Le Bar qui engloutit tous les Espagnols est le récit théâtral d'une transformation personnelle qui symbolise la liberté, au coeur de l'Espagne contemporaine. En 1963, Jorge Arizmendi, un prêtre de Navarre âgé de 33 ans, décide de changer de vie, de quitter le sacerdoce pour se rendre aux Etats-Unis et y apprendre à vivre. Au début des années soixante, l'Eglise espagnole a promu une petite révolution aux conséquences historiques inouïes en facilitant des procédures de dispenses aux prêtres qui le souhaitaient. Parmi eux se trouvait le père de l'auteur. La réalité permet de construire des récits mais ils n'en demeurent pas moins des puzzles à reconstruire par le prisme de l'écriture et de la dramaturgie. De fait, l'authenticité et l'analyse du passé sont au service d'un renouveau qui n'est pas autant lié à la résilience historique qu'au ressentiment personnel, ou plus exactement à un moment biographique face à soi-même. Ainsi, ce texte est un exemple de théâtre : il défie les lois attendues de l'autofiction autant que des écritures documentaires. Ce qui se joue là, c'est bien sûr l'histoire de l'Espagne à travers la vie d'un prêtre qui se libère de sa condition mais aussi celle que tout le baroque met en oeuvre : le combat individuel face au destin qui régirait nos vies. Encore une fois, l'amour y est rédempteur et donnera naissance à... l'auteur lui-même !
Nombre de pages
134
Date de parution
28/02/2023
Poids
200g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9791094225738
Auteur
Sanzol Alfredo ; Ferré David
Editeur
ACTUALITES EDIT
Largeur
148
Date de parution
20230228
Nombre de pages
134,00 €
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Jacinto et Nicolasa retrace les malheurs de deux Indiens rarámuris originaires de la célèbre Sierra des Tarahumara mexicaine, qui se rendent à la police municipale la plus proche de leur lointain village respectif. Jacinto, un jeune père, va y signaler un meurtre qu'il aurait commis lui-même, et Nicolasa, une mère, va y déclarer la disparition de son fils ! Mais les autorités ne fournissent aucune réponse satisfaisante, demandant à Jacinto de revenir demain et encore demain, et suggérant à Nicolasa de mobiliser sa propre communauté pour retrouver son enfant. Ces deux monologues s'entrelacent et explorent les hypothétiques conditions du meurtre commis par Jacinto et l'éventuel motif de l'enlèvement du fils de Nicolasa. L'administration policière s'affiche comme un monstre protégé par une muraille infranchissable, qui ne laisse aucune chance aux justiciables de plaider leur cause, et ce à double titre : d'une part, parce que justice et loi ne font pas bon ménage, et d'autre part, en raison de la langue hybride entre espagnol et langue originaire. Ainsi, cette pièce fait état de populations minorisées et négligées par les institutions qui régissent le Mexique.
« Tour y retour ocre brulé » est une pièce qui relève d'une fiction historique sur des événements survenus ces dernières années à Oaxaca au sud du Mexique, à travers les yeux d'un personnage qui veut comprendre les possibles liens qui existent entre les pratiques artisanales, les anciens codex et les mystères du cosmos. Ce texte est né dans le cadre d'un atelier d'artisans (en 2016, Oaxaca), où Alberto Villarreal, auteur et metteur en scène, s'est installé en résidence pour y façonner un théâtre lui-même artisanal, détaché de l'industrie théâtrale contemporaine. L'auteur ne s'y trompe pas et développe une écriture qui s'apparente à un matériau brut, sans signification première, qui va prendre progressivement la forme d'un récit dramatique.
« Un corps se déplace » est un voyage à travers les différents espaces habités par un corps et ceux de ses aïeux. Un corps qui cherche son propre ancrage dans l'instant présent et ne cesse pourtant de se déplacer ou d'être déplacé. D'un point de vue dramaturgique, cela revient à mettre une maison dans une autre, une pièce dans une autre, et être à l'écoute de leur façon de communiquer entre elles. Les actions se déroulent simultanément en Avignon, à Valence et à Madrid. Trois possibilités pour un même corps de comprendre la signification du mot « foyer », une tentative de trouver un équilibre entre ce qui perdure et ce qui est anéanti, à une époque où l'accumulation des biens, des flux émotionnels et la vitesse camouflent parfois l'essence de nos vies. Il s'agit donc, aux dires de l'autrice, « de l'histoire des héritages brisés ou recomposés par les nouvelles générations, le tout à travers un regard en mise en abyme et à partir d'autofiction et de récits personnels. » Le dédoublement de l'héroïne dans un corps qui se déplace dans divers temporalités convoque aussi une question de théâtre en invoquant des corps absents et avec lesquels il convient de vivre, ou qu'il convient de retrouver par la modalité de l'enquête biographique. Il s'agit par ce biais de donner accès à des réalités effacées.
Les textes (sélection) que nous présentons du recueil La pomme et la flèche ouvrent de nombreuses réflexions tant artistiques que sociales. Ni essais ni pièces de théâtre, ils redonnent vie à une pulsion de théâtre sous formes d'entretiens et d'articles de presse. Nous pourrions nous aventurer à dire qu'ils constituent une archive vivante de littérature dramatique, et à la fois un manifeste en faveur du théâtre. Antón Arrufat nous y livre une réalité théâtrale aujourd'hui disparue, souvent insaisissable parce que précisément il nous manque, à nous lectrices et lecteurs d'aujourd'hui, le présent de jadis, le présent de l'auteur au travail. Il convient alors d'en construire une mémoire culturelle. Véritables vignettes documentaires, ces écrits attestent d'une solide connaissance de la scène internationale et cubaine du XX siècle, et mettent en regard les différentes composantes théâtrales, loin de la logique actuelle du créateur scénique omniscient. Tous ces aspects nous ont convaincus de la nécessité de faire découvrir cette approche de la dramaturgie, pensée depuis l'expérience du plateau et de l'écriture. Voilà donc un premier échelon vers un autre dialogue entre le théâtre français et le théâtre hispanophone.