La Connaissance du vent, qui peut se définir comme une "fable spirituelle" , raconte l'histoire de Hannes, jeune restaurateur d'art néerlandais élevé dans les rigueurs moroses du fondamentalisme calviniste, qui a perdu la foi à l'adolescence et sombré dans la débauche et dans les addictions - au sexe, à l'alcool, à certaines drogues -, ce qui le remplit d'une honte morbide (d'autant plus qu'il est gay, ce qui est encore loin d'aller de soi en 1981, année où se situe le récit, a fortiori quand on a reçu son éducation) sans qu'il trouve le ressort pour amender sa vie. Ce solitaire angoissé est aussi hanté par la "disparition" de Kobie, son seul ami et confident, un peintre plus drogué que lui et attiré par le masochisme, sans qu'on sache avant la fin du livre ce qu'il a pu devenir. Pour fuir et se fuir lui-même, Hannes s'en va restaurer un retable baroque dans une abbaye voisine d'une bourgade perdue des Marches italiennes, qui se révèle un lieu à la fois beau et sinistre, car les habitants semblent endeuillés et hostiles, peut-être parce que la petite cité a autrefois été martyrisée par des mercenaires ottomans. Bien accueilli par les moines, un même amour de la musique - qui joue dans l'histoire un rôle essentiel, de même que la poésie et la nature - le rapproche de Guido, jeune novice souriant, érudit et d'une étonnante sagesse. Malgré les résistances de Hannes, Guido lui révèle peu à peu un Dieu tout différent de celui auquel il a jadis tourné le dos : doux, juvénile et miséricordieux. Le Dieu sans colère de Thérèse d'Ávila et de la mystique Hetty Hillesum, qui n'a rien contre les gays ni contre le langage des sens. Mais Hannes freine des quatre fers et en veut même à Guido - dont la santé ne cesse de se dégrader - pour son optimisme et sa sérénité. Il a aussi parlé avec Bertille, artiste installée dans la région, qui proclame sa haine de la foi et de ses serviteurs. Pourtant, des signes se manifestent : une étrange petite brise caressante du crépuscule, qui semble contenir une présence, et aussi les apparitions fugaces et parfois rêvées d'un étrange personnage de jeune Oriental, peut-être un fantôme surgi d'une légende locale, peut-être un messager du divin, qui semble lui tendre la main. Un soir, en un lieu désert où il s'est laissé guider par l'ombre de l'Oriental, Dieu fait irruption dans la vie de Hannes. Cette expérience de metánoia fait dans l'instant de lui un tout autre homme. Mais la révélation a un prix : le même soir, Guido est mort et Hannes comprend confusément que, selon le mystère de la communion des saints, le novice est mort pour lui. Hannes a cependant découvert une paix, une harmonie intérieures qui lui permettent de poser sur sa vie un nouveau regard et d'habiter poétiquement et spirituellement le monde. Mais nous sommes en 1981, et la menace du sida vient d'apparaître... Pourtant, à la fin du livre, la paix de Dieu aura le dernier mot.
