LES JOYEUX COMPERES

STEVENSON
VAGABONDE
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EAN : 9782919067084

Mais qui a peur des Joyeux Compères?On dira que j'ai retraduit ces Joyeux Compères pour me faire plaisir. C'est certain. Il est non moins certain que ne me font guère plaisir les traductions françaises de ce texte actuellement disponibles.La première, signée Jacques Parsons, publiée aux éditions Complexes à Bruxelles en 1992 sous les titre Les Gais Lurons a, dans la concordance des temps par exemple, l'inimitable parfum de la Wallonie. Elle a été reprise et «bricolée» aux éditions Phébus, où on peut la trouver dans le volume II de l'Intégrale des Nouvelles de Stevenson. Il faut cependant savoir ceci: une traduction bas de gamme, même bricolée, reste ce qu'elle fût, les éditeurs, vraisemblablement victimes de la fatigue, ayant laissé passer des perles comme «il s'arracha à mon étreinte en abandonnant l'épaule de sa veste» pour «la manche de sa veste me resta entre les mains», ou des phrases qui ressemblent aux pièces montées que l'on trouve parfois dans les pâtisseries du vieux Bruxelles, comme: «Il ne fallait pas que ce soit à l'avantage de cet aventurier aux bagues, mais au nôtre, à Mary et à moi, et à ce bénéfice de la bonne, vieille, honnête, bienfaisante famille des Darnaway.»; pour [voir le texte ici traduit], sans parier de ce qui, bien souvent, n'est qu'un indigeste galimatias.La seconde, La Chaussée des Merry Men, signée Mathieu Duplay, publiée en Pléiade en 2005 et reprise dans la collection Folio en 2008, a un titre «tendance» qui peut surprendre, mais on saisit vite l'astuce: rappeler que Stevenson, l'auteur de Treasure Island et de cet autre chef-d'oeuvre, La Noire Arrow, est d'abord un styliste. Ici, sur Aros, règne la curse des Merry Men. L'oncle Gordon, un ancien mariner, est un fana des wrecks. Le neveu cherche le treasure, l'oncle s'adresse à lui en l'appelant «mon ami» («oui, oui, mon ami, j'arrive») et retrouve des vestiges de conversation Grand Siècle («le linge de table sort de l'ordinaire»). On n'est pas très loin du: Mon ami, vous reprendrez bien une tasse de thé?Bref, qui se moque de qui: les traducteurs, les éditeurs, les libraires, les critiques? On ne peut qu'être surpris, en jetant un oeil sur le texte anglais, de s'apercevoir que l'oncle Gordon s'exprime en dialecte écossais, c'est-à-dire dans une langue où le parler ne parle pas. Pas une langue de bois, une langue de roc. Un langage de mort, celui des récifs, et chaque fois que la mer se lève, Gordon Darnaway devient l'un d'eux. Il sait crier, il sait hurler, il sait gronder, mais il ne sait pas parler.Même traduits en wallon ou en langage «tendance», les Joyeux Compères continuent de rugir. Car il faut comprendre que le récit de Stevenson est moins un récit qu'un rugissement, ou un grondement, une danse, un menuet mortel, «une sonate fantastique orchestrée par la mer et les naufrages», l'oncle devenant fou dès lors qu'il s'identifie à l'un de ces récifs diaboliques qui jubilent à chaque naufrage, et la folie devenant d'autant plus perceptible qu'elle se coule plus étroitement dans ce qui est pour la langue dominante (l'anglais que parle le neveu, étudiant à l'université d'Édimbourg) le langage du mal, le dialecte écossais, l'idiome du démon, «le bonome naer» de La Tordue, grimé ici en Noir abandonné par ses compagnons, unique survivant du naufrage.Patrick Reumaux

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Date de parution 13/11/2012
Poids 140g
Largeur 190mm
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EAN 9782919067084
Titre LES JOYEUX COMPERES
ISBN 2919067087
Auteur STEVENSON
Editeur VAGABONDE
Largeur 190
Poids 140
Date de parution 20121113

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