Nul besoin aujourd'hui de jouer au Christ pour descendre aux limbes, il suffit d'aller au cinéma, de payer son obole à la caisse d'une salle obscure, d'emprunter l'escalier tortueux qui conduit au sous-sol et de franchir la porte coupe-feu qui débouche sur l'enfer, le purgatoire ou le paradis des images où s'accomplissent nos désirs inavouables. L'inconscient visuel que la caméra révèle à Benjamin, le cinéma permanent où Breton se laisse détrousser comme dans un bois ou l'espace négatif que creuse souterrainement l'art termite cher à Farber ne sont que d'autres noms de ces limbes, dévoyés autant que sécularisés, de notre temps. Pour s'y rendre, il n'est point de meilleurs guides que les films eux-mêmes, qu'ils relèvent ici du registre de la prose comme plusieurs productions hollywoodiennes de Sjöström, de McCarey, de Tourneur et de Fuller, de celui de la poésie comme quelques oeuvres underground plus libres de Levitt, Loeb et Agee, de Brakhage, de Frank et Leslie, ou de celui, plus inclassable encore, de l'écriture de Biette ou de Straub et Huillet. Ces Descentes aux limbes forment un diptyque avec Passages à vide dont elles constituent à la fois un prolongement et un cas limite. Là où ceux-ci s'efforçaient de décrire le vide central de l'essieu qui fait tourner la roue des films, celles-là tentent plutôt d'explorer son rayonnement vers la périphérie, aux confins du cinéma, aux abords de la peinture, de la littérature et de la photographie, tels qu'aperçus depuis cette autre rive.
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Nombre de pages
272
Date de parution
07/11/2019
Poids
278g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782818003015
Titre
Descentes aux limbes. Confins du cinéma
Auteur
Rollet Patrice
Editeur
POL
Largeur
140
Poids
278
Date de parution
20191107
Nombre de pages
272,00 €
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Résumé : Que le cinéma reste irréductiblement affaire de plans et non d'images, malgré la pente générale du tout-à-l'image contemporain, semble une cause entendue même des plus rétifs à la logique toujours paradoxale de cet art, bien à part, du présent. Mais que cette affaire se noue également entre les plans, dans leurs interstices et leurs intermittences, autant que dans l'expérience faussement rassurante de leur enregistrement, et comme à contre-image, pour y souffler des puissances insoupçonnées d'absence ou simplement y faire scintiller un peu de temps à l'état pur, voilà qui méritait sans doute, au-delà des seules questions de montage, d'aller y voir de plus près, jusque dans les détails de prime abord les plus insignifiants des films. Ces derniers ne sont jamais indifférents, surtout quand, par-delà les genres et les époques, ils ont comme auteurs des voyageurs de l'intervalle aussi attentifs aux choses que, mettons, Murnau ou Vigo, Ford ou Walsh, Hitchcock, Lang ou Tourneur, pour revenir aux Anciens, Antonioni ou Godard, Wenders ou Douglas, Snow ou Mekas, pour s'en tenir aux Modernes, et qu'on les parcourt à l'aide de boussoles aussi diverses et sensibles que les pensées de Benjamin, Agee ou Daney. Et peut-être s'apercevra-t-on alors que s'il n'y a littéralement rien à voir dans chacun des moments, pris séparément, d'ellipse du récit, d'éclipse de la représentation et d'exil du sujet où paraît vaciller le sens des films, tous ces passages à vide dessinent ensemble, en filigrane des ouvres, l'articulation première qui fait inlassablement tourner la roue des plans. Ils sont, à leur manière, l'Orient du cinéma.
Rollet Patrice ; Sargeant Jack ; Cohen John ; Yers
Robert Frank et Alfred Leslie réalisent le moyen-métrage Pull My Daisy en 1959, à partir d'un scénario original de Jack Kerouac. Inspiré d'un texte inédit du poète de la Beat Generation qui retrace une soirée chez Neal Cassady, Pull My Daisy décrit la rencontre, chez un cheminot et sa femme, de leurs amis poètes avec un évêque, sa mère et sa soeur. Les beatniks vont progressivement perturber le dîner qui finira par devenir extrêmement comique. Avec une introduction de Patrice Rollet, deux entretiens avec Robert Frank et Alfred Leslie, un commentaire critique de Jack Sargeant et 70 photographies de plateau de John Cohen.
