Arrivé à Paris à 16 ans, en 1967, s'ouvrant à la philosophie, Antoine Rozès lit avec intérêt Herbert Marcuse, les textes contestataires de Wilhelm Reich, Sigmund Freud et Michel de Certeau puis suit les cours de l'Ecole des Beaux-Arts. En19 71 , il part non loin de Copenhague, à Christiania, quartier auto-proclamé au droit illimité de vivre à sa guise. Puis de nombreux voyages, Inde, Norvège le mènent aux Etats-Unis. En 1975, la Californie, alors le seul lieu où la photographie est considérée comme un art à part entière et un langage de combat. La contre-culture de la beat Generation lancée par Jack Kerouac et Allen Ginsberg, rythme encore les jours et les nuits de San Francisco. Il suit auprès de Pirkle Jone, Jerry Burchard et Margery Mann des cours de photos au San Francisco Art Institute. Dès 1981, installé dans son atelier actuel qu'il partage avec Raymond Hains, Yves Oppenheim et Loïc Le Groumellec, Antoine Rozès se lance dans des compositions qui "déconstruisent" les choses "afin de voir ce qui arrivera ensuite". Tirés hors du registre classique, décalés afin de leur donner une autre densité grâce aux effets du procédé novateur de lames de lumière qu'il a mis au point, le temps et l'espace sont comme des outils qui se superposent, obéissent seulement à l'aléatoire, créent des profondeurs à la fois maîtrisées et laissées volontairement indépendantes. La rapidité extrême de cette décomposition échappe à l'oeil nu. Différentes expositions et publications de 2010 à 2015 lui valent un public fidèle et la reconnaissance par la critique d'un style résolument à part, unissant aux formes classiques de la beauté des chocs visuels modernes. Puis à partir de 2011 et pendant quatre années de suite en Dordogne. Tel Orphée qui charmait les bêtes, les montagnes et les arbres, il se fait l'ami à titre provisoire d'un petit territoire accroché à flanc de coteau et y établit un chantier éphémère au milieu d'une futaie poussant sans autre ordre que celui des caprices naturels. Tout en conservant sa ligne initiale, Antoine Rozès se lance à raison de quatre ou cinq semaines par an dans une tâche considérable. Profonde, fantastique, mobile, angoissante parfois, vide de toute présence, la nuit jamais oubliée de sa mémoire sert autant de décor que de personnage central et agit comme un nouveau champ pour ses créations. Le hasard intervient comme un metteur en scène et utilise les lames de lumière comme les vrais acteurs de la pièce. Le résultat aboutit à ces vues surprenantes, ces "chaotiques arborescences" dont parle le philosophe et historien d'art Matthieu Corradino. Seul dans la forêt, le sentiment d'impermanence ne le quitte jamais et demeure derrière lui comme une présence tutélaire, amicale certes, menaçante néanmoins. Sur ces arpents plantés de hauts arbres, une fois les ténèbres régnant, il reconnaît que l'atmosphère à l'évidence oppressante, invite à l'humilité face au Créateur, à la notion de fragilité et au respect de la durée infini du végétal et du minéral par rapport à celle, si fugace, de l'homme.
À travers les différentes réalisations ou recettes de cuisine qu'il propose, cet ouvrage est une invitation à goûter tous les délices de la vie au jardin, qu'il s'agisse d'un petit déjeuner sous la tonnelle, d'un barbecue printanier, d'un goûter ensoleillé ou d'un dîner estival aux chandelles... La démonstration en images montre qu'il n'est pas nécessaire d'être un spécialiste du jardinage pour profiter agréablement du moindre espace vert: un peu d'astuce et quelques conseils suffisent pour aménager et décorer sa terrasse ou son jardin comme un espace de vie à part entière. Pour retrouver le goût de la nature... jusqu'au c?ur des villes. Anne Valéry collabore depuis 10 ans à différents magazines comme Femme Actuelle, Prima, Mon Jardin Ma Maison, L'Ami des Jardins, Votre Maison, pour lesquels elle élabore des reportages. Elle a réalisé depuis 5 ans divers ouvrages de loisirs créatifs et de décoration. Antoine Rozès, lauréat de nombreux concours, mène essentiellement une carrière internationale de photographe de décoration et d'art de vivre. Ses reportages sont parus dans les plus grands magazines internationaux (Architectural Digest, World of interiors...).
Lever tous les chausse-trapes du maquis juridique touffu et complexe que représente la responsabilité des dirigeants d'entreprise, telle est l'ambition de ce livre. Véritable guide pratique, il expose simplement ce qu'il faut savoir pour diriger son entreprise en toute connaissance des risques. II est donné, tout au long de cet exposé, des conseils précis et concrets pour permettre aux dirigeants de limiter leurs risques de responsabilité. L'auteur, expert juridique, s'appuie sur la dernière réglementation et la jurisprudence en vigueur pour vous faire découvrir toutes les situations dans lesquelles les entrepreneurs individuels ou les dirigeants de société peuvent être condamnés sur leur patrimoine personnel à réparer nombre de préjudices et même à supporter, pour tout ou partie, les dettes de l'entreprise. L'auteur vous éclaire également sur les conditions d'engagement de la responsabilité pénale des dirigeants. II vous décrit les procédures d'engagement de ces responsabilités civile et pénale afin que les dirigeants puissent se défendre avec efficacité lorsque leur responsabilité est engagée. Chaque situation est illustrée par des exemples, des avertissements, des " points à noter" ou des " pour en savoir plus ", clairs et pratiques. " Un homme averti en vaut deux." En termes de responsabilité des dirigeants d'entreprise, ce proverbe n'a jamais été aussi adapté !
