Mais qui a peur des Joyeux Compères?On dira que j'ai retraduit ces Joyeux Compères pour me faire plaisir. C'est certain. Il est non moins certain que ne me font guère plaisir les traductions françaises de ce texte actuellement disponibles.La première, signée Jacques Parsons, publiée aux éditions Complexes à Bruxelles en 1992 sous les titre Les Gais Lurons a, dans la concordance des temps par exemple, l'inimitable parfum de la Wallonie. Elle a été reprise et «bricolée» aux éditions Phébus, où on peut la trouver dans le volume II de l'Intégrale des Nouvelles de Stevenson. Il faut cependant savoir ceci: une traduction bas de gamme, même bricolée, reste ce qu'elle fût, les éditeurs, vraisemblablement victimes de la fatigue, ayant laissé passer des perles comme «il s'arracha à mon étreinte en abandonnant l'épaule de sa veste» pour «la manche de sa veste me resta entre les mains», ou des phrases qui ressemblent aux pièces montées que l'on trouve parfois dans les pâtisseries du vieux Bruxelles, comme: «Il ne fallait pas que ce soit à l'avantage de cet aventurier aux bagues, mais au nôtre, à Mary et à moi, et à ce bénéfice de la bonne, vieille, honnête, bienfaisante famille des Darnaway.»; pour [voir le texte ici traduit], sans parier de ce qui, bien souvent, n'est qu'un indigeste galimatias.La seconde, La Chaussée des Merry Men, signée Mathieu Duplay, publiée en Pléiade en 2005 et reprise dans la collection Folio en 2008, a un titre «tendance» qui peut surprendre, mais on saisit vite l'astuce: rappeler que Stevenson, l'auteur de Treasure Island et de cet autre chef-d'oeuvre, La Noire Arrow, est d'abord un styliste. Ici, sur Aros, règne la curse des Merry Men. L'oncle Gordon, un ancien mariner, est un fana des wrecks. Le neveu cherche le treasure, l'oncle s'adresse à lui en l'appelant «mon ami» («oui, oui, mon ami, j'arrive») et retrouve des vestiges de conversation Grand Siècle («le linge de table sort de l'ordinaire»). On n'est pas très loin du: Mon ami, vous reprendrez bien une tasse de thé?Bref, qui se moque de qui: les traducteurs, les éditeurs, les libraires, les critiques? On ne peut qu'être surpris, en jetant un oeil sur le texte anglais, de s'apercevoir que l'oncle Gordon s'exprime en dialecte écossais, c'est-à-dire dans une langue où le parler ne parle pas. Pas une langue de bois, une langue de roc. Un langage de mort, celui des récifs, et chaque fois que la mer se lève, Gordon Darnaway devient l'un d'eux. Il sait crier, il sait hurler, il sait gronder, mais il ne sait pas parler.Même traduits en wallon ou en langage «tendance», les Joyeux Compères continuent de rugir. Car il faut comprendre que le récit de Stevenson est moins un récit qu'un rugissement, ou un grondement, une danse, un menuet mortel, «une sonate fantastique orchestrée par la mer et les naufrages», l'oncle devenant fou dès lors qu'il s'identifie à l'un de ces récifs diaboliques qui jubilent à chaque naufrage, et la folie devenant d'autant plus perceptible qu'elle se coule plus étroitement dans ce qui est pour la langue dominante (l'anglais que parle le neveu, étudiant à l'université d'Édimbourg) le langage du mal, le dialecte écossais, l'idiome du démon, «le bonome naer» de La Tordue, grimé ici en Noir abandonné par ses compagnons, unique survivant du naufrage.Patrick Reumaux
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Date de parution
13/11/2012
Poids
140g
Largeur
190mm
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EAN
9782919067084
Titre
LES JOYEUX COMPERES
ISBN
2919067087
Auteur
STEVENSON
Editeur
VAGABONDE
Largeur
190
Poids
140
Date de parution
20121113
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Dans l'univers sans fin des cartes, les cartes d'îles possèdent un charme tout particulier. Les deux mondes, des cartes et des îles, s'y croisent, laissant émerger des formes riches et colorées. Cinq artistes, collectionneurs, chercheurs ont formé le collectif Stevenson pour en explorer et en célébrer les beautés, les incongruités, les fantaisies autant que la précision et la finesse. De la mise en commun de leurs trésors cartographiques chinés, dénichés, inhumés et patiemment amassés, est né Mappa insulae. Les îles s'y montrent parfois dans leur isolement absolu, cerclées d'une épaisseur bleue qui les sépare du reste du monde ; parfois en archipel, éparpillées "comme autant de pépins crachés dans l'eau" ; parfois encore simplement suggérées, récifs tapis sous des noms calligraphiés sur les flots. De carte en carte, d'île en île, de pensées en poèmes, nous voilà embarqués pour une traversée érudite et insolite.
