Qu'il soit aujourd'hui accepté dans ses significations les plus subversives ou que l'on débatte de son contenu réel, le concept de "Lumières radicales" s'est imposé dans les études historiographiques sur le XVIIe et le XVIIIe siècles: au maximum, comme un concept opératoire déjà mis en ?uvre avec succès ou, minimalement, comme un objet d'interrogation et de discussion entre chercheurs. Tout le monde s'accorde sur l'existence d'une "radicalité" au c'ur des Lumières. C'est sur le sens, le statut et l'histoire de cette "radicalité" plus ou moins clandestine que s'interrogent les différentes études qui composent cet ouvrage, ainsi que sur la continuité ou les ruptures caractéristiques de l'émergence des pensées et des mouvements contestataires depuis le milieu du XVIIe siècle. Existe-t-il un seul et même mouvement unitaire de la libre pensée au début de l'ère moderne? Quelle place attribuer au libertinage érudit vis-à-vis de ce qui deviendra les Lumières "radicales"? Le panthéisme, qui apparaît comme une position majeure du combat des Lumières radicales, enveloppe-t-il un athéisme lui-même radical ou n'exprime-t-il que le fond inavoué voire la vérité même de toute religion? A la lumière des différentes études qui composent cet ouvrage, c'est la multitude des "radicalités" (dans les contenus, les méthodes, les principes, etc.) qui s'impose.
Nombre de pages
403
Date de parution
08/02/2007
Poids
598g
Largeur
160mm
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EAN
9782915547399
Titre
Qu'est-ce que les Lumières "radicales" ? Libertinage, athéisme et spinozisme dans le tournant philos
Le Mercator sapiens est un éloge de la philosophie qui fut prononcé lors de l'inauguration de l'Ecole Illustre d'Amsterdam, en 1632. Par sa forme comme par son contenu, l'?uvre appartient au genre de l'"oratio inauguralis" dont l'histoire des académies et institutions d'enseignement néerlandaises conservent tant d'exemples. Mais seul le discours de Caspar Barlaeus est demeuré célèbre, car, au-delà de sa perfection formelle, ce texte était fondé sur une adéquation parfaite entre son objet et son auditoire. En cette ville, la plus riche et la plus active de l'Europe du XVIIe siècle, associer l'éloge de la philosophie à celle du commerce ne pouvait apparaître, aux grands marchands de l'époque, que comme une forme d'ennoblissement et de légitimation de leur réussite. Ainsi, ce discours inaugural qui exploite la rhétorique d'un genre pour donner une portée nouvelle à un thème ancien, constitue un témoignage précieux sur l'émergence de l'individu à travers la valorisation de ses entreprises.
Le " Siècle d'or " (XVIIe siècle) des Provinces-Unies fut une réalité reconnue dès l'époque, tant par les Néerlandais eux-mêmes que par les innombrables étrangers, voyageurs, commerçants ou réfugiés, qui affluèrent de toutes parts. Le " Siècle d'or " (XVIIe siècle) des Provinces-Unies fut une réalité reconnue dès l'époque, tant par les Néerlandais eux-mêmes que par les innombrables étrangers, voyageurs, commerçants ou réfugiés, qui affluèrent de toutes parts. Phare de l'espace européen de leur temps, les Pays-Bas se sont illustrés par des innovations dans les domaines les plus variés : politique avec leur système républicain, technique avec les poldérisations, économique avec leurs établissements bancaires, artistique avec des peintres d'exception, religieux avec une gestion des cultes marquée par un impératif de tolérance alors exceptionnel en Occident. C'est ce pays en effervescence que nous présente ce dictionnaire à travers 450 notices dues à plus de 100 spécialistes, couvrant tous les domaines de la vie : de la traite des esclaves à l'interprétation de l'Écriture sainte, du commerce avec les colonies à la peinture à l'huile, des guerres de Hollande à la production du fromage, du patinage aux Lumières radicales. Philosophes, artistes, personnages historiques, familles de notables complètent cette présentation du pays. L'eau, enfin, que ce soit celle de la mer ou celle des fleuves, occupe une place spécifique : des inondations à la construction navale, des écluses aux canaux, et à la cartographie. Une incursion vivante dans l'histoire du XVIIe siècle.
La philosophie de la religion se distingue à la fois de la théologie et des sciences de la religion. Elle tente d'une part de dégager ce qui fait l'essence de la religion en général, c'est-à-dire les traits dominants comparables d'une religion à l'autre ; elle fait converger, d'autre part, la philosophie et la religion, engageant l'une sur les voies d'une rationalité spécifique au risque de sublimer l'autre en un Savoir absolu. Divers modèles de convergence entre philosophie et religion se présentent à l'analyste ; le modèle hégélien demeure l'un des plus aboutis. Mais vaut-il encore pour une philosophie des religions, à laquelle nous engage aujourd'hui le dialogue interreligieux ? A l'heure où le dialogue entre les religions est devenu un impératif et un enjeu d'une mondialisation respectable, les études sur la philosophie de la religion sont d'une actualité évidente. Ce dont cet ouvrage voudrait porter témoignage.
