En dépit d'un intérêt croisant pour la " légalisation et la " régulation " des relations internationales, la façon dont les normes globales sont créées reste méconnue. L'ouvrage part de l'hypothèse selon laquelle leur énonciation s'effectuerait directement dans l'espace international sans avoir fait l'objet de débats nationaux, mais il démontre finalement l'inverse : avant d'être généralisées au niveau mondial, les normes viennent de l'intérieur même des États, et leur origine est plutôt privée que publique. Ce fait relativise le rôle des organisations intergouvernementales dans ce processus. Les études de cas réunies dans ce livre brossent ainsi un tableau original de la création de normes. Elles en distinguent quatre formes : énonciation " éthique " à l'origine de laquelle se trouvent des moralisateurs ; énonciation " experte " reposant sur la capacité d'innover de spécialistes ; énonciation " interprétative " faite par des juges qui donnent aux normes un contenu pratique ; " adaptation " aux normes émergentes par des militaires et des diplomates.
Nombre de pages
387
Date de parution
30/03/2009
Poids
655g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782296075658
Titre
Normer le monde
Auteur
Schemeil Yves ; Eberwein Wolf-Dieter
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
160
Poids
655
Date de parution
20090330
Nombre de pages
387,00 €
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Egypte et Mésopotamie connaissaient les règles du débat public contradictoire, le vote, la représentation, le contrat social. Elles étaient déjà organisées par des hommes et des femmes qui se spécialisaient dans la direction des affaires communes. Justifiant leurs procédures par des considérations générales, personnes ordinaires ou fortes personnalités tentaient de rendre la vie privée compatible avec la construction d'Etats. Elles cherchaient à éviter la concentration durable du pouvoir tout en fondant la vie publique sur des bases solides. Cette archéologie de la politique montre que la manière dont ces questions ont été posées et résolues dans l'Ancien Orient est finalement assez proche de la nôtre.
Dans le monde contemporain, tout homme est soumis, des degrés divers, un pouvoir gouvernemental. Mais le fait d'être gouverné ne peut s'analyser dans sa généralité et sa complexité si l'on porte le regard sur les seuls destinataires de l'action publique. Les manières de gouverner, les multiples faons dont se définissent et se déploient les politiques publiques engagent des rapports fort divers entre ceux qui sont gouvernés et ceux qui les gouvernent. On ne saurait de surcroît oublier que les uns et les autres oeuvrent dans le champ clos de l'Etat, dont la place dans les relations sociales est encore et toujours revisiter. Dans quelles perspectives appréhender ces hommes et femmes que l'on gouverne ? Comment les gouverne-t-on ? Sont-ils d'ailleurs gouvernables ? L'Etat doit-il être tenu en lisière, réinvesti, dépassé ? Telles sont les questions autour desquelles s'organisent les contributions rassembles dans ce livre publié en l'honneur de Jean Leca. Une vingtaine de politologues, parmi les plus représentatifs et reconnus de la discipline, rendent ainsi hommage une figure majeure de la science politique internationale.
On se lancera dans la lecture de l'ouvrage de Nicolas Monceau pour y trouver une explication originale de deux histoires imbriquées mais très difficiles : celle des intellectuels et de la politique ; celle de la Turquie et de l'Europe. Le livre refermé, on en saura plus sur ce qui lie enseignants, étudiants, artistes d'un côté ; et chefs de partis, bureaucrates ou militaires, de l'autre. On aura une idée plus claire de ce qui associe ou dissocie les valeurs réformatrices locales et les valeurs unificatrices européennes. On comprendra mieux les ressorts de l'engagement; les conditions dans lesquelles se pose le problème de la démocratie; et les attitudes envers l'Europe. Et, bien sûr, on en saura beaucoup plus sur la Turquie elle-même !. L'innovation réside dans la découverte de ces générations politiques successives, chacune façonnée par l'un des coups d'État militaires qui se sont succédé depuis la fin de la seconde guerre mondiale ...1 Ces ruptures ont profondément influencé les trajectoires éducatives, professionnelles ou militantes. À l'avenir, on se rappellera que cette recherche fut la première d'une série que l'on souhaite longue. En dépit de la modestie de l'auteur, elle marque ainsi le lancement d'un nouveau débat sur la meilleure façon d'analyser la Turquie contemporaine. On sera doublement reconnaissant à Nicolas Monceau: d'avoir réussi à nous fournir des preuves multiples de rigueur scientifique sur lesquelles son raisonnement s'appuie ; mais aussi d'avoir mis à notre disposition dans une langue claire et élégante des éléments de connaissance et de compréhension de nos interlocuteurs, sinon de nos partenaires, de l'Europe de demain. Si la longueur du processus de négociation entre Bruxelles et Ankara donnait la mesure du temps au cours duquel ce livre restera d'actualité, on le lira encore dans vingt ans ! ". Yves Schemeil
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...