Le travail social en France est le produit d'une histoire politique et sociale particulière. Alors que les autres champs du social avec lesquels le travail social interfère (la protection sociale et le développement social) se sont constitués selon des logiques autonomes, l'ouverture internationale du secteur social reste difficile à aborder. L'influence des acteurs français sur les scènes sociales internationales n'est pas à la hauteur de ce qu'on pourrait attendre d'un pays comme la France, qui a produit un système sociale efficace. Pourtant, des opportunités nombreuses existent. Cet ouvrage permet donc de construire un état des lieux précis, documenté et porteur d'idées.
Résumé : Avec ce quatrième et dernier volume de La Maison cinéma et le, monde s?achève la publication des écrits de Serge Daney jusqu?ici dispersés dans divers journaux ou revues, catalogues ou programmes souvent introuvables aujourd?hui. Après le temps des Cahiers et les années Libé, voici venu, trop bref mais si intense, le moment Trafic, du nom de la revue qu?il fonde avec quelques amis (Raymond Bellour, Jean-Claude Biette, Sylvie Pierre et Patrice Rollet) en décembre 1991, alors qu?il se sait déjà condamné par la maladie (le sida). Il ne pourra en concevoir que les trois premiers numéros avant sa mort annoncée, le 12 juin 1992. C?est le moment où, pressé par le compte à rebours de sa propre vie, Serge Daney porte à incandescence son rapport au cinéma et rédige certains de ses plus beaux textes, avec une ambition affichée d?écrivain et dans le cadre d?une revue dont il a voulu le moindre détail, de l?absence revendiquée d?éditorial à la méfiance envers les rubriques habituelles de la critique, en passant par le refus de l?illustration pour l?illustration. L?écriture seule à charge d?y décrire le mouvement des films et de nous apprendre comment vivre avec les images. Mais c?est aussi le moment ultime où, en toute conscience, Serge Daney fait le point sur son existence de ciné-fils et de passeur dans les entretiens approfondis qu?il accorde alors à Art press, à Esprit, aux Inrockuptibles, au Monde ou à 24 Images, et qui constituent les compléments indispensables à ceux de Persévérance ou d?Itinéraire d?un ciné-fils.
Cette nuit-là, rassemblés tous les trois autour de notre mère, nous avons pour la dernière fois fait kolkhoze.Notes Biographiques : Emmanuel Carrère est né en 1957. D'abord journaliste il a publié un essai sur le cinéaste Werner Herzog en 1982 puis L'Amie du jaguar Bravoure (prix Passion 1984 prix de la Vocation 1985), Le Détroit de Behring essai sur l'Histoire imaginaire (prix Valery Larbaud et Grand Prix de la science-fiction française 1987),Hors d'atteinte ? et une biographie du romancier Philip K. Dick : Je suis vivant et vous êtes morts. La Classe de neige prix Femina 1995 a été porté à l'écran par Claude Miller et L'Adversaire par Nicole Garcia. En 2003 Emmanuel Carrère réalise un documentaire Retour à Kotelnitch et adapte lui-même en 2004 La Moustache avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos. Il a depuis écrit Un roman russe, D'autres vies que la mienne, Limonov prix Renaudot 2011, Le Royaume prix littéraire Le Monde, lauréat-palmarès Le Point, Meilleur livre de l'année, Lire 2014, Il est avantageux d'avoir où aller et Yoga. En 2020 il a réalisé un nouveau film Ouistreham d'après le livre de Florence Aubenas avec Juliette Binoche et des actrices non professionnelles. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues.
Une chimère, c'est une créature imaginaire composée de parties disparates. Par exemple : une histoire policière racontée par cinq femmes, sur une playlist italo-disco.
Charles Juliet a rassemblé ces textes en préparation du onzième volume de son journal qu'il avait choisi d'appeler Mes meilleures années. Il est mort le 26 juillet 2024, à Lyon, avant de pouvoir achever son projet. Nous publions aujourd'hui ce volume avec les textes inédits qu'il avait sélectionnés, dans un ordre fragmentaire qui restait à définir, mais qui témoignent de sa volonté d'atteindre sa part la plus singulière, "là où je rencontre ce qui appartient à tous, là où j'ai la chance d'accéder au permanent, à l'intemporel", écrivait-il.
Plus je lui écrivais de lettres, plus mon affection pour Ilaria grandissait. Il me fallait en savoir plus sur elle. Mais je n'étais pas certaine qu'elle souhaitât que je dévoile les anecdotes intimes que la lecture de son herbier m'avait apprises. Dans le même temps, certains de ses textes sur les plantes laissaient transparaître un désir de percer les secrets de Venise.