Nombre de pages
448
Date de parution
12/10/2023
Poids
552g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782876237575
Titre
La connaissance du vent
Auteur
Rosso François
Editeur
MICHEL DE MAULE
Largeur
140
Poids
552
Date de parution
20231012
Nombre de pages
448,00 €
Disponibilité
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Rosso François ; Jérôme Philippe ; Montgolfier Eri
1 200 faits divers en 800 lieux et adresses, de la Croisette à la promenade des Anglais, du cap d'Antibes au rocher de Monaco, des îles de Lérins au pas de la Mort. "Les premiers Niçois étaient cannibales", titrait Nice-Matin après la découverte d'un fémur cuisiné voilà 160 000 ans dans la grotte du Lazaret. Depuis ce premier fait divers répertorié par les auteurs, la carte des crimes et délits, avec ses grands boulevards ensanglantés et ses énigmatiques chemins de traverse, s'est superposée à celle de l'histoire moderne d'un fragment de paradis situé entre Cannes et Menton. C'est avec talent que nous est contée la petite histoire de cette Côte d'Azur au travers de ses faits divers, si révélateurs des évolutions d'une région passée, en quelques décennies, de l'autarcie au tourisme de luxe. Cet afflux d'argent facile a favorisé le petit et le grand banditisme, les affaires immobilières crapuleuses, mais aussi la corruption politique.Sanctuaire pour mafieux, haut lieu de la prostitution internationale, la Côte d'Azur est également un laboratoire du crime où furent expérimentés notamment la casse à la voiture bélier, le vol à la portière, le hold-up par les égouts et toutes sortes d'arnaques invraisemblables. C'est également le pays où, derrière un décor de rêve, se déroulent les histoires les plus sordides. Celui, aussi, où se nouent des énigmes criminelles dont certaines ont fait le tour de la planète, comme la disparition d'Agnès Le Roux, l'étrange mort du banquier Edmond Safra ou encore l'affaire Omar Raddad. Ce livre de référence s'ouvre et se referme sur le destin tragique de deux femmes d'exception, Isadora Duncan et Grace Kelly, toutes deux mortes en auto, victimes du plus banal des faits divers. Il peut ainsi se feuilleter comme un précis historique recensant les principaux lieux de mémoire ou comme un journal, pour prendre la température de sa ville avec le premier café du matin. Ce guide permet au lecteur d'appréhender une triste réalité: l'insécurité, voire la barbarie, mais aussi le burlesque et l'absurde, ne sont pas l'apanage du IIIe millénaire. Biographie de l'auteur Philippe Jérôme est journaliste à "L'Humanité", correspondant régional (Paca) de ce quotidien. Auparavant il état, depuis 1982, rédacteur à l'hebdomadaire "Le Patriote-Côte d'Azur". Il a reçu en 1998 le prix international de la Presse décerné par l'Association des amis de l'enfance (Amade-Unesco). François Rosso est journaliste à "Nice-Matin" depuis 1983. Rédacteur au service politique, il a été directeur des agences de "Nice-Matin" à Cannes, Grasse et Antibes.
Le professeur Prospero se trouve dans une de ces émissions de télévision qui mêlent écrivains, chanteurs, politiciens, sportifs et public. Répondant à une question, il mentionne naïvement Spinoza. Scandale ! Du ton le plus grave, le présentateur lui répond : " Ceci est un programme qui s'adresse aux familles, et les gens qui ont trimé toute la journée ont le droit de se détendre sans se sentir inférieurs. " L'assistance hue, tape des pieds. Le ministre de l'Intérieur, invité lui aussi, ajoute que le Pr. Prospero devrait avoir honte de son élitisme. Twitter se déchaîne. " On t'aura, enfoiré d'intello de mes couilles ! @giolia 71 " Rentrant chez lui, il est tué à coups de batte de base-ball. De cet argument de départ s'ensuit l'aventure la plus tristement comique qui soit, celle du populisme contemporain. Cela se passe en Italie, cela pourrait se passer en France, aux Etats-Unis, en Hongrie, en Pologne, c'est-à-dire partout. Le ministre de l'Intérieur, devenu Premier ministre de l'Intérieur (car nous sommes dans une réalité augmentée) comprend tout de suite l'avantage électoral qu'il y a à honnir les écrivains, les intellectuels, les penseurs. Et il décide, face au danger évidemment terrible qu'ils représentent, du recensement national des intellos de gauche - puisque le mot " gauche " est devenu synonyme de " vice " . La première victime sera ce ministre même, filmé à son insu sortant d'un cinéma d'art et d'essai. Le populisme dévore ses enfants. Parallèlement à cet orage politique, on cherche qui a tué le professeur. La fille du professeur, Olivia, enquête. Avec un brio et un humour qui le situent dans la lignée des romans d'Italo Calvino, Giacomo Papi radiographie les passions tristes de la politique contemporaine. Le livre a été un grand succès en Italie.
