Evoluant dans des sociétés postmodernes voire hypermodernes, l'humain est désormais confronté à de nouveaux et nombreux défis dans lesquels les problématiques de la connexion et de la déconnexion, de la quête de sens dans une vie effrénée, du développement personnel, social et communautaire, de la relation avec la nature sont désormais centrales. Dans ce contexte, le loisir, compris comme un objet théorique et pratique pluridisciplinaire, peut être vu par certains comme une issue, un exécutoire voire comme une échappatoire. Pour d'autres, au contraire, le loisir est un composant clé d'un mode de vie, ou à l'opposé un élément intangible, qui est là sans être vraiment là. Force est de constater que les sociétés occidentales, dans lesquelles nous vivons, proposent, suggèrent et mettent en exergue presque constamment des valeurs, des biens, des produits et des individus teintés par des formes de plaisir, de joie, de liberté et de quête d'expériences nouvelles et renouvelables à l'infini. Dans tout ce flot d'images et de représentations, le loisir est très souvent mis au premier plan ou minimalement en arrière-fond par le biais notamment de pratiques, de destinations et de paysages évocateurs. Mais tout cet artifice, est-ce bien du loisir ? Est-ce bien le loisir auquel aspirent les personnes de ces sociétés postmodernes et hypermodernes ? Au fond, quelles conceptions avons-nous du loisir ? Est-il toujours cloisonné dans un temps libre en opposition aux temps de travail et d'obligations familiales ou est-il plus éclaté, présent dans des sphères humaines inattendues ? C'est autour de ces questions que cet essai est construit. Fruit de plusieurs années de recherche de quatre chercheurs universitaires travaillant aux confins de différentes disciplines (géographie, philosophie, urbanisme, psychologie et sociologie), ce court essai a pour ambition de proposer une réflexion renouvelée sur les prémisses conceptuelles de l'objet loisir et sur les formes que ce dernier prend désormais dans nos sociétés occidentales centrées sur un éclatement des sphères de vie, sur un questionnement majeur de la place de la nature dans notre quotidien et sur une accélération des rythmes de vie.
La question du plein air est au coeur de très nombreuses réflexions, politiques et autres actions au Québec, mais également dans de nombreux pays occidentaux. Les problématiques liées aux changements climatiques, au déficit nature, à la sédentarité et à la détresse psychologique sont souvent abordées sous des angles analytiques reliés à des besoins de reconnexion à la nature et de préservation de l'environnement. A ce titre, les activités de plein air ou pratiquées en plein air deviennent centrales et nécessitent de facto d'être étudiées et comprises à différentes échelles et dans des perspectives souvent comparatives afin de cerner leurs évolutions, leurs effets, leurs bénéfices et leurs impacts. En 2017, le ministère de l'Education et de l'Enseignement supérieur du Québec publiait l'Avis sur le plein air en marge de la politique québécoise de l'activité physique, du sport et du loisir. Cet avis mettait en avant l'importance d'accroître l'accessibilité du plein air au Québec, l'expérience retirée pour les pratiquant·e·s, ainsi que la promotion entourant ces activités. L'époque hypermoderne, dans laquelle nous vivons aujourd'hui, conduit les individus à vivre selon des rythmes familiaux et professionnels que nous pourrions qualifier de continus en raison notamment de la place prise par les nouvelles technologies de l'information. Dans ce contexte, le plein air peut être perçu et vécu comme un moyen de se recentrer sur soi-même, de se reconnecter à des éléments tangibles - sources éventuelles de bien-être, de plaisir et de sérénité -, mais également de se rassembler autour d'activités fédératrices et porteuses de sens pour chacun·e et pour des communautés spécifiques. Destiné à des chercheurs·ses, des professionnel·le·s du milieu et des étudiant·e·s, c'est dans cet esprit que ce manuel est organisé, afin de répondre à plusieurs questionnements. Comment le plein air a-t-il évolué ces dernières décennies au Québec et comment est-il structuré et géré aujourd'hui ? Quelles sont les principales problématiques auxquelles sont confrontés les acteurs·rices investi·e·s dans le plein air ? Comment celui-ci est-il perçu, vécu et ressenti par certaines populations ? Et finalement, ailleurs dans le monde, de quelles manières le plein air est-il envisagé ?
Résumé : Romain Troublé n'est pas né activiste pour l'environnement, il l'est devenu. Enfant de la montagne et de la mer, aujourd'hui directeur général de la Fondation Tara Océan, il oeuvre avec ses équipes pour soutenir la recherche scientifique en mer et pour sensibiliser le grand public et les dirigeants à l'urgence de préserver le Vivant de l'océan, premier puits de carbone de la planète et pilier essentiel de son équilibre. Au gré de pérégrinations souvent rocambolesques, aux confins de l'extrême Sibérie à la recherche de mammouths prisonniers du permafrost, au coeur de l'Antarctique pour le premier vol d'un Antonov 3 monomoteur, ou à bord de la goélette Tara, il a pris conscience de l'impact des activités humaines sur notre planète et du recul alarmant de la biodiversité. Dans ce récit vibrant au long cours, Romain Troublé retrace l'itinéraire de son engagement et raconte comment il est devenu l'une des voix qui comptent pour la cause océanique.
