Pourquoi ce titre de France sensible ? Pour rendre tangible cette réalité : la " France sensible " est d'abord un fait de l'imagination, selon l'expression de Régis Debray. D'infinies résonnances permettent de relier la variété et l'immensité des paysages et de l'histoire de la France. Pierre Sansot assume pleinement toute l'ambiguïté de l'adjectif " sensible ". Parce qu'il signifie que la France est sensible, vulnérable, prête à s'offusquer de l'indifférence ou des contresens. Elle a des couleurs, des humeurs, elle sait être charmante quand elle le veut bien. Par ailleurs, ceux qui l'habitent sont sensibles à son charme, à ses pensées, à sa façon de paraître. En sa présence, ils peuvent même devenir un peu moins insensibles, c'est-à-dire un peu moins grossiers et plus fraternels. Et puis, cette France sensible s'incarne dans les paysages, les noms, les faits historiques, les récits collectifs, à la fois énigmatiques et familiers, qui rendent si concrète notre mémoire émotionnelle. C'est ainsi que Pierre Sansot entraîne son lecteur dans un voyage aussi mélancolique qu'incarné, à la recherche de l'épaisseur d'un pays qu'il a passionnément aimé. La France, une idée neuve ? C'est le pari de l'auteur, à partir d'un faisceau de signes dont chacun fait quotidiennement l'expérience : un nom, une odeur, des images, des couleurs, des brises, des herbes hautes, des vignes entretenues avec patience... A l'origine des réflexions de Pierre Sansot, une certitude : il y aura une France tant que ce mot suscitera chez les Français des rêveries. Tant qu'il ne se confondra pas avec une simple réalité socio-économique qui manque une part essentielle de ce qu'est notre pays : une énigme et un mouvement du coeur. Ce livre est tissé de songes et du souvenir de déambulations dans la France de la seconde moitié du XXème siècle. Restituer la présence et la personnalité d'un pays n'est pas chose aisée. Pierre Sansot relève magnifiquement ce défi, grâce à la puissance d'évocation de son écriture, qui rend visible l'invisible. Depuis les huîtres de Bouzigues jusqu'aux écoles de village, depuis les sonnets de Joachim du Bellay jusqu'au canal du Midi, tout ce qui foisonne, frissonne, meurt ou renaît dans ce pays prend vie sous nos yeux. L'émotion qui naît à la lecture de ce livre n'est pas factice. Elle est de l'ordre de l'invisible, baignée par les images multiples qu'elle engendre. Invisible parce qu'elle touche à notre être, qu'elle nous habite intimement. Au travers de ces lignes, l'humanisme discret de Pierre Sansot s'incarne. Il était convaincu que des hommes jetés ensemble par le fait du hasard ne cohabitent pas dans des solitudes juxtaposées. Ils inventent des récits communs, ils se racontent leurs trajets, ils se remémorent des incidents qui se sont produits en tel endroit ou en tel autre, ils se souviennent d'une lutte qui a abouti à la sauvegarde d'un immeuble ou à l'achèvement d'un quartier. Pour qu'il y ait paysage, il faut qu'un pont soit jeté entre le monde et nos désirs, nos rêves, notre existence. Pour qu'il y ait sentiment d'identité, il faut que les hommes aient le sentiment d'avoir vécu et de vivre la même aventure. Notre inscription dans l'espace, même hasardeuse, pour peu qu'elle se perpétue, provoque ces deux résultats. Avec modestie, parce qu'il savait que la France était toujours davantage que ce qu'il ne pourrait jamais saisir d'elle, l'érudition enjouée de Pierre Sansot sublime un imaginaire collectif que chacun porte en soi. Table des matières : Note de l'éditeur Préambule : Présentation de (l'image) de la France 1 – L'apprentissage de la France 2 – Le goût du minuscule 3 – Marcher en France 4 – Un sentiment très fort 5 – Troubles et vacillements d'une passion 6 – Le paysage littéraire français 7 – L'histoire de France 8 – Les brouillards de l'Occupation 9 – L'île-France 10 – Qu'est-ce qu'une région ? 11 – Nos arrière-pays 12 – L'arrière-pays niçois 13 – La France et les éléments 14 – La France et ses couleurs 15 – Il n'y a pas de place pour un Skansen dans ma France 16 – Quels exils ! Quels rêves ! 17 – Un village de France 18 – Les Français et la France 19 – L'âge de la France 20 – L'électricité de la France 21 – L'habiter-ensemble
