Cet ouvrage est l'anthropologie documentaire d'une régulation sociale contemporaine. Le nouveau code pénal, voté en 1992, a supprimé les délits de vagabondage et de mendicité. Cette modification législative a révolutionné notre rapport à ceux qui sont désormais considérés comme des SDF. La question consiste à continuer à punir ces déviants qui s'écartent de la norme du mérite, sans recourir aux anciens outils historiques que représentent la police et la justice. L'auteur passe au crible de l'objectivation scientifique le débat juridique concernant ce que les plus pauvres d'entre nous ont le droit ou l'interdiction de faire. Le discours habituel est ainsi déconstruit pour mettre en lumière les soubassements de ce nouveau compromis social : la fonction des anciens délits de vagabondage et de mendicité, le débat parlementaire qui a décidé de leur suppression, l'utilisation des arrêtés antimendicité, la création du délit de mendicité dite agressive et la mise en place de l'urgence sociale, jusqu'au vote du droit opposable au logement. Ce parcours dans l'histoire juridique récente permet de saisir les enjeux de la relation de domination que le corps social entretient avec sa marge, mais aussi la fonction à laquelle le travail social est appelé. Et si l'assistance était aujourd'hui le meilleur moyen de punir nos pauvres ?
Nombre de pages
191
Date de parution
23/05/2008
Poids
345g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296057579
Titre
Le péril SDF. Assister et punir
Auteur
Rullac Stéphane
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
345
Date de parution
20080523
Nombre de pages
191,00 €
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Comment notre modernité se saisit de l'éternelle question des errants, mendiants et sans-abri ? Trois textes pour saisir des enjeux nichés au coeur de la construction de la catégorie des SDF. Cette trilogie se situe au coeur d'une ethnographie des maraudes du SAMU Social, d'une ethnologie des stratégies de résidentialisation de l'espace public dans un quartier parisien et d'une anthropologie documentaire concernant l'abrogation des délits de vagabondage et de mendicité à partir de 1992.
Le Service Intégré d'Accueil et d'Orientation (SIAO) reçoit les demandes d'hébergement et logement, coordonne les offres d'hébergement, soutient le travail d'évaluation sociale des personnes en difficulté et observe les rapports complexes entre la demande et l'offre. Ce livre aborde les thèmes de l'accès au logement social de droit commun, des territoires et de la spécialisation des lieux et des intervenants, de la régulation des offres et des demandes d'hébergement dans un contexte de pénurie.
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Le travail social ne fait pas l'objet d'une discipline en France. En effet, l'enseignement de ce secteur d'intervention, qui regroupe plus d'un million de professionnels, est principalement dispensé dans des établissements professionnels qui ne sont pas intégrés aux cadres académiques (universités ou grandes écoles). Exception à l'échelle mondiale, cette spécificité française a généré, entre 2012 et 2014, une conférence de consensus co-organisée par le Conservatoire national des arts et métiers de Paris (CNAM) et l'Union nationale des associations de formation et de recherche en intervention sociale (UNAFORIS). Ce processus de scientifisation, d'une intensité inédite, a suscité une importante activité de recherche dans les écoles professionnelles, qui pose à terme la question de la reconnaissance scientifique du travail social. Prenant appui sur le rapport du jury de cette conférence, qui plaide notamment pour un effacement de la référence ancienne à la recherche en travail social et pour l'inscription de ce corpus dans un cadre disciplinaire, cet ouvrage adopte une démarche à la fois historique et projective, mais aussi institutionnelle et épistémologique, qui vise à soumettre les piliers potentiels d'une "scientifisation" du travail social à la rigueur d'un questionnement scientifique.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...