Je suis réquisitionné pour transporter les premières victimes. Quelques heures seulement après l'explosion du réacteur. II y a cet homme au fond du bus. Cet homme qui reste assit tout droit les mains sur les cuisses tandis que les autres pompiers vomissent et râlent et crachent du sang autour. J'accélère pour abréger le trajet jusqu'à l'hôpital. Je croise son regard dans le rétroviseur : la peur. Au lointain : la masse rouge de la centrale en fusion, et là dans mon dos, hors de leurs orbites, les yeux de cet homme. Dans les yeux de cet homme une grande peur : sa langue est tombée. Je ne suis pas certain de lire de la douleur ou quelque chose comme ça sur sa figure, mais une peur oui, une peur absolue qui le dévaste : sa langue vient de tomber de sa bouche et gémit, stupéfaite, sur son pantalon.
Nombre de pages
110
Date de parution
15/01/2013
Poids
110g
Largeur
100mm
Plus d'informations
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EAN
9782916834382
Auteur
Marchais Stéphanie ; Taponard Christian
Editeur
QUARTETT EDIT
Largeur
100
Date de parution
20130115
Nombre de pages
110,00 €
Disponibilité
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Dans une ville désolée et scindée en deux par un mur de pierre, Ute et hanz Schwab s'aiment et veulent un enfant. Elle souhaiterait une fille, une sage petite poupée qui lui tiendrait compagnie ; lui espérerait un garçon, un robuste et brave gaillard qui assurerait la poursuite du commerce familial. Mais l'enfant à qui l'on inflige un destin avant-même de naitre voudra-t-il sortir du ventre de sa mère ...
Sally, Floue, Frost. Deux s'urs et un frère victimes d'inceste au sein d'un cocon familial qui n'a pourtant pas l'apparence de la barbarie. Comment dire l'horreur ?Comment se construire avec cette histoire, quand le poids de la parole engage et détermine la suite de la vie ?Dans cette traversée sur plusieurs années, il sera aussi question d'amour, de solidarité, de sépulture d'abeilles, d'alcool fort, d'un canard placide, d'une envahissante suicidée, et de l'invention de sa singularité pour sortir de la nuit et mieux habiter le monde.Parler pour nommer le réel, afin de ne jamais consentir à ce qui nous abîme.Stéphanie Marchais est autrice dramatique française et a publié de nombreuses pièces de théâtre. « Tu ne tairas point », un de ses récents textes, est lauréat de l'aide à la création ARTCENA 2024.
Biographie: Stéphanie Marchais a écrit une dizaine de pièces dont Dans ma cuisine je t'attends (prix de Guérande 2004), C'est mon jour d'indépendance et Des ailes, tu en as.
Il y a des nuits où le corps ne comprend pas sa propre charge. Comme les bouchers au petit matin quand ils livrent la viande. Des bêtes entières sur leurs épaules. On croirait qu'ils se portent eux-mêmes. Dans l'obscurité les bouchers se portent eux-mêmes entièrement nus sur leurs épaules. La nuit devant l'enseigne éteinte. Attendre que la boucherie ouvre. Se ronger un ongle. Enlever ce qui dépasse. Une lumière dans la boutique. Le jour tous ces gestes qu'ils font. Les bouchers qui portent des carcasses sur leurs épaules. Deux corps qui s'emmêlent. L'un vivant et l'autre mort.
Quand je suis parti de mon endroit de naissance, ce n'était pas comme partir en vacances, ou dire "je vous enverrai une carte portale, bisous, et bientôt je reviendrais ". C'était grave dans les yeux de mon père et dans les yeux de ma mère, comme un crime que j'aurais fait, comme une trahison de leur amour. C'était comme couper l'herbe ou la racine sous le pied de leur espoir pour moi. Mais mes pieds il fallait bien qu'ils prennent la route pour ne pas devenir lourds comme la pierre, mon coeur avec, mon coeur mangeur d'air pur.
La menace la menace on va pas se/ laisser grignoter par la menace/ Ils doivent savoir que le plein est/ plein/ Le vase est plein/ Et que quand c'est plein ça déborde/ Et que là ça déborde/ La menace c'est pour qui se laisse avaler par la menace Et une république se laisse pas avaler par une menace/ Une république ça fait la république/ Et la république est au-dessus de toute menace/ La république ça doit savoir fermer la gueule à ceux qui l'ouvrent trop/ On va pas sacrifier tous les symboles au nom d'une revendication qui ne dit pas son nom/ Une revendication qui n'est pas vraiment une revendication mais une mort programmée