Deux années après Cinq amoureuses (volume n° 9 de cette collection) et tout en poursuivant ses descriptions humoristiques d'amoureux et de marchands, Ihara Saikaku publie en 1688 la seconde de ses ?uvres consacrées à la vie des guerriers. Après s'être essayé l'année précédente à donner une tradition de la Voie des guerriers, voici qu'il examine le devoir austère, parfois absurde, toujours cruel qui régit leur vie et décide de leur fin. Le ton est devenu sombre, car le sujet est grave : on verra dans ces Récits pourquoi un homme envoie délibérément son fils à la mort, comment un autre adopte avec enthousiasme le meurtrier de son enfant, cependant que duels et vendettas, suicides et massacres s'enchaînent au nom du giri, l'impitoyable devoir d'honneur qui, plus encore que le sabre, est l'âme du guerrier. Saikaku, riche bourgeois préoccupé de poésie, d'amours et d'argent, semble rester pantois devant le monde singulier qu'il découvre, mais le diable ne s'est pas entièrement fait ermite : l'humour et la causticité ne l'ont pas quitté, et l'on apprendra ainsi, entre autres, de quelle façon un guerrier, pleutre notoire et lâche invétéré, reçoit de son maître une récompense pour haut fait de bravoure. L'Occident trop souvent n'est guère averti devant les notions incomplètes, voire fausses, qu'on lui présente parfois du guerrier japonais. Ces Récits, sous la plume d'un observateur à l'?il féroce mais précis, le montrent tel qu'il était à la fin du XVIIe siècle : homme de guerre certes, mais profondément humain dans l'inhumanité de son Devoir.
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Nombre de pages
203
Date de parution
24/03/1992
Poids
272g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070725724
Titre
Du devoir des guerriers. Récits
Auteur
Saikaku Ihara
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
272
Date de parution
19920324
Nombre de pages
203,00 €
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A la fin du dix-septième siècle, dans une société en pleine mutation, Ihara Saikaku déroule le kaléidoscope d'une Comédie humaine japonaise. Sa première source d'inspiration est le monde des plaisirs, ses figures pittoresques, ses splendeurs et misères, ses héros en quête éperdue de sexe, d'amour et de volupté. Le Grand Miroir de l'amour mâle exalte les beautés et mérites de l'amour entre les hommes. D'abord ces modèles de vertu guerrière et de loyauté amoureuse que sont les samouraïs ; puis le milieu scintillant des acteurs de kabuki, vedettes adulées le jour et prostitués au grand coeur la nuit. En ce monde éphémère, les passions vont rarement sans lendemains glacés. La communauté gay du Japon pacifié de l'époque Tokugawa n'en affiche pas moins une indestructible joie de vivre. Dans le même temps, l'homosexualité s'inscrit dans la tradition littéraire du Japon.
Résumé : Après Cinq amoureuses d'Ihara Saikaku (1642-1693), rénovateur et virtuose du haïkaï, rénovateur également de la prose japonaise au siècle d'Osaka et de la bourgeoisie marchande, voici l'autobiographie d'une femme, une vieillarde lucide qui se raconte à deux jeunes gens : pour avoir aimé au-dessous de sa condition (elle était de souche noble), elle vit périr son amant. On la maria d'autorité à un vieillard qui la laissa bientôt veuve. Elle devint alors la concubine d'un homme qui la délaissa et fut ainsi condamnée par les m?urs japonaises du temps à une prostitution de plus en plus avilissante. Elle témoigne ainsi de ce que pouvaient alors faire d'une femme bien née, mais qui prétendait à quelque liberté charnelle, les préjugés de caste et de classe. Avec le Roman de Genji, voici probablement le plus beau roman japonais d'avant le Meiji, d'un courage en tout cas, d'une audace, d'une sensibilité extraordinaires, et en japonais d'une très belle langue. Comme si l'effort avait épuisé Ihara Saikaku ou comme s'il savait que nul, pas même lui, ne pourrait faire mieux ou même aussi bien dans le genre, ce sera son dernier roman. Il parut en 1686, la même année que le recueil de nouvelles de Cinq Amoureuses, que nous avons déjà présenté dans cette collection. Une préface intelligente et précise permet de situer cette Vie par rapport à la société d'alors.