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Nombre de pages
280
Date de parution
12/03/2025
Poids
340g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782959554704
Titre
La France sensible
Auteur
Sansot Pierre ; Oriol Jules
Editeur
DE LECLAIREUR
Largeur
135
Poids
340
Date de parution
20250312
Nombre de pages
280,00 €
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Résumé : La conversation n'est pas qu'un passe-temps destiné à nous divertir : elle est une occasion d'entrelacer notre existence à celle des autres, en toute liberté et selon notre humeur. Mais comment la distinguer du dialogue ou de l'entretien ? La correspondance et la causerie ne sont-elles pas des formes plus achevées de la conversation ? Pouvons-nous converser avec Dieu, avec les poètes, entre amoureux ? Comment éloigner les goujats, les fâcheux, qui n'ont rien à attendre de nous, les ironistes aussi, à la froideur dérangeante ? Dans cette satire joyeuse, la conversation n'est plus considérée comme l'apanage des nantis. Chacun de nous peut y participer. Nous découvrons alors notre capacité à plaire et à savoir écouter. Pierre Sansot (1928-2005) a enseigné la philosophie et l'anthropologie aux universités de Grenoble et Montpellier. Il a notamment publié : Poétique de la ville, Le Rugby est une fête ou Du bon usage de la lenteur.
L'originalité de ce livre tient au regard porté sur les classes populaires, leurs loisirs, leur culture, un "'goût commun pour les bonheurs simples''. De là des descriptions précises, savoureuses et parfois nostalgiques sur les bals du 14-Juillet, le bricolage, le camping, les rituels de la vie domestique, les scènes de ménage, le football des trottoirs, la légende dorée du Tour de France... Biographie de l'auteur Anthropologue, Pierre Sansot (1928-2005) a enseigné à l'Université Paul-Valéry de Montpellier. Il a publié plusieurs ouvrages, notamment: Poétique de la ville (Klincksieck-Méridiens), Jardins publics, Les pilleurs d'ombres, Les vieux ça ne devrait jamais devenir vieux, Cahier d'en France, Du bon usage de la lenteur (Payot)."
« L'expression me plaît. Elle implique de la noblesse. Gens de peu comme il y a des gens de la mer, de la montagne, des plateaux, des gentilshommes. Ils forment une race. Ils possèdent un don, celui du peu, comme d'autres ont le don du feu, de la poterie, des arts martiaux, des algorithmes. La petitesse suscite aussi bien une attention affectueuse, une volonté de bienveillance. »L'originalité de ce livre tient au regard porté sur les classes populaires, ses loisirs, sa culture, un « goût commun pour les bonheurs simples ». De là des descriptions précises, savoureuses et parfois nostalgiques sur les bals du 14 juillet, le bricolage, le camping, les rituels de la vie domestique, les scènes de ménage, le football des trottoirs, la légende dorée du Tour de France...Table des matières : I - Gens de peu, hommes quelconques, vies ordinairesII - La chanson des ruesIII - La médecine des simples : le guérisseurIV - Les bonheurs domestiques : la ménagèreV - Les petits bricoleursVI - Les scènes de ménageVII - La chaleur des milieux populairesVIII - Les estomacs en liesseIX - Paroles d'ivrognes : l'ivrogne publicX - Les frondaisons de la villeXI - Le football des trottoirsXII - Le roi des carreauxXIII - L'univers du campingXIV - Les bals du 14 JuilletXV - La légende dorée du Tour de FranceXVI - La culture de ces gens-làPostface. Le pliant
Baker Joséphine ; Ndiaye Pap ; Bouillon-Baker Jean
Joséphine Baker est la première femme noire à entrer au Panthéon, en 2021. Si beaucoup se souviennent d'elle comme de la flamboyante artiste afro-américaine, icône du Paris des années 1920, Joséphine Baker s'est aussi opposée pendant une grande partie de sa vie à la ségrégation et à la discrimination, prenant souvent l'initiative de manifestations contre l'injustice raciale. En 1963, à la demande de Martin Luther King, elle se présente devant les 250 000 personnes rassemblées lors de la Marche sur Washington. Portant son uniforme de l'armée de l'Air, elle prend la parole juste avant que Martin Luther King ne prononce son célèbre discours "I have a dream". Le rêve de fraternité universelle de Joséphine Baker s'incarne magnifiquement dans ce vibrant appel à l'action, enfin publié dans sa version intégrale. Cette allocution est suivie d'un dialogue entre Pap Ndiaye, historien, et Jean-Claude Bouillon-Baker, fils de Joséphine Baker. Table des matières 1. Texte introductif 2. Traduction française 3. Texte original en anglais 4. Lettre à Martin Luther King 5. Joséphine Baker, un humanisme de combat (dialogue entre Pap Ndiaye et Jean-Claude Bouillon-Baker) 6. Repères biographiques
