Les textes (sélection) que nous présentons du recueil La pomme et la flèche ouvrent de nombreuses réflexions tant artistiques que sociales. Ni essais ni pièces de théâtre, ils redonnent vie à une pulsion de théâtre sous formes d'entretiens et d'articles de presse. Nous pourrions nous aventurer à dire qu'ils constituent une archive vivante de littérature dramatique, et à la fois un manifeste en faveur du théâtre. Antón Arrufat nous y livre une réalité théâtrale aujourd'hui disparue, souvent insaisissable parce que précisément il nous manque, à nous lectrices et lecteurs d'aujourd'hui, le présent de jadis, le présent de l'auteur au travail. Il convient alors d'en construire une mémoire culturelle. Véritables vignettes documentaires, ces écrits attestent d'une solide connaissance de la scène internationale et cubaine du XX siècle, et mettent en regard les différentes composantes théâtrales, loin de la logique actuelle du créateur scénique omniscient. Tous ces aspects nous ont convaincus de la nécessité de faire découvrir cette approche de la dramaturgie, pensée depuis l'expérience du plateau et de l'écriture. Voilà donc un premier échelon vers un autre dialogue entre le théâtre français et le théâtre hispanophone.
Nombre de pages
200
Date de parution
25/06/2026
Poids
240g
Largeur
147mm
Plus d'informations
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EAN
9782487504158
Auteur
Arrufat Anton ; Sagaert Marc
Editeur
ACTUALITES EDIT
Largeur
147
Date de parution
20260625
Nombre de pages
200,00 €
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« Un corps se déplace » est un voyage à travers les différents espaces habités par un corps et ceux de ses aïeux. Un corps qui cherche son propre ancrage dans l'instant présent et ne cesse pourtant de se déplacer ou d'être déplacé. D'un point de vue dramaturgique, cela revient à mettre une maison dans une autre, une pièce dans une autre, et être à l'écoute de leur façon de communiquer entre elles. Les actions se déroulent simultanément en Avignon, à Valence et à Madrid. Trois possibilités pour un même corps de comprendre la signification du mot « foyer », une tentative de trouver un équilibre entre ce qui perdure et ce qui est anéanti, à une époque où l'accumulation des biens, des flux émotionnels et la vitesse camouflent parfois l'essence de nos vies. Il s'agit donc, aux dires de l'autrice, « de l'histoire des héritages brisés ou recomposés par les nouvelles générations, le tout à travers un regard en mise en abyme et à partir d'autofiction et de récits personnels. » Le dédoublement de l'héroïne dans un corps qui se déplace dans divers temporalités convoque aussi une question de théâtre en invoquant des corps absents et avec lesquels il convient de vivre, ou qu'il convient de retrouver par la modalité de l'enquête biographique. Il s'agit par ce biais de donner accès à des réalités effacées.
Approche de l'intérieur d'une baleine" nous parle des désastres intimes et politiques que provoque le trafic de drogue, tout particulièrement au Mexique, et de la solitude qui en découle. Deux soldats découvrent une caisse de cocaïne dans la bouche d'une baleine échouée en Basse-Californie sur la plage de La Paz. Mais voilà, ils décident de ne rien dire, de garder la drogue avec eux et de quitter l'armée pour se consacrer à son commerce juteux ! C'est ainsi que sans jamais avoir imaginé une telle situation, ils se retrouvent eux-mêmes enfermés à l'intérieur d'une baleine, dans les méandres symboliques d'une carcasse, d'un labyrinthe cauchemardesque. La narratrice, une très jeune femme, elle, va vivre une histoire qu'elle croit être de l'amour avec l'un d'eux et va s'extraire d'elle-même pour nous raconter la violence, l'enfermement et la perversité d'une telle relation. Son propre langage, elliptique, en est dévasté, et sa mère, qui connaît l'écueil de cette réalité se repliera, résignée, dans un mutisme médicamenteux à coup de somnifères. Ce texte s'apparente à un manifeste sur l'urgence à dénoncer les pratiques funestes qui construisent le monde d'aujourd'hui, là où les substances chimiques en sont le poison.
Le fils de Jean G. , fondateur de l'Ordre des Nageurs de la nuit (publié en traduction française chez Actualités Editions en 2016), tient maintenant un salon de beauté, ayant survécu au terrible incendie qui a détruit l'Ordre en question... On y découvre l'histoire intime de ce fils, sa filiation biologique et spirituelle, mais aussi des personnages qui cherchent à se libérer de vieilles douleurs tout en se préparant à mourir : humour noir, potins, presse people, rien n'échappe aux dialogues qui tissent l'itinérance de ces figures charnelles et à la fois spectrales. Contrairement à ceux de la nuit, où règne la violence dans un monde dépourvu de sens et de transcendance, les Nageurs du jour s'ouvrent au monde, prennent soin des autres, faisant ainsi émerger une possible communauté, une éventuelle rédemption. En cela ce texte est porteur d'une espérance dans l'altérité, au-delà de soi-même mais toujours en riant, ce grand rire qui nous permet de vivre !