Il est peu de découvertes scientifiques qui aient suscité autant de fascination et de commentaires que celle de Copernic: la Terre n'est pas située au centre de l'univers et elle est en mouvement autour du Soleil. S'interrogeant sur les raisons de cette postérité exceptionnelle qui vit Copernic devenir un paradigme philosophique, Jean-Jacques Szczeciniarz analyse les relations entre ce que l'on appelle la révolution copernicienne et la réalité des résultats acquis par Copernic, et propose un parcours détaillé des textes de l'astronome. On y voit se dessiner un itinéraire jalonné d'hésitations et de contradictions. Hétérogène, l'oeuvre de Copernic hésite entre l'archaïque et le nouveau: au prix d'un gigantesque effort, Copernic a tenté d'adapter ses hypothèses à l'astronomie médiévale et renaissante. Il n'en a pas moins produit une nouvelle conception, véritablement philosophique, de l'apparence. Parce que Copernic invente l'idée d'un observateur en mouvement, pris dans l'objet même qu'il étudie, la philosophie se voit dès lors contrainte de penser sur de nouvelles bases ce qu'il en est de la connaissance. Mieux encore, la révolution copernicienne nous montre que nos grandes conquêtes scientifiques passent par le renoncement aux situations privilégiées que nous croyons légitimement occuper.
Nombre de pages
438
Date de parution
01/11/1998
Poids
560g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782082115674
Titre
Copernic et le mouvement de la Terre
Auteur
Szczeciniarz Jean-Jacques
Editeur
FLAMMARION
Largeur
152
Poids
560
Date de parution
19981101
Nombre de pages
438,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La preuve est à l'?uvre dans toutes les activités théoriques et pratiques. Dans la recherche scientifique, on recourt à la preuve pour faire admettre une découverte à une communauté donnée. Une preuve s'administre dans un conflit. Toute preuve apparaît ainsi comme une conséquence de la tension qui règne entre l'intérieur et l'extérieur de la science. Celle-ci se révèle essentielle à la démarche scientifique en tant que telle. L'un des intérêts majeurs de la recherche en intelligence artificielle tient à ce qu'elle permet de soumettre cette tension même à un examen approfondi. Elle mobilise à cette fin toutes les ressources de l'automatisation et de la formalisation. Ce livre, fruit de plusieurs années de recherche collective et internationale, propose les analyses qui permettent de caractériser l'activité probatoire dans l'unité de son projet et la diversité de ses manifestations. L'ouvrage se divise en quatre parties. La première est constituée par une réflexion philosophique sur le formalisme et l'activité de preuve, la seconde est plus particulièrement consacrée à la logique, la troisième pose les problèmes des formes d'automatisation de la preuve et déborde sur la quatrième qui traite des activités probatoires dans les sciences humaines.
Tous les commencements sont grands ! Le bel essai de Jean-Jacques Szczeciniarz sur le géocentrisme vient à point nous le rappeler. Et contrairement aux apparences, la réflexion de Jean-Jacques Szczeciniarz sur la signification profonde du géocentrisme antique pourrait bien être d'une brûlante actualité pour la science actuelle, laquelle cherche confusément un nouveau paradigme global. La myopie intellectuelle d'une certaine histoire des sciences tendrait à nous faire accroire que le géocentrisme aristotélicien était une erreur de parcours de la science, fondée sur une généralisation abusive de témoignage des sens. Jean-Jacques Szczeciniarz démontre de façon convaincante que le géocentrisme a joué un rôle clé dans la fondation de la scientificité chez les grecs en étant une condition nécessaire de la conceptualisation globale de l'Univers sous le mode de la sphère. On découvre dans ce livre un profond jeu d'inversion par lequel la place du regard central est en dualité avec le tout systématisé sous la figure de la sphère. L'univers antique est tout autant cosmocentrique que géocentrique. Et c'est là une des leçons majeures que je retiens de ce livre car j'y vois un message d'une grande actualité. La science grecque n'a pu commencer à décrire rationnellement la physique du monde local que quand elle a réussi à penser la globalité en termes géométriques (sphère). D'où la prégnance de la description sphérique (puis circulaire, puis épicyclique) des mouvements planétaires.
Jean Cavaillès (15 mai 1903-17 février 1944) était un philosophe français, héros et l'un des organisateurs de la Résistance, avant d'être fusillé à 40 ans par les nazis. Une journée d'hommage lui a été consacrée le 17 février 2014 à l'Ecole normale supérieure de Paris. Pierre-Yves Canu, Tommy Murtagh, Hourya Benis Sinaceur, Paul Cortois, Alya Aglan, Baptiste Mélès, Gerhard Heinzmann et Jacques Lautman présentent un Cavaillès indissociablement philosophe et Résistant, explorent les racines de sa pensée, montrent l'actualité de ses concepts. Jean-Jacques Szczeciniarz et Christian Houzel proposent une analyse du Mouvement de la jeunesse allemand, un historique de la société Les Amis de Jean Cavaillès, éditrice du présent recueil, et deux hommages à celui qui la présida de 1989 à 1995, le mathématicien Henri Cartan.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.