Résumé : Alors qu'il rentre d'une mission en Ethiopie, un aviateur est forcé d'atterrir précipitamment dans la savane soudanaise. Epuisé, assoiffé, l'homme erre depuis des jours lorsque surgit une apparition : un gigantesque éléphant rouge sombre. Lorsque l'écrivain tente de s'approcher, l'animal, surpris, laisse échapper un barrissement tonitruant. Ne demandant pas son reste, Romain Gary, car c'est bien de lui qu'il s'agit, prend ses jambes à son coup. Avec ce texte étonnant de modernité et d'humanisme, Romain Gary célèbre à nouveau la " liberté infinie " de l'éléphant qu'il avait si bien décrite dans les Racines du ciel (Prix Goncourt 1956). Dans une lettre magistrale à son " cher éléphant ", dont les congénères, mal-aimés, inutiles, sont alors massacrés par milliers au nom du progrès, Gary met en garde contre une civilisation qui se passerait de tout ce qui ne sert pas ses intérêts immédiats : après tout, ce qui commence avec la chasse à l'éléphant pourrait bien s'achever par la fin pure et simple du droit à résister au pouvoir, voire à penser librement. Car derrière la frénésie meurtrière des chasseurs ne se cache-t-il pas une haine de cette liberté " vivante et irrésistible " que l'éléphant partage avec l'homme ? Lorsque Gary nous invite à sauver les éléphants et leur " ardente aspiration à une existence sans entrave ", ne s'agit-il pas, au fond, de nous sauver nous-mêmes ? Avec une clairvoyance extraordinaire, l'écrivain-diplomate livre ici un manifeste écologique d'une grâce folle, dans lequel il lie le destin de l'humanité à la défense des animaux et met en garde contre la destruction du vivant, conséquence de notre matérialisme. A l'ère de l'anthropocène, son avertissement, vieux de soixante ans, est d'une actualité glaçante : " dans un monde entièrement fait pour l'homme, il se pourrait bien qu'il n'y eût pas non plus place pour l'homme. " Publié pour la première fois en 1968 dans le Figaro Littéraire, la Lettre à l'éléphant est suivie ici d'une postface de l'essayiste et romancier Frédéric Potier. Table des matières : Avant-propos Lettre à l'éléphant L'étrange ménagerie humaniste de Romain Gary ? Frédéric Potier Repères biographiques
Essai du successeur de Jean-Michel Blanquer à l'ESSEC, Vincenzo Vinzi est le directeur de l'une des plus importantes écoles de commerce européenne. Il défend une vision à rebours des écoles de commerce classiques : c'est la capacité d'engagement des étudiants que l'ESSEC forme qui fera la différence. L'ESSEC est un acteur majeur de la formation et propose une vision prospective et engagée des grandes transitions contemporaines. Six thématiques sont abordées dans cet essai : la jeunesse et la formation des élites ; l'environnement et les transformations ; la réindustrialisation et les territoires ; le digital, l'innovation et l'obsolescence du savoir ; la géopolitique et la diplomatie économique ; l'immigration et l'attractivité. Vincenzo Vinzi incarne une vision transdisciplinaire et généraliste, en phase avec les mutations actuelles. Il chercher à promouvoir une approche critique et académique des transformations sociétales. Partant de l'idée d'un avenir considéré comme une source d'angoisse, Vinzi montre qu'il faut établir un nouveau rapport avec le progrès et l'avenir. Il faut y croire et, pour ce faire, s'y engager personnellement. Le leadership engagé est une ouverture aux autres, une capacité d'écoute, de soutien et d'encouragement. Les nouveaux modèles économiques seront ou ne seront pas durables. Un cercle vertueux prend place à l'ESSEC : l'école forme les étudiants à se transformer et à transformer les entreprises qu'ils seront amenés à rejoindre et le monde du travail s'en trouvera changé.