Qu'est-il arrivé à la France ? Pourquoi son décrochage, sa dépression ? A la sortie des présidentielles, l'influent essayiste, politologue et spécialiste de l'opinion Stéphane Rozès livre, comme jamais, son diagnostic sur l'état du pays. Lucide, lumineux, implacable et pourtant espérant. Les idéologies en crise qui sous-tendaient les imaginaires collectifs ont laissé place, en un peu plus de trente ans, au chaos de la pensée politique. Elles étaient héritées de l'histoire moderne, constitutives de communautés et de comportements identifiables, significatives d'un génie national et d'une culture populaire. Elles ont disparu. C'est particulièrement vrai en France où celle-ci se voit mise à mal par la dictature réticulaire des émotions, la perte de souveraineté et de contrôle des peuples sur leur destin, l'hyper-individualisme, le sentiment d'abandon et les nouvelles jacqueries d'une société de marché, sans oublier la technostructure de Bruxelles et une pensée inédite née de la mondialisation néo-libérale lancée par l'Occident mais aujourd'hui hors de son influence. En dix chapitres, qui sont comme autant de sujets, Stéphane Rozès, aiguillonné par Emmanuel Lemieux, entreprend une analyse fine des imaginaires qui travaillent la France ces dernières années. Il réfléchit aussi aux ressources politiques encore disponibles pour sortir de ce chaos et réparer l'imaginaire français, cette dimension souvent négligée des sciences politiques, qui lui semble pourtant décisive pour comprendre la situation actuelle et celle qui se profile.
Parce qu'elle ne sait presque rien de son père, Matteo, un immigré italien arrivé en France dans les années 1930, la narratrice tente de réinventer son parcours, de son départ d'Italie, dont elle ignore les causes, à son arrivée en France, dont elle ignore les modalités exactes. Ce qu'elle sait en revanche, c'est que son père est mort dans les années 1970 et qu'il est demeuré toute sa vie ouvrier en banlieue parisienne, dans l'usine de sa soeur et de son beau frère. Pour s'aider dans cette investigation imaginaire, elle s'imprègne du destin des immigrés qu'elle rencontre de nos jours en Europe, à Calais, à Lampedusa ou aux îles Canaries. Ce texte chemine ainsi dans des temporalités différentes, entre passé (avant guerre, Seconde Guerre mondiale, années 1950) et présent, entre destins pluriels et destin singulier. Il dit l'exploitation, l'ingratitude et l'humiliation, mais aussi les trouées de soleil et de bonheur, le plaisir de la danse, les vacances en Bretagne... Ce faisant, l'auteur nous offre une belle méditation sur l'exil, l'identité, la mémoire et la transmission, sur le jeu social, le courage et la lâcheté, sur la conjugaison, enfin, de l'Histoire collective et de l'histoire singulière. Biographie de l'auteur Martine Storti a été professeur de philosophie puis journaliste à Libération. Elle est aujourd'hui Inspectrice générale de l'Education nationale. Elle a déjà publié Un chagrin politique (L'Harmattan, 1995), Cahiers du Kosovo (Textuel, 2001), 32 jours de mai (roman, Le bord de l'eau, 2006).
Au début du XIVe siècle, Abou Salim al-Jurâ'î, Ministre du Sultan, est reçu par le juge Ibn al-Hafid et le nouveau gouverneur Jarmûn. Au cours du dîner de réception, un incident met aux prises Chama, une jeune servante, et Abou Salim al-Jurâ'î. Toutefois celui-ci, sensible à l'exceptionnelle beauté de la jeune femme, la demande aussitôt en mariage à son maître... Mais al-Jurâ'î périt en mer au cours d'une campagne militaire. De retour à Salé, Chama épouse donc Ali, un Andalou fraîchement converti à l'islam, contre lequel s'acharne Jarmûn, qui la convoite. Elle ne trouvera protection qu'auprès du syndic des Chorfas de Salé et d'un ermite nommé Abou Moussa, doué de pouvoirs surnaturels. L'entraînant dans son sillage pour une mystique prière à la pluie, ce dernier sauve des femmes de la perdition par le mystère de sa sainteté. Ce livre, qui comme souvent chez l'auteur, entrecroise divers destins de femmes aux prises avec un monde d'hommes, milite pour un islam progressiste qui exalte l'image de la féminité et célèbre la victoire de la foi sur les perversions du pouvoir.