En 1745, l'Ecosse se déchire entre les partisans du prince Charles, déchu du trône d'Angleterre, et ceux du roi George, qui lui a succédé. Déchirement d'un pays, mais aussi d'une famille : celle des Durie, dont le fils aîné, James, s'engage contre l'avis de tous aux côtés du prince Charles, qui sera défait en 1746. Disgracié et spolié de ses biens, James le liber-tin en rend injustement responsable son vertueux cadet, Henry. Commence alors une lutte fratricide implacable, qui entraînera le lecteur aux quatre coins du monde en un duel terrible entre le bien et le mal. Stevenson y dévoile avec un art consommé toute la complexité et l'ambiguïté de ses personnages. L'auteur de L'Île au trésor et de L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde signe ici un roman dont l 'Excellence, fut saluée notamment par Henry James, son ami de toujours, auquel les prénoms des deux protagonistes rendent hommage. Ce récit fit porté à 1 'écran par William Keighley en 1953 et adapté en bande dessinée par Hippolyte en 2006.
Résumé : Il y eut, à l'instar de Rome, les capitales "nombrils du monde", phares spirituels des civilisations. Aujourd'hui, question villes, l'éternité n'a plus cours. Plus aucune d'elles n'est le centre ni la carte du monde. Sous l'effet d'une modernité dévorante, elles enflent, débordant bientôt les planches des plans-guides. Parfois elles se déplacent, meurent aussi ou changent de nom. Une chose reste : il n'y a pas deux cités semblables. Et quand le planisphère veut embrasser le monde, l'échelle du plan de ville fait surgir - parfois dans l'extrême détail - leurs réalités particulières. De marbre, de papier, de tissu - et choisis tels les morceaux d'une anthologie -, les plans réunis ici convoquent la minutie cartographique et le trait à l'aquarelle, l'économie politique et la poésie, le rationnel et l'inventif..., se donnant à lire comme autant d'histoires, de rêves et autant d'aventures. Au fil des pages, ils dessinent sous nos yeux un curieux atlas urbain qui, plus qu'à trouver notre chemin, nous invite à nous perdre.
« On me dit que certains ne s'intéressent pas aux cartes ; j'ai peine à le croire? » Robert Louis StevensonOn l'appelait « géographie physique » par opposition à la « géographie humaine ». Elle a donné lieu à de nombreuses cartes qui ont jadis orné les murs des écoles : océans, rivières, forêts, montagnes, déserts, pôles, géologie, migrations animales? Mappa naturae propose une sélection renouvelée de ces images fascinantes, souvent inédites, soulignant la richesse de ces façons de cartographier le monde naturel.Les cartes de la nature s'efforcent désormais de retracer l'état de la planète et les dangers qui la menacent. À côté des cartes historiques, des travaux scientifiques ou des propositions artistiques cherchent à élargir nos regards sur les transformations en cours du vivant, du végétal, du minéral. Et les réalités les plus glaçantes peuvent donner lieu à une représentation séduisante.4e de couverture : « On me dit que certains ne s'intéressent pas aux cartes ; j'ai peine à le croire? » Robert Louis StevensonOn l'appelait « géographie physique » par opposition à la « géographie humaine ». Elle a donné lieu à de nombreuses cartes qui ont jadis orné les murs des écoles : océans, rivières, forêts, montagnes, déserts, pôles, géologie, migrations animales? Mappa naturae propose une sélection renouvelée de ces images fascinantes, souvent inédites, soulignant la richesse de ces façons de cartographier le monde naturel.Les cartes de la nature s'efforcent désormais de retracer l'état de la planète et les dangers qui la menacent. À côté des cartes historiques, des travaux scientifiques ou des propositions artistiques cherchent à élargir nos regards sur les transformations en cours du vivant, du végétal, du minéral. Et les réalités les plus glaçantes peuvent donner lieu à une représentation séduisante.