Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.
Nombre de pages
400
Date de parution
21/05/2026
Poids
210g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782080168993
Auteur
Jankélévitch Vladimir
Editeur
FLAMMARION
Largeur
108
Date de parution
20260521
Nombre de pages
400,00 €
Disponibilité
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Les choses respectables sont relatives et contradictoires, mais le fait de respecter ne l'est pas. Et ainsi, de même que la vie, sans cesse réduite à des phénomènes physico-chimiques par le mécanisme, se reconstitue toujours au-delà dans son irréductible vitalité, de même la liberté, réduite à des déterminismes, se reconstitue à l'infini dans son irréductible responsabilité. Tel est le ?Cogito moral? : chassez-le par la porte, il rentre par la fenêtre ou par la cheminée ; bouchez toutes les issues, vous le retrouverez assis à votre table ; comme l'ombre de la conscience selon Musset et l'oeil du remords selon Hugo, il est ce qui nous suit partout et à quoi nul ne peut échapper."
« Ce qui est racontable et analysable en philosophie première, c'est le progrès des négations secondes, toutes partitives et hypothétiques, parce que toutes présupposant la positivité de la pensée négative elle-même... Il n'y a plus rien à dire sur la dernière, seule effective et décisive et suffisante, car elle est une extinction soudaine et un Presque-rien instantané. L'ultime suppression de l'ultime vérité ne parachève pas à proprement parler l'ouvrage commencé par les précédentes, et les précédentes ne commencent même pas l"oeuvre nihilisatrice, le passage de quelque chose à rien s'effectuant d'un seul coup dans ce désespoir ultramicroscopique qu'est l'éclipse de la pensée; le coup de grâce de la syncope intuitive est donc hors série, comme est hors série le dernier soupir de l'agonisant, celui qui n'est pas seulement le moment final, mais la fin tout court. » (V. Jankélévitch)"
Lizt, rhapsode et baladin du monde européen, n'est-il pas aujourd'hui encore l'image même de notre modernité? Ce novateur qui a fait reculer les limites de la forme et de la tonalité, ce rhapsode à l'invention jaillissante, offre à notre époque une leçon de liberté et de générosité. L'édition de ces pages, longtemps inaccessibles, nous donne l'occasion de parcourir à nouveau quelques chemins de pensée et de passion en compagnie de Vladimir Jankélévitch, philosophe et musicien qui, à partir de ses compositeurs de prédilection (Liszt et Chopin, Fauré, Debussy et Ravel, mais aussi Satie et Mompou...), n'a cessé d'aller "de la musique au silence".