Itinéraire d'un intellectuel khmer rouge. Suivi de Les acteurs du drame
Sikoeun Suong ; Locard Henri
CERF
38,50 €
Epuisé
EAN :9782204100014
Pour la première fois, un haut cadre khmer muge, Suung Sikocun, livre son témoignage sur un engagement révolutionnaire de plus de soixante années, et sur la dérive totalitaire du régime communiste le plus criminel et le plus secret du XXe siècle. Fils de paysan entré à 16 ans, en 1952, dans le mouvement révolutionnaire, initié au marxisme - léninisme par son mentor leng Sary et par Saloth Sar - le futur Pol Pot -, Suong Sikoeun est imprégné de culture française colonisation oblige - et grand admirateur de Robespierre et de la Révolution. Etudiant à la Sorbonne, il devient à partir de 1957 leader des étudiants cambodgiens en France, tout en appartenant clandestinement à un cercle marxiste léniniste et à une cellule du Parti communiste français. En 1970, il rejoint le prince Sihanouk à Pékin et devient membre du Parti communiste du Kampuchéa clandestin. Le 17 avril 1975, les Khmers rouges s'emparent de Phnom Penh et entament la partie la plus sanglante de leur sinistre trajectoire : en trois ans et demi, le régime tuera près de 2 millions de Cambodgiens, soit le quart de la population. Pour la première fois, ce régime - alors encensé par le PCF et nombre d'intellectuels français - est décrit de l'intérieur. On t découvre la " rééducation prolétarienne les purges dans le Parti, la délation et la peur d'être catalogué comme traître, les permanentes autocritiques publiques et l'omniprésent secret qui couvre la terreur d'une chape de silence. En août 2012, Suong Sikoeun a donné son témoignage devant le tribunal pénal international qui, à Phnom Penh, juge les dirigeants khmers rouges pour crime contre l'humanité. Il a raconté toutes ses illusions de jeunesse, toute son horreur du régime qu'il a contribue à ériger et tous ses remords pour les innombrables victimes. Un témoignage qui n'aurait pu voir le jour sans la patience et la ténacité d'Hennri Locard, cc spécialiste du Kampuchéa démocratique, qui a accompagné Suong Sikoeun durant tout son chemin de repentance et publie ici une importante annexe biographique : " Les acteurs du drame ".
A la croisée de l'histoire religieuse, de l'innovation technologique et des Humanités numériques, ce volume monumental retrace une aventure intellectuelle et humaine hors du commun : celle d' "Informatique et Bible" à l'abbaye bénédictine de Maredsous, de 1968 à 2018. Dans un format exceptionnel et sur près de 800 pages abondamment documentées, l'ouvrage rassemble témoignages, archives, analyses et textes fondateurs autour d'une expérience pionnière qui marquera durablement l'histoire de l'informatique appliquée aux textes. Bien avant l'essor du numérique contemporain, des moines bénédictins visionnaires développèrent, avec le soutien d'IBM-Belgium et d'un vaste réseau international de chercheurs, des outils novateurs pour l'étude, l'édition et la diffusion des textes bibliques et scientifiques. Des premières concordances bibliques informatisées aux bases de données textuelles multilingues, des cartes perforées au Minitel, voici racontée l'aventure d'une véritable "conversion" de la culture alphabétique vers la culture numérique. Structuré en quatre grandes parties complémentaires - chronique historique, notices encyclopédiques, textes majeurs et inventaire patrimonial - ce livre constitue à la fois une somme documentaire, une mémoire vivante et un outil de référence. Le lecteur y découvre les grandes réalisations qui firent la renommée de Maredsous : la Table Pastorale de la Bible (1974), les premières concordances analytiques françaises, le Dictionnaire Encyclopédique de la Bible publié simultanément sous forme imprimée et numérique dès 1987, ainsi qu'un demi-siècle de réflexions sur les mutations culturelles engendrées par les technologies de l'information. Notamment porté par le Fr. Robert-Ferdinand Poswick, osb, cet ouvrage s'impose déjà comme une contribution majeure à l'histoire des Humanités numériques européennes. Comme l'écrit Pierre Mounier-Kuhn : "Il aura sa place dans toutes les bibliothèques et bibliographies d'Humanités numériques".
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
2019 marque le neuvième centenaire de la Carta caritatis, ou plus exactement de la confirmation de ce texte cistercien essentiel par le pape Calixte II le 23 décembre 1119. Maillon essentiel dans la construction de l'édifice cistercien, la Charte de charité entend préserver l'esprit de Cîteaux, alors que le " Nouveau Monastère " s'était mis à essaimer. Sa préoccupation est de garantir charité et unanimité entre l'abbaye-mère et ses abbayes-filles. L'enjeu est majeur et le rythme des fondations justifie que le texte soit en évolution durant plusieurs décennies. Il est d'ailleurs en pleine gestation au moment de sa première approbation pontificale en 1119. Texte incontournable de la genèse cistercienne, la Carta caritatis a fait l'objet de nombreuses études. Son élaboration a ainsi suscité de riches discussions, tout comme l'emprise de ce document constitutionnel sur l'histoire cistercienne. Les aspects historiques et législatifs de la Charte de charité ne doivent pas pour autant faire oublier les principes spirituels d'un texte dont l'essence est de protéger l'esprit d'amour entre les communautés. Le présent volume constitue les actes du colloque organisé par l'Association pour le rayonnement de la culture cistercienne (ARCCIS), en partenariat avec le Collège des Bernardins et fait le point sur ces questions qui ont touché et qui touchent aujourd'hui encore les membres de la Famille cistercienne. La rencontre a également été l'occasion d'appréhender la Charte de charité en tant que source d'inspiration dans le monde religieux, mais aussi lai ? c, notamment entrepreneurial.