Lorsqu'il fut publié pour la première fois aux Etats-Unis en 1990, Epistémologie du placard devint immédiatement un classique qui, aux côtés des travaux de Judith Butler et de Teresa de Lauretis, posa les termes de la " théorie queer ". À mi-chemin entre les études féministes et les gay and lesbian studies, Eve Kosofsky Sedgwick déconstruit la sexualité comme Butler le genre. Dans cet ouvrage de référence, elle affirme que l'ensemble de la culture occidentale moderne s'articule autour de l'opposition homo/hétérosexuel et que celle-ci affecte les binarismes qui structurent l'épistémologie contemporaine, de savoir/ignorance à privé/public en passant par santé/maladie. S'appuyant sur de nombreux textes datant de la fin du XIXe et du début du XXe siècles (Wilde, Proust, Nietzsche, Melville et James), l'auteur traque l'émergence des nouveaux discours institutionnels médicaux, juridiques, littéraires et psychologiques, qui produiront en miroir les figures de " l'homosexuel " et de " l'hétérosexuel ", au détriment des multiples différences au c?ur des sexualités.
Pourquoi étudier aujourd'hui des textes littéraires rédigés il y a plusieurs siècles ? Pour quoi faire ? On répondra à ces questions en proposant un plaidoyer pour les lectures actualisantes, qui cherchent dans les textes d'hier de quoi réfléchir sur les problèmes d'aujourd'hui et de demain. Ce plaidoyer proposera en fait cinq livres reliés en un seul : une théorisation rigoureuse des méthodes, des enjeux et des limites du geste actualisateur ; un essai d'ontologie herméneutique, qui fait de l'activité de lecture le modèle de constitution de notre réalité humaine et sociale ; une tentative de cartographie des principaux changements sociétaux en cours, destinée à situer le rôle nouveau que sont appelées à jouer les activités d'interprétation ; une prise de position politique dénonçant les angles morts et les perspectives étriquées du néo-conservatisme dominant ; un ouvrage de vulgarisation, visant à faciliter l'accès aux problématiques actuelles de la théorie littéraire, de la réflexion herméneutique et des multiples noeuds qui unissent biopolitique, capitalisme cognitif et économie des affects. Cette démonstration articulée en 14 chapitres et scandée par 58 thèses succinctes invite son lecteur à conclure que, loin d'être condamnées à rester une discipline poussiéreuse, les études littéraires peuvent devenir le lieu d'une indiscipline exaltante, en plein centre des débats les plus brûlants de notre actualité.Yves Citton est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l'université de Grenoble-3 et membre de l'UMR LIRE (CNRS 5611). Outre une soixantaine d'articles sur la littérature et la pensée des Lumières, l'histoire de l'économie politique et le jazz, il a publié Impuissances (Aubier, 1994), Portrait de l'économiste en physiocrate (L'Harmattan, 2000), L'Envers de la liberté. L'invention d'un imaginaire spinoziste dans la France des Lumières (Editions Amsterdam, 2006) (Prix Rhône-Alpes du Livre 2007) et Spinoza et les sciences sociales (Editions Amsterdam, 2008, avec Frédéric Lardon). Il est membre du comité de rédaction des revues Multitudes et Dix-huitième siècle.
Dans la très riche histoire des études sur l'âge classique, c'est la première fois qu'un ouvrage se donne pour projet l'analyse comparative des philosophies de Pascal et de Spinoza. Les univers de pensée des deux auteurs ont longtemps été tenus pour si hétérogènes qu'il apparaissait inutile de réfléchir même à leur incompatibilité. Que pourraient bien avoir à se dire, en effet, le solitaire de Port-Royal, apologiste de la religion chrétienne, et le Juif athée de Voorburg ? C'est oublier que tous deux avaient sur leur table de travail la Bible et le Discours de la méthode, et que la même année, 1670, paraissent les Pensées et le Tractatus theologicopoliticus. Pascal et Spinoza partagent des intérêts communs, développent des problématisations parallèles, engagent des connivences souterraines et des divergences irréductibles. Sans se connaître, ils se sont en quelque sorte répondu. Les lectures croisées que propose cet ouvrage permettent d'apporter un éclairage suggestif sur leurs ?uvres respectives. L'investigation de ces points de rencontres et de désaccords s'avère aussi être, pour nous, une source d'idées nouvelles sur la conception de l'Écriture et de la religion, de l'anthropologie et de l'éthique, des sciences et de la politique, de la sagesse ou du salut. Au-delà de l'histoire des idées, mais aussi grâce à elle, cette première étude systématique et comparative du contraste Pascal-Spinoza offre au lecteur contemporain des frayages philosophiques éminemment prospectifs.