La publication de ce beau recueil est pour nous l'occasion de nous associer à l'hommage rendu par ses collègues de Neuchâtel à cet historien des premiers siècles chrétiens qui s'est toujours distingué par sa probité et sa rigueur scientifiques, son ouverture oecuménique et ses dons d'amitié. Irenikon ... Disons-le avec une grande satisfaction, le lecteur trouve à peu près toujours en complet accord avec le savant auteur, ou du moins très proche. Il risque même de tirer beaucoup de profit de ses travaux. Esprit et Vie L'utilità del lavoro e da ricercarsi quindi nella facilitazione ad accostare l'opera del Rordorf che, ancora giovane, promette molto per il campo della ricerca. I suoi contributi guttatim servono alla conoscenza approfondita della tradizione cristiana, comune a tutte le confessioni. Salesianum L'ampleur de vue et l'objectivité de Willy Rordorf ne dissimulent jamais l'attachement du croyant et l'expérience partagée avec ceux qui furent nos pères et nos mères dans l'Eglise. Choisir ... On formulera le souhait que ces travaux, qui contribuent à une meilleure connaissance de la tradition chrétienne, favorisent la compréhension mutuelle et le rapprochement des chrétiens désunis. Nouvelle Revue Théologique W. Rordorf n'a pas le défaut des hypothèses faciles et des arguments peu sûrs. Quand il avance dans l'interprétation d'un terme ou d'un passage, il a toujours les ressources de celui qui connaît la littérature ambiante, chrétienne et juive... Ce beau volume est à la taille de celui qui l'a écrit : une oeuvre encore en pleine recherche, après avoir posé des jalons sûrs. Cette leçon magistrale vaut bien une initiation au christianisme ancien. Mieux, il faut la savourer comme ces bons crûs qui mûrissent sur le bord du lac de Neuchâtel. Etudes théologiques et religieuses Der Sammelband ist ein schönes Zeugnis der fruchtbaren Tätigkeit des Autors. Er erleichtert die Arbeit mit seinen Aufsätzen. Für die Zukunft ist zu hoffen, daB der Elan des Vf. s gerade in den von ihm beachteten Themenkreisen der Alten Kirche erhalten bleibt. Theologische Revue
Nombre de pages
520
Date de parution
01/04/1988
Poids
652g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782701011226
Titre
Liturgie, foi et vie des premiers chrétiens
Auteur
Rordorf Willy
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
135
Poids
652
Date de parution
19880401
Nombre de pages
520,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Biographie de l'auteur Né en 1940, Bernard Rordorf a étudié la théologie et la philosophie à Montpellier, Genève et Lyon. Comme pasteur de l'église protestante de Genève, il a été aumônier des Collèges puis co-directeur du Centre protestant d'études. II est depuis 1994 professeur de théologie systématique à la Faculté autonome de théologie protestante de Genève.
L'interdiction des images met d'abord en lumière le caractère irréductible de Dieu à tout élément de ce monde. Mais par là elle veut moins affirmer la transcendance de Dieu qui échappe à toute représentation que sa proximité imprévisible. L'interdiction des images garantit ainsi la liberté de Dieu de se tourner vers sa créature pour l'aimer. La proximité de Dieu n'a pas d'image parce qu'elle est toujours neuve et surprenante et, par là-même, créatrice d'histoire. Elle est donc toujours eschatologique : lorsqu'il s'approche. Dieu vient transformer le monde au-delà de tout ce que nous connaissons. La théologie de la croix le confirme. Elle renferme la vérité ultime de l'interdiction des images. En Jésus crucifié, la proximité de Dieu se donne d'une manière cachée, invisible sous l'horizon de ce monde. De cette manière, elle nous arrache aussi à la clôture de cet horizon et nous ouvre à l'espérance de la nouvelle création. La croix est ainsi l'événement eschatologique, l'accomplissement du dessein de Dieu pour toute la création : elle est la révélation entière et définitive de l'amour de Dieu qui constitue lui-même toute la réalité de la nouvelle création. Et cette réalité est sans image : elle ne consiste pas dans une nature nouvelle, mais dans une relation nouvelle. L'interdiction des images a donc la portée d'un véritable critère d'authenticité pour toute la théologie chrétienne, dont l'enjeu n'est pas l'ontologie mais l'eschatologie.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.