Entre désert et luxuriance, s'élabore ici la rencontre de la roche et de l'herbe, de la ruralité blessée et du cours de l'Histoire. Dans la solitude de la marche, en ces espaces qui bientôt seront très habités, il faut vite constituer un herbier, un conservatoire de zones humides, inventer la persistance d'une mémoire dans l'effacement des traits. Hanté par la disparition, l'art se fait détecteur de fantômes, évoquant le glissement progressif d'un monde à l'autre, et la transformation du paysage naturel en nouveaux desseins de vie. Le flash éclaire des taillis, des bosquets, des enche- vêtrements de feuillages, qui sont des possibilités de conscience s'éveillant dans la nuit. Ne surtout pas opposer le pot au lait de la tradition exsangue contre le pot de fer de la modernité conquérante, mais proposer, contre la dualité stérile des antinomies, une traversée du paysage à la fois très douce, élégiaque, et énigmatique. Parce que nous ne savons pas ce que pensent les lierres, ni les souples végétaux montant à l'assaut des fûts centenaires, ni la mare tendant de façon trou- blante son miroir au ciel". . Fabien Ribéry (extrait) Ce que pensent les lierres est le fruit d'une résidence photographique solitaire sur un territoire naturel en mutation, l'éco-quartier ViaSilva, en périphérie rennaise. Mouna Saboni a pris le parti de la contemplation de ce qui est promis à n'être plus. La transformation du paysage et la disparition de l'environnement la mènent à poser son regard, à la fois fragile et onirique. D'origine franco-marocaine, Mouna Saboni vit et travaille à Rennes. Les notions de territoire, de frontière, d'exil, d'iden- tité et de mémoire sont à la base de ses questionnements artistiques et de son travail. Fabien Ribéry est auteur, agrégé de lettres modernes, chargé de cours à l'Université Bretagne Occidentale (UBO), journaliste free lance. Il écrit des chroniques et des articles dans Artpress, la revue L'Infini (Gallimard), la revue de la MEP...
Nombre de pages
96
Date de parution
07/09/2024
Poids
1 000g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782365100762
Auteur
Saboni Mouna ; Ribery Fabien
Editeur
DE JUILLET
Largeur
120
Date de parution
20240907
Nombre de pages
96,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Sabuni Kitutu Léon ; Awazi Mbambi Kungua Benoît El
Le professeur Léon Sabuni Kitutu a su restituer astucieusement la mondialisation des religiosités populaires autour du néo-pentecôtiste américain et leur "autonomie spirituelle" par rapport aux Eglises institutionnelles issues de la projection missionnaire de l'Occident en Afrique. Ces Eglises de réveil s'auto-promeuvent comme des "sites de production du pouvoir spirituel et politique" aussi bien en Afrique que dans les diasporas subalternes en Occident. Cela permet d'établir leur immersion dans les schèmes étiologiques des religions traditionnelles africaines, où le monde visible des vivants et invisible de Dieu, des ancêtres et des esprits, sont en osmose vivante, dynamique et continuelle. Les religiosités populaires s'imposent donc comme des "faits sociaux totaux" et agissent à travers la " violence symbolique" qui permet de brosser la sociologie politique des sociétés postcoloniales autour de la triade weberienne/bourdieusienne du prêtre, du prophète et du sorcier. Cette essence occulte de la "violence symbolique" l'arrime logiquement aux protocoles internes du monde occulte de la sorcellerie et du monde des esprits. Le solide ancrage sociologique, politique et phénoménologique de ses analyses, observations et thèses théologiques leur donnent une crédibilité épistémologique difficilement contestable. Son ouvrage gravite autour du tournant prophétique et thérapeutique des théologies africaines contemporaines.
En plein coeur du conflit syrien, Marwa Al-Sabouni, son mari et leurs deux enfants décident de rester à Homs, confinés pendant deux ans dans leur appartement. Au milieu des carnages, la jeune architecte contemple la destruction d'un mode de vie mais reste pour rebâtir un avenir. Dans The battle for home, elle explore les rôles de l'architecture et de l'environnement urbain pour expliquer les fractures communautaires qui ont "préparé" le conflit syrien. Elle lance aussi des pistes concrètes (avec dessins et plans à l'appui) sur la façon dont le pays devrait se reconstruire pour éviter de retomber dans les mêmes pièges. Son livre est un témoignage de l'intérieur et un appel à rendre la Syrie à nouveau habitable.
Ce livre, imprimé en risographie, est une invitation à traverser la péninsule coréenne par le prisme du collage et de la photographie. Réalisé à partir de timbres, cartes postales, bandes dessinées, photographies, tickets et invitations glanés au fil de mes voyages en Corée du Nord, une vingtaine de 1991 à 2015, cet ouvrage est une exploration visuelle qui mêle esthétique pop art et réflexion documentaire. Mon approche emprunte au geste ethnographique : saisir le quotidien, les traces de l'histoire et les imaginaires collectifs à travers une "pensée regardante". Les collages traduisent une tension entre répétition symbolique et transformation poétique, mettant en lumière les codes graphiques et sociaux propres à cette société singulière. Ce projet, qui joue avec la saturation des couleurs - rouge, jaune - et les motifs récurrents du régime, interroge la frontière entre propagande et identité, entre mythe et réalité. Chaque page, chaque collage devient un espace où l'émotion esthétique dialogue avec une mémoire fragmentée, livrant au lecteur une vision à la fois fascinée et critique. "L'éclat fragmenté d'une Corée imaginaire" est un objet à la croisée de l'art et du témoignage, un microcosme visuel qui cherche moins à conclure qu'à questionner, et à travers ses compositions, à faire éclore le désir de lire entre les lignes, de voir au-delà des images.
Invitée en résidence dans trois quartiers clermontois, Stéphanie choisit le tramway, fil conducteur traversant la ville, et en fait son territoire d'observation. A travers les passagers, elle cherche à capter des présences fugitives, des fragments humains plutôt qu'un réel documentaire. Son approche devient une quête artistique et intérieure, expérimentale et intuitive. La révélation survient au musée Roger-Quilliot, devant les Vierges en Majesté d'Auvergne : ces figures hiératiques reflètent les visages des voyageurs qu'elle a photographiés. De ce parallèle naît "â¯Majesticâ¯" , une oeuvre sur la spiritualité du quotidien et la beauté des regards immobiles. Stéphanie Lacombe relie art roman et modernité, églises et tramways, rappelant que les nouveaux lieux de rassemblement - transports et écrans - remplacent les anciens temples, mais conservent la même quête d'élévation.
Mood est un témoin d'opportunités furtives qui leur donne un air d'éternité ; ce livre est un point d'étape, une façon de se reposer le regard pour mieux poursuivre ensuite le chemin de la création. C'est une expérience universelle, dans laquelle l'émotion est un langage commun, une sorte d'esperanto composé de scènes intemporelles, mystérieuses et oniriques, indépendantes les unes des autres tout en appartenant à un ensemble cohérent qui apaise et poétise nos âmes ; une parenthèse qui s'ouvre et se referme, offrant à chaque nouvelle lecture des sensations renouvelées. From Somewhere to Mood...