Dans un quartier populaire de Lisbonne, au début du XXe siècle, une famille d'artisans ébénistes est habitée par le deuil. La seule lumière vient des enfants et peut-être d'anciens pianos inutilisables, qui, entassés dans un local attenant à l'atelier, semblent attendre de revivre. Au c'ur de ce roman énigmatique et puissant, un récit à deux voix. Celle du fils, Francisco, mort d'épuisement pendant le marathon des jeux Olympiques de Stockholm, en 1912, dont il raconte, kilomètre après kilomètre, le déroulement funeste tout en remontant le cours de sa vie. Et celle plus lointaine du père, mort depuis longtemps mais qui semble tout savoir sur le devenir des siens. Le roman de José Luis Peixoto est une prouesse littéraire servie par une écriture à fleur de nerfs, de larmes et de sensibilité.
En Angleterre, dans les années trente, Christopher Banks, qui a consacré sa vie à combattre le mal, est devenu un détective prestigieux. Cependant, un crime n'a jamais cessé de le hanter: l'énigmatique disparition de ses parents dans la Concession internationale du vieux Shanghai, lorsqu'il était encore enfant. Au moment où le monde marche vers la Seconde Guerre mondiale, que les diplomates anglais s'étourdissent à Shanghai, Christopher décide de retourner en Chine et tente de résoudre le mystère de son passé... Kazuo Ishiguro mêle avec brio les rebondissements d'une enquête policière aux tourbillonnements d'une mémoire, pour nous raconter l'histoire d'un homme déboussolé, entre les derniers feux de l'Europe et l'émergence d'une autre Asie.
Parce qu'elle ne sait presque rien de son père, Matteo, un immigré italien arrivé en France dans les années 1930, la narratrice tente de réinventer son parcours, de son départ d'Italie, dont elle ignore les causes, à son arrivée en France, dont elle ignore les modalités exactes. Ce qu'elle sait en revanche, c'est que son père est mort dans les années 1970 et qu'il est demeuré toute sa vie ouvrier en banlieue parisienne, dans l'usine de sa soeur et de son beau frère. Pour s'aider dans cette investigation imaginaire, elle s'imprègne du destin des immigrés qu'elle rencontre de nos jours en Europe, à Calais, à Lampedusa ou aux îles Canaries. Ce texte chemine ainsi dans des temporalités différentes, entre passé (avant guerre, Seconde Guerre mondiale, années 1950) et présent, entre destins pluriels et destin singulier. Il dit l'exploitation, l'ingratitude et l'humiliation, mais aussi les trouées de soleil et de bonheur, le plaisir de la danse, les vacances en Bretagne... Ce faisant, l'auteur nous offre une belle méditation sur l'exil, l'identité, la mémoire et la transmission, sur le jeu social, le courage et la lâcheté, sur la conjugaison, enfin, de l'Histoire collective et de l'histoire singulière. Biographie de l'auteur Martine Storti a été professeur de philosophie puis journaliste à Libération. Elle est aujourd'hui Inspectrice générale de l'Education nationale. Elle a déjà publié Un chagrin politique (L'Harmattan, 1995), Cahiers du Kosovo (Textuel, 2001), 32 jours de mai (roman, Le bord de l'eau, 2006).
Au début du XIVe siècle, Abou Salim al-Jurâ'î, Ministre du Sultan, est reçu par le juge Ibn al-Hafid et le nouveau gouverneur Jarmûn. Au cours du dîner de réception, un incident met aux prises Chama, une jeune servante, et Abou Salim al-Jurâ'î. Toutefois celui-ci, sensible à l'exceptionnelle beauté de la jeune femme, la demande aussitôt en mariage à son maître... Mais al-Jurâ'î périt en mer au cours d'une campagne militaire. De retour à Salé, Chama épouse donc Ali, un Andalou fraîchement converti à l'islam, contre lequel s'acharne Jarmûn, qui la convoite. Elle ne trouvera protection qu'auprès du syndic des Chorfas de Salé et d'un ermite nommé Abou Moussa, doué de pouvoirs surnaturels. L'entraînant dans son sillage pour une mystique prière à la pluie, ce dernier sauve des femmes de la perdition par le mystère de sa sainteté. Ce livre, qui comme souvent chez l'auteur, entrecroise divers destins de femmes aux prises avec un monde d'hommes, milite pour un islam progressiste qui exalte l'image de la féminité et célèbre la victoire de la foi sur les perversions du pouvoir.