Regards sur la crise moderniste en France. Une Eglise intangible dans un monde en mouvement
Sardella Louis-Pierre
KARTHALA
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EAN :9782811119584
Durant la première décennie du XXe siècle, l'Eglise catholique a été secouée par une des crises majeures de son histoire, la "crise moderniste", née de l'attitude intransigeante adoptée par Rome, après la Révolution française, vis-à-vis de la modernité culturelle et politique. Durant les dernières années du XIXe siècle, principalement en France, des laïcs et des prêtres, inquiets de l'écart grandissant entre les positions traditionnelles de la théologie et les avancées des différentes sciences, ont tenté de faire admettre par le magistère romain l'urgence d'une réforme afin d'assurer l'avenir de l'Eglise en modifiant son regard sur le monde moderne. Un évêque, Mgr Mignot, fut l'un des plus actifs, parmi les clercs, à tenter de faire comprendre au Saint-Siège qu'il fallait laisser le champ libre à la recherche et prendre en compte l'évolution des mentalités. Un autre prêtre, l'abbé Lucien Lacroix, fonda la Revue du clergé français pour mettre au service du clergé un outil d'information et de formation adapté à un apostolat en phase avec les aspirations du monde moderne. A Lyon, un groupe de catholiques libéraux et progressistes soutint l'hebdomadaire Demain fondé par un laïc, Pierre Jay, pour faire évoluer les mentalités catholiques hors du modèle intransigeant. Ces efforts furent condamnés par Pie X en septembre 1907, dans l'encyclique Pascendi dominici gregis, comme étant le "carrefour de toutes les hérésies". Il s'ensuivit un climat délétère dans l'Eglise avec son lot de sanctions, de dénonciations. Surtout le soupçon de modernisme a pesé tout au long du XXe siècle sur toute initiative intellectuelle originale. Reprenant 13 articles parus dans différentes publications, ce livre offre un panorama original sur ce moment crucial de l'histoire récente de l'Eglise.
Nombre de pages
316
Date de parution
02/03/2018
Poids
530g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811119584
Auteur
Sardella Louis-Pierre
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20180302
Nombre de pages
316,00 €
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Au début du XXe siècle, les catholiques français étaient-ils tous des antirépublicains réactionnaires, antidreyfusards, cléricaux traumatisés par la séparation de l'Eglise et de l'Etat et la crise des inventaires ? Telle n'est pas la réalité que Louis-Pierre Sardella décrit ici à travers l'exemple de la revue lyonnaise Demain, fondée en 1905 dans le but d'amener les catholiques à une "intime refonte de conscience et de mentalité" pour qu'ils soient "ce ferment dont la société moderne a besoin". Laboratoire d'idées d'avant-garde, Demain est un bon révélateur du climat d'"audace et de soupçon", selon la formule de Pierre Colin, qui prévalait dans le catholicisme de l'époque. Bien que disparue précocement, dès juillet 1907, cette revue illustre la capacité de réflexion d'une partie du catholicisme français qui, confronté à une société politique hostile et au raidissement de l'Eglise, ne se décourage pas et entend rester force de proposition. Soucieux d'une foi vécue dans le monde, les responsables de cette revue, pourtant bien insérés dans le tissu très vivant du catholicisme à Lyon, ont peiné à faire vivre un espace de débat serein entre des positions intransigeantes. Un destin contrarié qui éclaire les difficultés, plus feutrées, d'aujourd'hui.
Mgr Eudoxe Irénée Mignot (1842-1918), évêque de Fréjus (1890) puis archevêque d'Albi (1899), a été, du fait de son ouverture d'esprit et de sa compétence dans le domaine biblique, l'un des évêques français de son temps le plus impliqué dans la crise moderniste. Son amitié indéfectible pour l'abbé Alfred Loisy et le soutien sans faille qu'il a apporté à l'exégète suspect puis condamné et finalement excommunié ont été une source d'incompréhension pour la plus grande partie de l'opinion catholique de son temps, y compris ses collègues évêques et le magistère romain. En sorte que la défense de son orthodoxie a été l'objet d'un véritable enjeu de mémoire jusque dans les années 1930. Face aux principales questions en débat dans l'Eglise catholique durant le quart de siècle qui a précédé la Première Guerre mondiale - nature de la révélation, caractère de la connaissance de foi qui y répond, valeurs des formules dogmatiques qui l'énoncent, rôle et méthodes de l'apologétique qui en établit le bien-fondé -, Mgr Mignot était persuadé que l'Eglise n'avait rien à craindre de la prise en compte des résultats de la méthode historico-critique appliquée à la lecture de la Bible et de la mise en ?uvre d'une apologétique qui ferait davantage droit aux exigences de la conscience moderne ainsi qu'à l'idée de développement de la doctrine qu'il avait faite sienne à la suite de sa lecture de John Newman. Il considérait donc qu'il fallait laisser aux chercheurs une pleine liberté et que la théologie ne devait plus avoir pour objectif l'exposition d'un corps de doctrine censé être intangible, mais celui de proposer une meilleure intelligence de la foi chrétienne en tenant compte des exigences de la pensée contemporaine. Sa grande culture, la compréhension qu'il avait des impératifs de la recherche le faisaient s'accommoder d'idées qu'il ne partageait pas nécessairement. Il les considérait comme la manifestation de la vitalité même de l'Eglise et estimait qu'il fallait laisser au temps le soin de faire le tri entre " le bon grain et l'ivraie ". Comme le note Alfred Loisy, s'il a beaucoup souffert de la suspicion dont il a été l'objet, il a attendu " sans impatience le triomphe de la vérité ".
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.