Résumé : Des adeptes de sports libres s'appropriant l'espace public aux méga-événements sportifs agissant comme vecteur de développement, le sport devient un organisateur des territorialités urbaines. Cet ouvrage rend compte de cette influence du sport sur la population et sur la morphologie des métropoles nord-américaines et européennes.
1914, en Nouvelle-Ecosse, loin des tranchées dans lesquelles les nations d'Europe vont bientôt s'enliser, le petit port côtier de Peggy's Cove attend le retour des hommes, qui tardent à rentrer de leur dernière campagne de pêche au large de Terre-Neuve. Ne restent que les femmes, les enfants et quelques vieillards. Une nuit sans lune, un mystérieux naufragé s'échoue sur le rivage. Couvert de tatouages de marin, il semble avoir perdu la mémoire... ou bien joue-t-il la comédie ? Bientôt, ce sont deux négociants armés, venus d'Halifax, qui arrivent à leur tour pour enquêter sur un navire disparu. Face au tourbillon de violence qui menace de s'abattre sur le village, cinq femmes réunies par un lourd secret vont tout risquer pour protéger leur communauté. Quand le loup cogne à la porte, il ne s'attend pas à ce que le diable vienne lui ouvrir...
Latham Monica ; Amselle Frédérique ; Ferrer Daniel
Cet ouvrage propose une visite guidée des " antichambres " , " coulisses " et autres " arrière-cuisines " , où l'écriture de Virginia Woolf se prépare. Ses lieux d'écriture, à Londres ou dans la région du Sussex, révèlent les méthodes de travail de l'autrice autant que son environnement. En plus de sa prose romanesque et de ses essais critiques, Woolf écrivait quotidiennement dans son journal, tenait une correspondance régulière, et esquissait des projets dans ses carnets de travail. Ces milliers de pages offrent un formidable témoignage littéraire, où l'on peut la voir analyser avec lucidité sa propre méthode et réfléchir à son écriture, avec ses mécanismes, ses joies et ses peines. Alors que l'examen de la genèse de Mrs Dalloway révèle une écrivaine qui tâtonne afin de mettre en place sa vision unique et hautement ambitieuse du roman moderne, les manuscrits d'Une chambre à soi mettent au jour la rapidité d'écriture d'un essai littéraire et féministe qui résonne encore aujourd'hui. Suivre les processus d'écriture de ces textes nous permet d'observer à la fois l'écrivaine à l'oeuvre, et l'oeuvre en train de prendre forme, à la confluence de plusieurs courants, inspirations et idées novatrices.
Il ne leur manque que la parole, entend-on souvent dire à propos des chiens. En effet, pourquoi après 35 000 ans de cohabitation, d'amitié, de services rendus, ne nous parlent-ils toujours pas ? Comment la parole est-elle venue à l'homme, et qu'en comprennent nos compagnons les chiens ? Qu'échangeons-nous vraiment avec eux ? Pourquoi leur parlons-nous sur un ton stupide ? Quelles limitations les empêchent de nous répondre ou tout simplement de nous dire ce qu'ils pensent de nous ? A ces questions, parfois naïves, les neurosciences - humaines et animales - fournissent des éléments sérieux de réponse. Et une expérience inédite vient bousculer notre conviction que seul l'humain peut utiliser le langage pour communiquer, et interroger le sens même de l'existence. Alors ? Pensent-ils humains ?
? L'intelligence artificielle remplacera l'être humain. ? " A force d'entendre cette prédiction, nous sommes tentés d'y croire. Or, si ce n'était pas l'être humain que l'IA allait remplacer... mais Dieu ?? Une question audacieuse à laquelle Gabrielle Halpern répond avec humour et sérieux, en comparant l'IA à Dieu. Ce n'est pas tant notre humanité que l'IA essaie de plagier, que l'omniscience, l'omnipotence et l'omniprésence - caractéristiques du divin. Toujours disponible, prête à répondre à toutes nos prières et questions avec "? bienveillance ? " et "? patience ? ", adaptable à chacun, l'IA n'est-elle pas en train de devenir le dieu sur mesure dont l'être humain a toujours rêvé? ? Quelle intelligence artificielle l'homme a-t-il créée ?? Et surtout, quel homme l'intelligence artificielle va-t-elle créer ??
Turing Alan ; Pilawski Pascale ; Koch Marie-Pierre
Alan M. Turing, célèbre pour avoir décodé Enigma, la machine à crypter de l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, est aussi souvent présenté comme le père de l'"intelligence artificielle". En 1950, les connaissances scientifiques et techniques sont suffisantes pour envisager la possibilité, dans un futur relativement proche, que des machines puissent imiter l'esprit humain. Les hommes seront-ils capables un jour de fabriquer des machines intelligentes ? Répondre à cette question suppose d'abord de définir cette intelligence, que nombre d'acteurs actuels de l'IA n'hésitent pas à assimiler à du calcul en se revendiquant de l'autorité du mathématicien anglais. Mais la pensée de Turing échappe à ces réductions faciles, comme le montrent les textes rassemblés dans ce volume, restés largement inédits en français.