Résumé : Ce récit du " monde flottant " d'Ihara Saikaku (1642-1693) raconte les derniers mois de la vie et la mort volontaire de l'acteur Arashi Saburôshirô. Parce qu'il n'a pas su ou voulu respecter la frontière entre l'illusion théâtrale et la vie réelle, Arashi, victime des passions déchaînées autour de sa personne, s'ouvre le ventre avec un courage digne des guerriers dont il avait " tenu " le rôle sur scène. Ainsi l'acteur authentifie-t-il son image, qui va désormais continuer de vivre chez ses admirateurs. Si l'érotisme imprègne l'ensemble de l'?uvre, ce petit roman - composé et publié quelques mois à peine après la disparition d'Arashi donne à rêver au-delà : n'est-ce pas la nature éphémère des êtres qui en définitive ferait leur prix ? Faire prendre conscience de cette profonde mélancolie du monde, c'était peut-être, après tout, la fonction que jouaient dans le Japon de la fin du XVIIe siècle ces " mauvais lieux " qu'étaient, à l'égal des quartiers de plaisir, les théâtres de kabuki.
Résumé : Dans le Japon en plein essor économique de la fin du XVIIe siècle, les fils de marchands dépensent avec les courtisanes ou les jeunes acteurs des fortunes considérables. La Voie de l'amour s'accordant mal avec la prudence, ils ont tôt fait de se ruiner. Cette expérience, si chèrement acquise, ne leur laisse désormais que l'amer honneur de passer pour les plus fins connaisseurs de tous les méandres de la volupté que dispensent les corps. Ce drame et ses mille variations sont au c?ur du dernier recueil de nouvelles d'Ihara Saikaku (1642-1693), qui fut publié quelques mois après la mort du romancier par son disciple Hôjô Dansui. Au terme de sa carrière d'écrivain, Saikaku jette sur ce monde flottant du plaisir un ultime regard empreint de lucidité, mais aussi de tendresse et d'humour : à l'heure des désillusions, quand tombent les masques, se révèle ainsi le pauvre c?ur des hommes.
Les gens ne comprennent pas. Ils pensent que j'exagère. Mais en fait, je cherche quelque chose qui a disparu. Quelque chose de pur, de limpide... qui n'existe plus". Qui est Romane Monnier ? D'elle, il ne reste qu'un téléphone portable. Des notes, des messages, des souvenirs, des enregistrements, autant de traces confiées à un inconnu, un samedi soir dans un bar.
De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces coeurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu'ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l'impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d'une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du coeur, du corps, de l'esprit. De ces trois femmes, il a fallu commencer par la première, celle qui vient d'avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd'hui. Cette femme, c'est moi". La nuit au coeur entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon. Sur le fil entre force et humilité, Nathacha Appanah scrute l'énigme insupportable du féminicide conjugal, quand la nuit noire prend la place de l'amour.
Quatre adolescents, évadés de leur orphelinat prison, reprennent la lutte perdue par leurs parents quinze ans plus tôt. Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, semble désespéré. Et pourtant...Notes Biographiques : Jean-Claude Mourlevat est né en 1952 à Ambert en Auvergne, de parents agriculteurs. Il est le cinquième enfant de six (trois frères et deux soeurs). Il fait des études à Strasbourg, Toulouse, Bonn et Paris et exerce le métier de professeur d'allemand en collège pendant cinq ans avant de devenir comédien de théâtre. Il est notamment l'auteur et l'interprète du clown muet nommé «Guedoulde», spectacle joué plus de mille fois en France et un peu partout dans le monde. Il met en scène de nombreuses pièces de Brecht, Cocteau, Shakespeare¿ Depuis 1997, il publie des ouvrages pour la jeunesse. Il écrit tout d'abord des contes, puis un premier roman, "La Balafre". Depuis, les livres se sont succédé avec bonheur, plébiscités par les lecteurs, la critique et les prix littéraires. Jean-Claude Mourlevat réside près de Saint-Étienne, avec sa femme et leurs deux enfants.
Le jour où, dans une square, Sam s'assoit sur le mauvais banc, il se fait arrêter par la police. Car Sam a la peau noire. Et en 1952, dans le sud des Etats-Unis, un Noir ne peut pas s'asseoir n'importe où. En grandissant, le jeune garçon s'accroche à un rêve : devenir juge afin de combattre les lois raciales. A travers le récit de Sam, plongez au coeur de la lutte non violente des Noirs américains.