? méditation pédagogique ? " d'une exceptionnelle qualité sur la tâche de l'architecte aux prises avec toutes les dimensions du lieu, par lesquelles jamais la ville ne devrait perdre de vue la qualité du territoire où elle s'insère. La réflexion sur l'architecture, proposée par un esprit soucieux de précision et essentiellement tourné vers la transmission la plus claire possible au public, aux étudiants, à tous ceux qui ont le goût du lieu où vivre, est si peu séparée de celle sur le contexte physique, géographique, historique, qu'elle prend tout ensemble tournure esthétique et politique ? : Giancarlo De Carlo a souci des conditions mêmes de l'architecture et des domaines que celle-ci doit aborder pour exister pleinement comme architecture : c'est ainsi qu'il se penche aussi bien sur l'université où elle s'enseigne, les débats qui agitent cette dernière dès avant 68, l'administration et les plans que son déploiement urbanistique suppose, les formes et les territoires où elle s'inscrit et qu'elle réinvente, que sur le public auquel elle s'adresse, moyennant l'idée de la "participation" , trop souvent mal comprise, retrouvant ainsi sa dimension d'habitation et de négociation avec l'espace réel où vivre et trouver des raisons de vivre.
Origo Iris ; Dupont Pierre ; Hughes-Hallett Lucy ;
Guerre dans le Val d'Orcia, livre issu du journal que tient Iris Origo en 1943-1944 (Ed. Conférence, 2011), relatait un épisode dramatique de la bataille de Florence. Iris Origo avait accueilli dans sa propriété de La Foce des enfants, réfugiés des villes du nord prises sous les bombardements ? ; mais les Allemands étaient aux portes, étaient dans la propriété même, et il lui fallait conduire les enfants en lieu sûr, alors que la bataille faisait rage. Action discrète et courageuse, qui caractérise toute la vie de l'auteur. C'est cette même dignité et cette même discrétion que l'on retrouve dans le journal antérieur, L'Air se rafraîchit ? ; il embrasse les mois qui vont de mars 1939 à juillet 1940. Rien ici qui soit attention à soi-même ou rumination autocentrée ? : qu'il s'agisse de la vie à La Foce, des conversations avec les paysans de ce sud de la Toscane, des déplacements à Rome dans le milieu diplomatique, de la perception inquiète de l'imminence de la guerre, de l'analyse de la situation italienne ou du portrait de quelques-uns des hiérarques du gouvernement fasciste, les pages d'Iris Origo nous offrent, avec une rare élégance et une précision de regard acérée, un document de premier ordre sur la vie italienne de cette période troublée.
La peinture de Pierre-Yves Gabioud est une recherche poétique de l'accord entre le coeur et la nature. L'artiste, sensible aux beautés des paysages montagneux comme à celles des choses simples, met son art au service de leur révélation. Ses dessins suivent avec l'élégance des paysages chinois le profil d'un sommet, ses gravures saisissent la forme bigarrée des chalets, ses huiles font généreusement refléter la lumière qui frappe la surface noire des peaux de cerises. Ce choix lucide en faveur de la figuration est fondé sur la conviction que l'art a son lieu véritable dans la rencontre de l'intériorité de l'artiste et de l'altérité du monde. Pierre-Yves Gabioud, dans des fusains ou des monotypes, des aquarelles ou des peintures à l'huile, façonne d'oeuvre en oeuvre le lexique pictural où cet accord s'accomplit, un lexique fait de douceur, de profondeur, de fantaisie aussi. Le peintre et son pays reproduit plus d'une centaine d'oeuvres de l'artiste ? : celles-ci s'accompagnent d'un entretien qui vise à en faire connaître l'esprit, ainsi que de deux textes qui reviennent sur l'esthétique et la poétique si singulières et saisissantes de l'art de Pierre-Yves Gabioud.
L'Ecole du Petit Ane est le livre de dévotion de l'âme démunie, qui connaît sa fragilité et fait sourdre son murmure en des prières-poèmes d'une extraordinaire et profonde simplicité. Le petit volume que nous présentons voudrait, par son format et sa facture, renouer avec la pratique de ces objets qu'on porte avec soi, ou qu'on laisse tout près de soi, parce que c'est d'abord au coeur qu'ils s'adressent. La revue Conférence, dans son numéro 33, paru il y a déjà plus de dix ans, avait reproduit des dessins de l'auteur, aussi simples et touchants que ses poèmes ? : des dessins de fleurs dans un vase, des fleurs qui se fanent de jour en jour, s'effacent jusqu'à l'humilité, consentent à disparaître. Ces poèmes leur répondent.