En moins de quatre ans, entre le 17 avril 1975 et le 7 janvier 1979, les Khmers rouges ont instauré au Cambodge l'un des régimes politiques les plus criminels de l'histoire. La démence de Pol Pot et de ses hommes aura causé la mort de 2 millions de Cambodgiens, près d'un tiers de la population. À l'occasion du procès pour crimes contre l'humanité intenté par la justice internationale à cinq hauts responsables khmers rouges encore en vie, Francis Deron donne ici les fruits de l'enquête qu'il mène depuis trois décennies sur ce génocide aux contours encore mystérieux, enquête inlassablement nourrie de reportages, d'interviews, d'articles, de rencontres et d'histoire. Ce livre est aussi le procès d'un communisme, le premier de la machine à broyer les hommes qu'institua cette idéologie parvenue au pouvoir. Enfants du Parti communiste français, de Staline et de Mao, Pol Pot et ses lieutenants sont en outre des avatars des idéaux humanistes dont la France coloniale les avait bercés dans leur jeunesse, dévoyés dans un paroxysme de perversité. L'un des plus grands drames humains du XXe siècle, le génocide du Cambodge hante encore une nation entière, mais aussi le monde du XXIe siècle. Biographie de l'auteur Francis Deron a été correspondant de l'AFP puis du Monde à Pékin et à Bangkok de 1977 à 1997. Rédacteur en chef adjoint du service international du Monde de 1997 à 2005, il assure aujourd'hui à nouveau depuis Bangkok la correspondance de l'ensemble de l'Asie Sud-Est.
Phnom Penh, mars 2009. Kaing Guek Eav, plus connu sous le nom de Douch, responsable de la torture et de la mort de plus de 12 000 victimes à la prison de Tuol Sleng (S-21), est seul derrière une vitre insonorisée: seul face à la justice internationale, seul face aux familles de ses victimes, seul peut-être plus que tout face à lui-même, à l'étendue d'un crime impossible à sonder, impossible à pardonner. Le maître des aveux est une saisissante évocation de son destin, mais aussi de l'étonnante « comédie humaine », tour à tour bouleversante et déroutante, qui s'est déroulée autour de son procès. Thierry Cruvellier est le seul journaliste français qui a assisté à la totalité de ce procès, du premier au dernier jour, qui a vu un événement remarquable et peu noté: pour la première fois devant un de ces tribunaux, un accusé qui reconnaissait sa responsabilité personnelle dans des crimes innommables, plaidait coupable et demandait pardon aux victimes, était à la barre pendant six mois à essayer d'expliquer et de s'expliquer. Ce procès allait-il se dérouler à contre-courant des attentes et apporter enfin, pour la première fois, apaisement aux victimes? Allait-il dessiner la figure d'un bourreau « différent »? Allait-il jouer ce rôle toujours attendu et jamais réalisé de « procès pour l'histoire »? C'est la tragédie particulière, jusqu'à son coup de théâtre final, du procès du génocide khmer rouge qu'il n'en ait, en fait, rien été, et que le bouleversement des rituels attendus ait provoqué des moments d'une intensité exceptionnelle, des scènes d'une émotion considérable, des joutes médiocres et magnifiques ? et au final une amertume profonde chez tous les acteurs de cette pièce. Il fallait pour écrire ce livre un ensemble de qualités presque impossible: une connaissance, une expérience, une discrétion, mais surtout, tout simplement un talent doublé d'une humanité profonde.
Longtemps ignoré par le reste du monde, le Bhoutan, caché dans les replis de l'Himalaya, était un mystère. Le "Pays du Dragon" faisait fantasmer les explorateurs, mais très rares sont ceux qui le visitèrent avant le milieu du XXe siècle. Véritable miracle de la géopolitique, il parvint toujours à garder son indépendance grâce, entre autres, à une position géographique remarquable et à des dirigeants avisés. Petit Poucet à peine grand comme la Suisse, il vit aujourd'hui entre deux géants planétaires, l'Inde et la Chine. Depuis quelques années, ce royaume, bastion du bouddhisme, s'est investi dans une politique de développement originale fondée sur l'équilibre entre valeurs spirituelles et prospérité matérielle. À la lumière de documents historiques et contemporains inédits, Françoise Pommaret nous invite à comprendre l'évolution surprenante d'un peuple fier, passé de la théocratie à la monarchie et dont l'un des défis, aujourd'hui, est d'atteindre le "bonheur national brut".
1971. Emprisonné par les Khmers rouges, l'ethnologue François Bizot doit sa libération à son geôlier, un jeune révolutionnaire idéaliste du nom de Douch. 1988. En visitant l'ancien centre de torture de S21, Bizot découvre que Douch est responsable de la mort de milliers de personnes. 2003. Bizot revoit Douch pour la première fois. Un étrange dialogue se poursuit au-delà de leur rencontre. 2009. Au procès des Khmers rouges, François Bizot est le seul témoin convoqué par la Chambre. Dans une déposition bouleversante, il expose l'interrogation au centre de sa vie - comment reconnaître les crimes des bourreaux sans mettre en cause l'homme lui-même ? Comment faire face à Douch sans nous regarder dans le miroir ? Dix ans après Le portail, François Bizot continue d'instruire dans Le silence du bourreau cet éternel dossier que Romain Gary appelait «l'Affaire Homme».