Etudier à l'Est. Expériences de diplômés africains
Saint Martin Monique de ; Scarfo Ghellab Grazia ;
KARTHALA
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EAN :9782811114633
Au moment où ils accèdent à l'indépendance, de nombreux pays d'Afrique subsaharienne et du Maghreb établissent des relations diplomatiques avec Moscou. Certains, comme l'Éthiopie, entretenaient depuis longtemps déjà des liens étroits avec la Russie. Cependant, c'est surtout avec le mouvement de décolonisation que les pays communistes s'ouvrent à l'accueil massif et systématique d'étudiants maghrébins et subsahariens. Les trajectoires de formation de ces diplômés africains partis en URSS ou dans un autre pays de l'ancien bloc de l'Est ont été peu étudiées. En rendre compte, c'est notamment s'intéresser aux expériences diverses et contrastées, d'étudiants formés non pas dans l'ancien pays colonisateur, comme cela était souvent le cas, mais dans un pays tiers qui suscitait chez eux à la fois admiration et méfiance, où ils ont connu pour les uns de fortes désillusions, pour d'autres « les meilleurs moments de leur vie ». C'est aussi étudier les cadres sociaux et politiques de leurs expériences, et prêter attention aux nombreux étudiants, partagés entre deux ou plusieurs mondes, et souvent confrontés aux soubresauts de l'histoire. À l'issue des études, les diplômés étaient immédiatement renvoyés dans leur pays. Mais les devenirs des étudiants et stagiaires africains formés dans les pays de l'ancien bloc socialiste n'ont pas eu la linéarité prévue par cette description formelle. Les parcours professionnels et sociaux, parfois politiques, sont autant le fruit d'arbitrages individuels que de mutations politiques : l'effondrement de l'URSS, mais aussi les changements politiques et économiques dans les pays d'origine. La rédaction de l'ouvrage a été dirigée dans le cadre du programme ÉLITAF par Monique de Saint Martin, Grazia Scarfò Ghellab et Kamal Mellakh. Avec des contributions de Tassé Abye, Charles Zacharie Bowao, Ekaterina Demintseva, Svetlana Dimitrova, Nikolay Dobronravin, Élieth P. Eyebiyi, Mihaï D. Gheorghiu, Constantin Katsakioris, Abel Kouvouama, Natalia Krylova, Lucette Labache, Michèle Leclerc-Olive, Irina Macovei, Sergey Mazov, Manétou Ndiaye, Adrian Netedu, Boubacar Niane, Carmen Olaru, Régine Tchicaya-Oboa, Anna Siim-Moskovitina, Tatiana Smirnova, Patrice Yengo et une préface de Jean-Pierre Dozon.
Nombre de pages
300
Date de parution
24/11/2015
Poids
600g
Largeur
160mm
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EAN
9782811114633
Auteur
Saint Martin Monique de ; Scarfo Ghellab Grazia ;
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20151124
Nombre de pages
300,00 €
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La noblesse n'existe plus ", aiment à dire les membres de la noblesse. La naissance, les relations et les appuis traditionnels ne compteraient guère, les réussites seraient dues aux capacités, au talent, à la chance. Cependant, comment expliquer qu'un groupe qui n'a plus d'existence légale ni juridique, qui ne bénéficie pas de la reconnaissance ni d'aucune garantie de l'Etat, qui est récusé par le discours égalitaire, manifeste de diverses façons la coupure qui le séparerait des autres milieux. Et comment expliquer aussi que ses descendants continuent à se reproduire à l'intérieur d'un cercle relativement fermé ? A partir de l'étude ethnologique de l'espace aristocratique, des lieux : châteaux ou monuments mais aussi dictionnaires et revues ; des pratiques et des styles de vie : sports, bénévolat, politique ; des groupes : familles, cercles, rallyes, associations ; des discours, des modes d'expression de justification ou de dénégation d'une " supériorité " sur les autres groupes, l'auteur permet de comprendre comment la croyance en l'existence, sinon de la " noblesse ", du moins d'une différence se produit et se reproduit, avec de nombreuses tensions et contradictions. Le capital symbolique et le capital social que les descendants de la noblesse détiennent souvent en abondance sont au principe de la concentration d'un pouvoir de plus en plus contesté, mais recherché et efficace, de domination.
Saint Martin Monique de ; Gheorghiu Mihaï-Dinu ; M
La notion de frontière se révèle ainsi essentielle à la compréhension des groupes sociaux et au décryptage de l'espace social. D'une part les frontières délimitent les contours des différents groupes (certains, par exemple "les jeunes des cités" sont identifiés à l'endroit où ils habitent) et établissent la séparation avec les autres. D'autre part, les frontières ouvrent des espaces d'échange et de rencontre pour que les groupes communiquent entre eux, comme lorsque dans les fêtes ou sur les terrains de jeu participent des individus que tout sépare par ailleurs. Ainsi repérée, cette notion constitue un outil particulièrement pertinent pour réfléchir sur les formes et les modalités des rapports sociaux entre des groupes appartenant à des sociétés touchées par des processus plus ou moins forts de recomposition du social, et de précarisation. --Extrait
Durant le gouvernement Lula, la gauche brésilienne, les membres du parti des Travailleurs (PT) et des unions syndicales brésiliennes, telles que l'Union unique des travailleurs (CUT), se penchent sur un projet de création et de gestion des fonds de pension. Pour les syndicalistes, il s'agit de désigner quelle direction donner aux principaux fonds de pension du pays et de voir comment tenter une domestication du capitalisme contemporain brésilien. En effet, le gouvernement Lula et les syndicalistes ont utilisé les ressources issues des finances, notamment les épargnes des fonds de pension, pour financer des investissements productifs qui créent de l'emploi et du revenu à destination de la population brésilienne. Partant d'une enquête réalisée à la fois au Brésil et en France dont les syndicalistes brésiliens affirment s'inspirer pour leurs projets de prévoyances, cet ouvrage touche à des questions centrales du capitalisme contemporain actuel : la retraite complémentaire, le capitalisme des actionnaires, les nouvelles relations entre le capital, le travail et la crise syndicale.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.